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    Accueil Sur Nabe Presse 2000 Article de Guy Birenbaum et Yvan Gattegno sur Nabe et Renaud Camus - Le Monde - 3 aout 2000

    Article de Guy Birenbaum et Yvan Gattegno sur Nabe et Renaud Camus - Le Monde - 3 aout 2000

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    Article de Guy Birenbaum et Yvan Gattegno sur Nabe et Renaud Camus - Le Monde - 3 aout 2000

    Les obsessions raciales de Renaud Camus

    Mais il est loin d’être le seul à avoir eu longtemps le triste privilège de n’être ni lu ni attaqué pour ses écrits. Ainsi, après avoir été démoli en 1985 pour des propos tendancieux et des provocations minables, Marc-Édouard Nabe a réussi le tour de force de redevenir un auteur accepté par le « Tout-Paris littéraire ». En témoigne la parution d’un de ses articles dans la dernière livraison de la revue de Philippe Sollers, L’Infini. Il n’empêche que dans son journal, Kamikaze (Le Rocher, 2000), Nabe démontre que l’on peut tout écrire en France sans risques.
    Dans un style que Présent ne renierait pas, il traite ainsi le cardinal Lustiger de « Carmel d’Auschwitz ambulant » (p. 3405). Plus odieux, évoquant un « Sept sur sept » où l’invité est « Frydman, l’homme qui va accoucher ma femme de mon enfant » (sic), (p. 3653), Nabe ne manque pas de se déchaîner sur l’une des cibles favorites de la presse d’extrême droite, notamment de National Hebdo : « J’espère qu’il ne va pas foncer tête baissée sur les panneaux que va lui tendre cette salope de Sinclair. La semaine est chargée en plus : Arafat est à Paris (et les propalestiniens sont tabassés par les Jeunesses juives) et cet horrible maffieux de Jacques Médecin essaie maladroitement de ravaler un rot antisémite. Nous sommes en plein retour de l’anti-antisémitisme. La Sinclair se lèche déjà ses épaisses babines… » (p. 3653).
    Ailleurs dans le texte, les époux Aubrac sont villipendés pour « leurs sales gueules » (p. 3309) ; de toute façon, selon Nabe, « ils ont l’air surtout torturés par cinquante ans de vie commune ! Un couple, c’est pire que toutes les prisons de Montluc » (p. 3309). Et de regretter le « commando meurtrier » qu’elle a mené pour faire libérer « son homme » : « J’espère qu’Aubrac valait à lui seul la demi-douzaine de superbes pioupious berlinois qui espéraient seulement que la guerre se termine vite afin qu’ils puissent retrouver leurs splendides Gretchens… » (p. 3309).
    Une petite devinette pour terminer. Qui revendique dans La Guerre de Transylvanie, journal 1991 (POL, 1996) sa « sympathie pour Nabe » ? Renaud Camus. Pourquoi ? « C’est qu’apparemment nous pratiquons le même sport aristocratique […] : survivre » (p. 296). CQFD.

    Guy Birenbaum et Yvan Gattegno