La « reparution » du Régal a été le « coup de cœur » final de Patrick Poivre d’Arvor dans son émission Vol de Nuit du 17 janvier sur TF1. Sympathique moment télévisé : PPDA a montré le livre (très télégénique, bravo le Dilettante !), mais avant qu’il en ait pu dire le titre et l’éditeur, Besson l’a débordé avec son enthousiasme et, alors qu’il venait de terminer la sienne sur un livre d’Henri Raczimov (sur Proust), il s’est lancé dans une seconde chronique improvisée. Les yeux allumés par son sujet, Besson a raconté la « longue préface magnifique » de « Marc-Edouard » révèlant qu’il était « le voisin et l’ami » de Houellebecq dans cette cour où Dieu ivre s’est « gouré » d’immeuble, etc. PPDA a quand même réussi à souligner que ce qui était beau dans ce texte, c’était l’absence d’aigreur et sa lucidité. Mais il a fallu surtout l’intervention de François Busnel pour stopper son confrère exalté. Le directeur de Lire a dit : « Cela dit, Marc-Edouard Nabe, contrairement à ce qu’on peut dire, parce qu’il agace énormément de gens, est un prodigieux écrivain, c’est un très grand styliste, c’est quelqu’un qui a une plume formidable, une audace. Il a fait dix ans avant Houellebecq ce que Houellebecq a écrit, sur le monde en entreprise, sur la manière de raconter... ». Mais là, encore, Besson l’a coupé pour dire : « Ce qu’il faut, c’est pas avoir raison trop tôt, c’est avoir raison au moment où tout le monde est capable de le comprendre. » A ce compte-là, il n’y aurait pas eu beaucoup d’avant-garde dans l’histoire, et Picasso aurait dû attendre 1980 pour peindre Les demoiselles d’Avignon, afin de bien « coller » à la compréhension du public ! Heureusement, l’ami Besson a fini en disant que MEN était « quelqu’un d’assez solaire, positif au fond, poétique. » On est impatient de les voir tous les deux vendredi chez Durand !
| < Précédent | Suivant > |
|---|



