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    Le site des lecteurs de Marc-Édouard Nabe

    Heureusement, Proust était là.

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    Lee KonitzJean-Michel Proust

    Tel un arpenteur, je marchais tous azimuts, jusqu'à me trouer les semelles où le vent pénétrait ! Sur une affiche, je vis que Lee Konitz était annoncé pour un concert en duo autour des standards de Gerschwin!... J'aurais trouvé le hasard trop cool s'il n'avait pas forcé la note en faisant jouer l'un de mes musiciens préférés dans l'église Saint-Jean-l'Evangéliste ! Le lendemain j'y étais, et avec le couteau d'Eddy dans ma poche... Je me pinçais pour y croire (et Lee aussi lorsqu'il me reconnut dans la salle !) : j'étais à Venise, et j'écoutais, dans une acoustique divine, l'alto coupant et stylé de Lee Konitz devant une statue de marbre représentant le Disciple préféré (pas celui de Lennie Tristano, vous m'avez compris) en train d'écrire l'Apocalypse, son aigle sur l'épaule !
    Alain Zannini, p. 633

     

    Le dimanche 30 novembre, Lee Konitz, 82 ans, l'une des dernieres figures mythiques du Jazz blanc, donnait une série de deux concerts exceptionnels au Duc des Lombards. Mais plutôt que de faire le compte-rendu de ce concert lui-même nous parlerons d'un autre compte-rendu auquel le public présent a eu droit. Après le concert, Jean-Michel Proust, le patron du Duc des Lombards, est en effet monté sur scène pour raconter la scène à laquelle il venait d'assister: "C'est un moment très rare auquel j'ai eu le bonheur d'assister dans la loge. Lee Konitz, François Théberge, Marcel Zanini et Marc-Édouard Nabe chantant tous les quatre à l'unisson une série de solos de Lester Young ... Il y avait une véritable joie de vivre..."

    Il y avait là en effet deux fois deux génération de jazzmen qui se trouvaient ensemble. François Théberge, saxophoniste canadien étant un peu le fils spirituel de Lee Konitz . Le courant est d'ailleurs tout de suite passé entre lui et Marc-Édouard Nabe. Le quatuor s'est retrouvé de façon impromptue à enchainer les standards lesteriens a capella: Tickle Toe, Lady Be Good, Pound Cake, Lester leaps In ... Un véritable moment précieux de Journal Intime que Jean-Michel Proust en amoureux du jazz a eu la générosité de porter à la connaissance du public.