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    Mahmoud Ould Mohamedou - Contre-croisade - juillet 2004


    Extrait de Contre-croisade

    Contre-croisade

    (...) Hypocrisie toujours des grands médias occidentaux qui, à l'exception peut-être de la chaîne d'information Fox News (caractérisée par son patriotisme d'extrême-droite, sa légèreté de ton et le traitement quasi-ludique des informations), s'obstinent à nier leur point de vue essentiellement anti-arabe, et dont les colonnes et ondes ne s'ouvrent qu'aux (proto-)Arabes et musulmans dont le discours, qui se décline sur le mode de la séduction et de la justification au lieu de celui de l'argumentation décomplexée, est souvent étonnamment plus réactionnaire que celui de leurs hôtes. En effet, de nombreux intellectuels arabes résidants en Occident ou d'"occidentaux d'origine arabe" se prêtent pas trop aisément au jeu de la critique facile de leurs sociétés - en France, par exemple, Tahar Ben Jelloun, Rachid Kaci, Malek Boutih, Souheïb Beracheikh, Fadela Amara, Mohamed Sifaoui et Loubna Meziane. De fait, dans l'immédiat après-11 septembre, plus de vérités ont été dites sur le rapport de l'Occident au monde arabe et à l'islam par les écrivains français Marc-Edouard Nabe et Alain Soral que par le marocain Tahar Ben Jelloun ou le religieux algérien Soheïb Bencheikh ("Mufti" de la mosquée de Marseille), pour ne citer que ceux-là, dont l'opportunisme a contribué à éloigner nombre d'occidentaux - que ne sont pas tous dupes ou complices - des vérités de ce conflit. Etrange Tahar Ben Jelloun, par exemple, qui fait fi de ne pas comprendre les raisons qui ont motivé Mohammed Atta et ses complices ("Pourquoi et comment en est-on arrivé là ?... D'où vient cette mystique de la mort ?" écrit-il) et qui, de manière iconoclaste, attribue celles-ci, au fait que "la société arabe et musulmane ne reconnaît pas l'individu". L'expérience essentiellement parisienne de Ben Jelloun lui fait voir le monde à travers les valeurs locales que l'immigré de première classe qu'il est aura, au bout du compte, intériorisé au point de blâmer systématiquement sa société d'origine afin de payer le prix d'une illusoire acceptation. (...)