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Nabe le BéniMarc-Edouard Nabe est irritant.
Il réussit le tour de force d'être à la fois un symptôme de la fin (de l'Histoire, de la Littérature, du Spectacle, de la Modernité) et la preuve (par 28) qu'il est encore possible de faire de l'art avec tout ce qui a été saccagé.
Nabe agace par certaines de ses postures, mais enchante par tant de phrases, qu'il est impossible de s'en défaire d'un haussement d'épaules, comme d'un quelconque Bisiou ou d'une Darrieussecq parmi d'autres.
Mystique incontrôlable, fasciné définitif, poète bouleversant, son équivalent cinématographique serait quelqu'un de la trempe de Jean-Claude Brisseau.
Le lien du vendredi c'est son tout nouveau site, où l'on peut lire parmi les textes en ligne, cet extrait qui dit tout :
"Salons, médias, journaux: écrivains partout, littérature nulle part. Paul Léautaud disait déjà que "quiconque reçoit un prix littéraire est déshonoré." Ce n'est pas assez. Aujourd'hui il est temps de dire fort que quiconque se prétendant "écrivain" accepte de publier un livre dans le système éditorial actuel est encore plus déshonoré. Et même que quiconque achète un seul de ces livres est déshonoré lui aussi ! La littérature sert à ça."
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