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    Accueil Sur Nabe Presse 2001 Articles de Cancer n°3 - avril 2001

    Articles de Cancer n°3 - avril 2001

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    Articles de Cancer n°3 - avril 2001

    33 phrases pour Marc-Edouard Nabe par Frédéric Meseray

    33 phrases pour Marc-Edouard Nabe par Frédéric Meseray

    33 phrases pour Marc-Edouard Nabe par Frédéric Meseray

    33 phrases pour Marc-Edouard Nabe


    D'abord, "rideau" sur Guy Debord.

    Il ne croit que ce qu'il veut.

    Alain Zanini regarde Marc-Edouard Nabe. Alain Zanini, regarde Marc-Edouard Nabe !

    Entre le ni oui ni non, il s'éclipse.

    N'est pas Nabe qui peut.

    Il écrit un peu pour ne pas toujours penser à Monk ou à Bernanos.

    Son journal infime intime les infirmes.

    Sur sa tombe : "Je suis vivant".

    "L'âge du Christ" est un dôme de révélations sur les décombres de la théologie.

    Ce qu'on lui reproche, c'est d'en avoir appris plus sur la vie avec Mingus qu'avec Sartre.

    Il a perdu un peu de son arrogance pour plus d'élégance.

    Il n'est pas très catholique parce qu'il est trop religieux.

    Dans le genre bréviaire, il serait parfait.

    Il aime beaucoup pour haïr quand même un peu.

    Attention ! Il adore Mallarmé mais il déteste TEL QUEL.

    Sa fascination pour ce qui tourne : Claudel autour de son pilier, Monk autour de son piano, le derviche autour de sa gravité.

    Dieu finira-t-il par croire en Marc-Edouard Nabe ?

    Il écrit beaucoup de peur d'être obligé d'en écrire encore plus.

    Dans ce qu'il dit, il y a un petit fond de grande vérité.

    Il a changé de nom parce qu'il est entré en religion.

    Il n'a ni raison ni tort, il est dans le ton de son moi.

    Pour aller communier à Jérusalem, il s'était mis sur son trente-trois.

    Il rit beaucoup parce qu'il n'a pas d'humour.

    Ses aphorismes sont longs, ses "euphorismes" fulgurants.

    La planète Nabe est mal lunée.

    Au royaume des sourds, c'est un prophète aveugle.

    Je le connais mieux que mon voisin de palier.

    Il écrit avec orgueil pour être de plus en plus humble.

    Je suis allé flâner dans cette sinistre rue de la Convention. Houellebecq y habite mais l'assassin habite au 101.

    Nabe est le "joyaux" de sollers.

    Le comble du "Bonheur" : écouter "La Marseillaise" sur un "Nuage".

    Voici enfin le "coeur sans gland" de Marc-Edouard Nabe !

    Frédéric MESERAY

     


    NABE PAR TADDEÏ (version complète d'un article paru tronqué dans paris match)

    NABE

    par Frédéric Taddéï

    Nabe par Taddéï

    Treize ans qu'il grillait interminablement, tel un vieux criminel de guerre, sur la chaise électrique de notre morale outragée. Depuis sa désastreuse prestation télévisée chez Bernard Pivot, en 1985, où, pour incarner jusqu'au bout son premier pamphlet, Au régal des vermines, ce kamikaze de vingt-cinq ans s'était cru obligé de se travestir en petit binoclard haineux, asphyxiant et guindé. Quinze livres - pourtant stupéfiants - n'avaient pas suffi à effacer ce mauvais souvenir. Il fallut attendre la parution chez Gallimard de Je suis mort, en 1998, où il se tirait une balle dans la tête, pour que l'on veuille bien couper le courant et relâcher l'énergumène. Signer son suicide, c'était un peu comme demander pardon. Cela lui valut une pluie de bonnes critiques et quelques invitations dans de prestigieuses émissions télévisées. Nabe va donc repartir à zéro, faire une croix sur son passé, devenir enfin un écrivain normal, quelqu'un que l'on peut afficher en devanture des librairies et citer pour les prix littéraires. Du moins, s'il n'est pas rattrapé par son obsession des pièces à conviction. L'animal a passé sa vie à se fliquer lui-même. Moitié Javert, moitié Jean Valjean. Non seulement il a tout archivé, mais il rouvre sans arrêt son propre dossier. Le voilà qui publie Oui et Non, deux tomes de quatre cents pages chacun, qu'il aurait également pu intituler Rien à espérer, Tout à perdre : la totalité de ses articles parus - ou censurés - dans la presse depuis 1982. De " Anarchie obligatoire " à " SDF go home ", en passant par " Apologie de l'excision ". De quoi faire frémir !

    Par bonheur, les adversaires de Nabe ne lisent jamais ses livres ! De peur que son talent ne leur explose à la figure. C'est pourtant le genre de type qu'il faut surveiller attentivement, comme le lait sur le feu. S'ils se jetaient sur Oui et Non, ils verraient quelle brute il est à l'état pur, quel assassin ! On le suit à la trace aux cadavres qui jonchent son chemin : Freud, Mitterrand, le Dalaï Lama, l'Abbé Pierre, Coluche, Salman Rushdie, Serge Gainsbourg, Le Pen, la droite, la gauche, les féministes, le préservatif, le Salon du livre, la Gay Pride, le Viagra. Au fil des articles, selon qu'ils ont été rédigés pour L'Idiot International ou Paris-Match, Première ou L'Infini, il varie ses supplices, agace tantôt les nerfs, tantôt le cerveau.

    Nabe n'est pas un intellectuel, c'est même le contraire, c'est un artiste : "Tout le monde sait pertinemment que le but de tout artiste est la Haine, la Crucifixion, le Cachot, l'Asile à tout casser ou faute de mieux pour les plus trouillards : l'Indignité Nationale. " Nombre d'écrivains se croient extrémistes par conviction, alors qu'ils le sont par coquetterie ou par paresse, Marc-Edouard Nabe, lui, c'est le serial killer en folie qui tue la norme d'un milieu littéraire trop tranquille : " J'adore le terrorisme ! Toutes ces dynamites, ça met de l'ambiance ! Le massacre des innocents modernes ! " En bon terroriste, Nabe ne travaille pas dans le raisonnement ni dans la nuance, il tire à l'instinct : " Je ne peux pas encadrer Philippe Noiret, les jupes-culottes, les dessins de Plantu et les demi-mesures. " Il éructe : " L'argent est grotesque ! Il est temps de s'en passer. Mort au crédit ! " Il a des hallucinations : " La voilà, la vraie extrême-droite : le centre ! Un centriste, aujourd'hui, est plus d'extrême-droite qu'un fasciste. " Et il ne plaisante pas ! Il ne plaisante jamais : " L'humour, je ne trouve pas ça drôle. C'est marrant, tout me fait rire, sauf l'humour. Je trouve ça sinistre. " Au nom de ses deux préceptes fondamentaux, " Je hais le journalisme " et " Seul l'Art existe ", qu'il aurait dû se tatouer sur les poings comme Robert Mitchum s'était tatoué " Haine " et " Amour " dans La nuit du chasseur, Nabe massacre la politique, le rock et la télé, encense Ava Gardner, Malcom X, Dostoïevski, trie les génies et les imposteurs : " Les rappeurs se croient des poètes. Tout ça parce qu'ils jouent avec les mots. " " Charlie Parker n'avait pas de style. Il avait mille milliards de styles qu'il combinait entre eux, inversant et retournant tout. " " Que peut vous apprendre Freud quand vous avez lu Les Cent Vingt Journées de Sodome ? ", " Brancusi est le seul qui donne vraiment à n'importe qui, en une seule oeuvre, n'importe laquelle, la sensation, la vérité de la Sculpture. " " Gainsbourg souffre d'avoir été un presqu'artiste. Il boit pour oublier qu'il n'est pas Mantegna ou même Picabia. ", " Henri-Georges Clouzot est un vrai méchant, c'est à dire quelqu'un qui va au fond des choses sans craindre de se salir. ", " Che Guevara était un mystique de l'échec. Et sa grandeur est là. Le Che, c'était le triomphe de l'échec à l'oeuvre. Le ratage en action qui avance et sait pourquoi. "

    Oui et Non est un feu d'artifice de passion, de drôlerie et de fureur. La profession de foi du rebelle invétéré ! La mise en scène lyrique d'une actualité qui ne peut-être que pacotilles et balivernes aux yeux d'un écrivain plongé vingt-quatre heures sur vingt-quatre dans Lester Young, Don Quichotte, Picasso ou l'Apocalypse de Saint Jean. Il faut donc tout prendre au tragique dans ses cent cinquante articles, et rien au sérieux. Nabe n'y manie d'ailleurs qu'un seul langage, celui de l'excès, mais il le manie mieux que personne. Et, comme il le dit lui-même : "Si mes excès me desservent, tant mieux. "

    Anarchiste, Nabe ? Sans aucun doute. A la manière des Marx Brothers : D'une façon si anarchique qu'aucune politique ne peut y retrouver ses petits. "

    Oui et Non, Marc-Edouard Nabe
    (2 tomes parus aux éditions du Rocher) / 1998.

    ***

    La rédaction de Cancer ! tient à remercier Frédéric Taddéï de bien avoir voulu accepter la publication de cette chronique dans nos colonnes, précédemment publiée sous une forme tronquée dans Paris-Match.

    * Frédéric Taddéï né en 1961, n'a jamais travaillé avant l'âge de trente ans, est un journaliste qui arpente les nuits parisiennes depuis 1998 dans l'émission "Paris dernière" et qui a débuté sa carrière en fondant en 1990 le magazine "Maintenant".

    Un an plus tard, il est recruté par Jean-François Bizot pour collaborer à "Actuel". Parallèlement à cette aventure et ce pendant 5 ans, il fait une chronique littéraire quotidienne sur Radio Nova et devient en 1993 le rédacteur en chef de "Sans Nom".

    Entre 1994 et 1997, il découvre le monde de l'audiovisuel en participant quotidiennement auprès de Jérôme Bonaldi à la première partie de l'émission "Nulle Part Ailleurs" sur Canal Plus.
    La saison suivante (97/98), changement d'horaire puisque l'équipe de Bonaldi présente désormais tous les midis "Tout va bien" toujours sur Canal Plus.

    Source : http://taddei.fr.fm


    Laurent James cite Nabe dans son article L'Idiot du village

    Laurent James cite Nabe dans son article L'idiot du village

    Laurent James cite Nabe dans son article L'idiot du village

    Laurent James cite Nabe dans son article L'idiot du village

    Laurent James cite Nabe dans son article L'idiot du village

    Laurent James cite Nabe dans son article L'idiot du village

    Je n'ai volontairement pas évoqué ci-dessus le nom de Nabe, ce dernier n'appartenant à aucun des deux camps précités (Dantec et les écrivains) : Marc-Edouard Nabe est un passeur (comme tout chrétien christique), ce sera lui qui nous fera tous transmuter définitivement (via Guigoz) d'une époque à l'autre, c'est-à-dire de la Post-Apocalypse au Jugement Dernier.