Dans l’émission de Guillaume Durand du 5 mai, consacrée à l’esclavage, on ne pouvait pas ne pas remarquer, parmi les livres toujours disséminés dans le décor, un pavé blanc dont le titre et l’auteur étaient parfaitement identifiables : Alain Zannini en personne ! En effet, le roman de MEN pour lequel Durand l’avait reçu en 2002, semblait avoir été volontairement disposé en évidence sur le plateau, souvent au premier plan du travelling de Jérôme Revon. Si ça n’avait pas été aussi facile, on aurait pu paraphraser les devinettes d’Epinal chères à Nabe : « un grand roman est caché dans cette émission pas très littéraire, sauras-tu le trouver ? » Une qui ne l’a certainement pas vu, c’est la chroniqueuse Angot, toute de blanc de vétue, non pas pour rendre hommage à la couverture de Alain Zannini, mais pour bien montrer dans quel camp elle se situait dans le débat qui la précédait sur les Noirs !... L’enfonceuse de portes ouvertes, telle une chevalière immaculée, a fait sa chronique pour dire « ce qu’il fallait penser » de Peter Handke déprogrammé par Marcel Bozonnet, le directeur de la Comédie Française, parce qu’il est allé aux obsèques de Milosevic. Comme si l’auteur autrichien avait besoin d’elle ! Il y a quinze ans, les « rouges-bruns » en prenaient plein la tête par Le Monde, aujourd’hui c’est ce même Monde qui défend le pro-Serbes ! On imagine que si Patrick Besson s’était rendu à l’enterrement du « dictateur » Milosevic, il aurait eu droit à deux lignes insultantes en tout et pour tout. Contre toute logique (les nouveaux bien-pensants du politiquement incorrect n’en sont pas à une contradiction près), Handke bénéficie d’une défense publicitaire extraordinaire de la part d’un système qui abandonne tout argument pour s’engouffrer dans la brèche de « la défense de la liberté d’expression ». Finalement, en ayant cru naïvement que les consensuels de jadis seraient avec lui dans sa censure d’aujourd’hui, c’est Bozonnet qui est cohérent, et les autres méprisables de prendre soudain le parti de celui qu’ils vouaient aux gémonies. Il fallait donc voir Angot à Campus s’ériger en apologiste du « grand écrivain », uniquement parce qu’il est étranger et institutionnel, lui accordant tous les droits, dont celui de « sortir de la bonne opinion et de ne pas appartenir à une famille ». Selon elle, Handke est un « témoin innocent qui va partout voir », exactement ce que tous les hypocrites du petit milieu parisien reprochent à Nabe d’être depuis vingt ans... Handke reste un « grand artiste » quand il va en Serbie, mais Nabe n’est qu’un « antisémite » quand il va en Irak... Ce « deux poids deux mesures » perpétuel dont l’Angot est une des représentantes les plus médiatisées dans les Lettres françaises est insupportable. Heureusement, pendant son petit discours de « chroniqueuse hystérique », Alain Zannini incognito était là, il veillait et n’en pensait pas moins...
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