Marc Laudelout parle de Nabe's Dream dans le Bulletin Célinien - septembre 1991
Il y a trois ans, j'avais demandé aux abonnés de bien vouloir répondre à un petit questionnaire. A la question : "Quels sont, hormis Céline, vos écrivains préférés ?", le nom de Marc-Edouard Nabe fut cité à plusieurs reprises. En 1985, Eric Mazet célébra ici avec fracas la parution de son torrentiel Au régal des vermines et pas seulement pour ses pages fulgurantes sur Céline (8). Gageons que vous ne serez pas déçu par le premier tome de son journal intime, Nabe's Dream (9), qui confirme, si besoin était, son exceptionnel talent. Certes, le personnage, égocentrique à souhait, doit être difficilement supportable, ses goûts et ses dégoûts sont (parfois) discutables et sa culture politique peut paraître sommaire. Mais quel souffle ! Quelle drôlerie dans l'invective ! Quelle maestria ! D'ailleurs, que faire d'un Nabe convenable, tel que le voudrait, par exemple, un Nourissier (Figaro-Magazine, 22 juin) qui lui reproche en définitive d'être ce qu'il est ? Pareil Nabe serait-il capable d'écrire de telles pages enfiévrées ? Poser la question... A l'académicien-Goncourt, je préfère, pardonnez-moi, mon compatriote Vandromme, critique qui a du goût et du discernement. Voyez comme en deux phrases il dit l'essentiel : "Un écrivain en marge, hors de la file indienne, complaisant, don-quichottesque, lyrique jusque dans la grossièreté ; de quoi le discréditer dans le monde prudent et même lâche de l'édition parisienne. Mais un écrivain de race, entre Bloy et Céline, le naturel de l'instinct dionysien et la force d'une intelligence nietzschéenne."
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