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    Le site des lecteurs de Marc-Édouard Nabe

    Emission réjouissante, mais triste scoop !

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    jean_paul_bertrand

    Taddéï est arrivé à ses fins : permettre le retour de MEN sur une grande chaîne de radio. Le 5 janvier, pour son anniversaire, Frédéric-le-grand s’est offert, et nous a offert, une heure avec Nabe. De 15h30 à 16h 30, sur Europe 1, dans « Regarde les hommes changer », les deux complices se sont vouvoyés assez naturellement, et s’est alors brossé sur les ondes un portrait rapide mais fidèle de notre écrivain. Son « épopée » (dixit Taddéï) fut découpée en épisodes marquants, de son premier « Apostrophes » à Bagdad, en passant par le Journal intime et ses implications « éthiques », Patmos, et aussi sa « guerre du 11 septembre »... Il faudrait tout citer pour rendre compte de cette conversation où Nabe est apparu plus serein que désabusé comme aurait pu le laisser croire la lecture de sa fameuse préface à la réédition du Régal au Dilettante (on dit déjà partout « La Préface »)... Au cours de l’émission, Nabe a usé de pas mal de néologismes assez ardus et de métaphores nouvelles, comme cet étonnant démarrage sur le savon ( ?)... A retenir également, un trait ressemblant à un aphorisme : « Je ne fais pas l’apologie du terrorime, mais celle de la résistance, tant pis si les collaborateurs appellent ça du terrorisme. »

    C’est dans le dernier quart d’heure que Taddéï qui, apparamment le découvrait avec les auditeurs, a appris de la bouche-même de l’écrivain que Le Rocher et son directeur Jean-Paul Bertrand s’étaient fait rachetés par un pharmacien toulousain qui vient de revendre à son tour une part importante de la maison d’édition à Gallimard. A ce moment-là, il y avait deux solutions : ou bien Gallimard, ravi de récupérer Nabe et ses 15 titres publiés en toute liberté par Bertrand, lui ouvrait enfin sa porte en grand, ou bien la plus riche institution éditoriale française en profitait pour se débarasser de lui... C’est la seconde solution qui fut choisie, et Nabe se retrouve donc sans éditeur et sans moyens d’écrire, sa mensualité légendaire lui ayant été supprimée du jour au lendemain (ainsi que sa ligne de téléphone payée par Bertrand!)... Cette révélation, présentée par Nabe à Taddéï comme un « scoop », a un peu assombri la fin de cette émission dense et enflammée. D’un autre côté, elle fait réfléchir... Oui, il est temps que les « nabiens » se réveillent et sortent de leur admiration passive pour combattre avec lui concrètement les forces du mal contemporain qui désormais, c’est clair, cherchent à tout prix à le faire taire.