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    Accueil Sur Nabe Presse 2003 Critique de Printemps de Feu par Saskia Galitch dans Matin Dimanche - 09 novembre 2003

    Critique de Printemps de Feu par Saskia Galitch dans Matin Dimanche - 09 novembre 2003

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    Critique de Printemps de Feu par Saskia Galitch dans Matin Dimanche - 09 novembre 2003

    Critique de Printemps de Feu par Saskia Galitch dans Matin Dimanche - 09 novembre 2003

    Critique de Printemps de Feu par Saskia Galitch dans Matin Dimanche - 09 novembre 2003

    Explosions jubilatoires

    "PRINTEMPS DE FEU". La guerre d'Irak vue - et vécue - par un Marc-Edouard Nabe très en verve.

    Evidemment, il n'est pas très politiquement correct d'exploser de rire en lisant un livre sur la campagne américaine en Irak, et encore quand ledit ouvrage est signé Marc-Edouard Nabe (voir encadré). Mais tant pis ! "Printemps de feu", conte-rendu qu'il a écrit sur le vif après être allé à Bagdad au début de la guerre, est drôle, farfelu et, oui, parfaitement jouissif. Malgré les "boums" qui jonchent les pages et rappellent ainsi que les bombes tombent et tuent au hasard, malgré le poids du monde, malgré la tristesse et l'horreur absolue de cette situation cauchemardesque et cataclysmique.
    Tout commence en mars 2003, quand Nabe décide que, au lieu de "rester en Europe, au milieu des millions d'abrutis qui continuent à manifester leur désapprobation de la guerre", mieux vaut aller "pleurer de rage" là-bas, au coeur des évènements, les vrais, pas ceux mis en scène pour être retransmis dans les "directs" de 20 heures et débattus par "des experts incompétents"...
    Parti de Damas en compagnie de la sublime danseuse du ventre Schéhérazade, qui, désormais, hantera ses (mille et une) nuits, Nabe arrive enfin dans le Bagdad de tous ses rêves où, in cha' Allah !, l'attend son destin...
    En un zigzag permanent entre réalité historique et délire fictionnel - mais en ligne directe et constante avec le Ciel ("Où Dieu soufflera, je serai toujours...") -, Nabe raconte avec humour et poésie ses péripéties, se moque avec verve des innombrables journalistes-envoyés-spéciaux-en-veste-multipoche et boucliers humains, parsème son texte d'attaque en règle contre l'"Occident décadent" à la solde d'une
    Amérique, à laquelle il règle son compte à coups de mots meurtriers et se livre même à une humanisation de Saddam lui-même. Lequel, tellement cohérent dans sa totale atrocité, en deviendrait presque touchant...
    Bref, un livre pas très orthodoxe quant aux idées qu'il défend, mais simplement épatant. A l'image de Nabe, en somme.

    Saskia Galitch.

    A lire. "Printemps de feu", Marc-Edouard Nabe, Editions du Rocher, 2003.

    Contestable ? Oui mais…

    A force de déverser par centaines de pages ses positions politico-sociales pour le moins tranchées (souvent hilarantes, certes, mais également contestables, voire imbuvables) et de porter à ses contemporains des coups de plume acérés parfois bien en dessous de la ceinture, Marc-Edouard Nabe ne s'est pas fait que des amis : "nazillon antisémite", "fasciste", "provo-raseur", "mégalomane opportuniste"... les qualificatifs visant à le dénigrer n'ont pas manqué ces dernières années. Pourtant, quelle que soit l'opinion que l'on a du monsieur, c'est oublier un peu vite que l'écrivain, lui, a un réel talent. Et qu'il se commette dans le pire narcissisme ("Alain Zannini", "Journal intime" tomes 1, 2, 3, 4) s'anime d'une abominable méchanceté dans le pamphlet ("Au régal des vermines"), s'échauffe dans l'essai socio-culturel vitriolé ("Rideau"), s'attendrisse poétiquement dans le roman ("Lucette") ou s'envole lyriquement sur les traces d'oiseaux enchanteurs ("L'âme de Billie Holiday"), Nabe glisse et rebondit sur les mots avec un superbe élan, balance ses phrases avec un rythme que ne renieraient pas ses héros jazzmen, écrit avec une faconde et une inspiration incontestables : littérairement parlant, un vrai... "Bonheur".