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Le Vingt-Septième Livre de Marc-Edouard Nabe
By ctoileblog
Il commence ainsi :
“je suis un loser , ce qu’on appelle un écrivain à insuccès, un worst-seller…J’ai complètement raté mon destin d’écrivain.”
Je n’avais pas vu cette préface dans la réédition d’ « Au Régal des vermines », ‘suis pas collectionneur au point de doubler mes originaux.
Manque de peau, je loupe le bonus. Et quel supplément ! Une préface pour annoncer une dernière !
Il s’est bien rendu compte que sa sortie était passée à la trappe alors il en a fait un livre : Le 27ème livre, 2+7=9, en numérologie c’est le chiffre de la dévotion, du sacrifice pour rien en somme…Il raconte tout ça : c’est son voisin d’immeuble, la Star Michel Houellebecq qui lui a volé son destin ! Quel retournement ! Michel Houellebecq n’était rien au départ, juste Michel le voisin d’en face, puis il est devenu Houellebecq qui déménage pour plus grand.
Désormais Nabe jette un oeil depuis sa fenêtre sur ce couple qui a remplacé l’écrivain best-seller et il se souvient. Des souvenirs à quoi bon ? Pour lui rappeler chaque jour qu’il en est resté au même point ? Il évite cette fenêtre, elle lui rappelle qu’il fait du sur-place depuis 20 ans. Je ne dois pas être loin de la vérité en parlant d’évitement.
Ce petit livre est l’une des rares failles sentimentalistes de l’œuvre de Marc Edouard Nabe. Jamais une faiblesse dans son fameux journal intime et là il se saborde.
Lorsqu’il évoque la nouvelle cuisine Ikea de sa femme, Nabe l’écrivain n’est plus qu’un boxer grogui, elle a même été obligé de chercher du travail…
J’ai de la peine. ce livre a des accents houellebecquien.Il va finir par plaire au plus grand nombre.
Nabe se croit Arabe, mais il est habité d’un mal très français des années 80 (période ante-zidane), il ne pense qu’au beau jeu et il oublie qu’il y a un match à gagner et une famille à nourrir. Il s’agit de ne pas se tromper de tactique :La transcendance ou le nihilisme ? Le trio nabien : Tigana, Platini, Giresse fait rêver les foules avec son football salsa, ils mènent même 3-1 dans les prolongations et ça fanfaronnent drôlement, le jazz à tous les étages ! Et vlan ! Ils se font remonter contre toute attente par la grosse caisse allemande : la RFA de Houellebecq. Michel et ses frères teutons boiront une bière pour fêter leur victoire surprise, en toute simplicité.Ils iront en finale.
Lorsqu’on finit par se retrouver dans une métaphore footballistique : on a touché le fond.
Passé aux oubliettes le 27ème livre. Juste bon à être chroniqué sur un blog.
Je participe à la chute.
Le plus grand écrivain français vivant tire sa révérence dans l’anonymat le plus total. Il n’a plus qu’à se couper une oreille comme Van Gogh. Laissons le à ses Orients.
Je note que lorsqu’on fait référence au « plus grand écrivain français vivant », les gens pensent à une blague. « Nabe ? Non ce n’est pas sérieux. Qui est ce Nabot ? »
En lisant le 27ème livre, je pensais à gagner au loto pour devenir le Mécène de Nabe.
Mécène pour écrivain c’est un métier qui n’existe pas me dit-on.
De toute façon il n’y a plus d’artistes pour écrire, Nabe était le dernier peintre en mots.
Le plus dur reste à faire : tirer les cinq bons numéros à la française des jeux. C’est la dernière chance de Nabe, elle est proche de zéro.
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