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    Accueil Sur Nabe Blogs, Internet,etc. Blog de David Abiker - Publication d'un com' de Leo Scheer - 22 mars 2010

    Blog de David Abiker - Publication d'un com' de Leo Scheer - 22 mars 2010

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    Leo Scheer continue son remarquable travail de pédagogie auprès des salonnards du livre, lesquels semblent tellement au bout du rouleau qu'ils finiront par ne plus s'en remettre qu'à ceux qui les boycottent. David Abiker a conscience de trouver dans un simple commentaire de blog de Leo Scheer, qui sait qu'il n'a rien à faire à la "foire commerciale" du Livre, plus de pertinence, de réflexion professionnelle et de lucidité que chez les maquignons paumés qui se bousculeront à son émission. Leo, évidemment, n'omet pas d'exposer le cas de Nabe comme référence très actuelle dans les questionnements sur l'avenir du livre. Il est assez cocasse de voir David Abiker reprendre au sujet du Salon du Livre ce "beau billet" qui mentionne le boycott officiel d'un auteur par le milieu et expose les pistes pour se passer de celui-ci.

    Parlons net au salon du livre vendredi à 17 h : L.Scheer décline l’invitation mais me poste un beau billet en com’ sur l’édition et le numérique

    Le 22/03/2010
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    Décidément, aujourd’hui on m’écrit beaucoup. Léo Scheer que je n’ai jamais rencontré mais avec lequel j’ai eu un échange téléphonique, lui, a signé son com’. Il est si complet et porte sur le numérique et la littérature alors je le porte ici à votre connaissance. Léo Scheer, l’éditeur que je voulais inviter faire Parlons Net au salon du livre ne sera pas des nôtres. Il ne va jamais au salon du livre qu’il estime être une foire commerciale et, de plus sera, au Japon cette semaine.

    Cher David Abiker,
    désolé de ne pouvoir être avec vous au Salon du Livre de Paris, comme je vous l’ai dit, j’ai, durant cette semaine, une obligation qui me retient au Japon. Vous avez très bien résumé les quatre questions relatives à l’évolution de la littérature et du numérique (et de l’édition) :

    Le premier, le plus immédiate, c’est la distribution. Les librairies virtuelles : Amazon, Fnac.com, Alapage etc, ont déjà conquis des parts de marché importantes au cours des dix dernières années et sont le seul secteur connaissant une croissance annuelle à deux chiffres. On constate, cependant, que cette croissance ne se fait pas au détriment de la distribution classique par les différente formes de librairies réelles qui ont su s’adapter, utiliser, elles aussi le Net et maintenir une croissance positive. Quelques expériences de rupture plus radicales apparaissent ici et là. Ainsi, Marc Edouard Nabe, boycotté par le système traditionnel a réussi grace à son site Internet à vendre directement 3.000 exemplaires de son nouveau livre au prix de 28 € en court-circuitant l’ensemble de la chaîne de fabrication et de distribution. Si l’internet permet ce genre de ruptures comme on l’a déjà vu dans le domaine de la musique et de la video, cela reste, pour le moment, assez marginal.

    Le second concerne le marketing et la diffusion. On constate une lente et régulière érosion de l’efficacité des prescripteurs des media. ceci coincide avec une crise plus général du secteur très lié au marché publicitaire et donc particulièrement affecté par la crise financière et économique. Cette dernière affecte également le système de prescription lourd de la diffusion : (Commerciaux, Publicitaire, Représentant et Libraires) pour lesquels le crédit bancaire joue un rôle décisif dans une trésorerie à flux tendu. L’internet est le terrain privilégié d’un grand nombre d’innovations dans le domaine du marketing qui représentent des coûts plus faibles (Buzz-marketing) mais avec des résultat beaucoup plus aléatoires. Ils se sont progressivement imposés comme incontournables pour le lancement d’un film ou d’un album, (comme dans n’importe quel domaine politique ou commercial) mais ils restent, pour le moment des outils d’appoint.

    Le troisième porte sur le support de lecture : l’ordinateur, le e-book, le téléphone. La question traditionnelle est de savoir si ça va tuer le livre papier ou la presse. La réponse, non moins traditionnelle est, bien sûr que non. Il existe, depuis toujours toutes sortes de supports de consommation des sons et des images, on ne voit pas pourquoi le texte, le plus ancien, serait, lui, condamné à n’exister que sur un seul support. On a toujours constaté, dans l’histoire, que la multiplication des « fenêtres d’exploitation » d’un produit culturel ne pouvait qu’augmenter ses capacités de diffusion, de commercialisation et donc ses capacités financières de production. La chaine d’explitation d’un film en est la démonstration la plus claire : exploitation en salle, DVD, VOD, TV payante,TV satellites et cable, TV herziennes nationales et locales, numérique terrestre, autant de « fenêtres » permettant de prévendre un film et donc de le produire.

    Le quatrième la création. L’évolution de l’écriture au regard du développement du numérique est un phénomène complexe qui croise de nombreus paramètres. Il y a d’abord l’aspect quantitatif. Apreès une relative diminution de l’usage de l’écriture durant la grande période téléphone classique/télévision (les enfants de la télé), on assiste, avec le développement des réseau sociaux (facebook), des blogs, des sms de portables, du micro blogging (Twitter) à une véritable explosion de l’usage de l’écriture dans la vie quotidienne. Cette banalisation et la structure sémantique de l’Internet aboutit à un développement spectaculaire de l’écriture comme activité de création. On évalue à 3 Millions, le nombre de personnes qui écrivent en France aujourd’hui, (des journaux, des blogs, des manuscrits). Le premier effet de cette explosion est l’augmentation spectaculaire de l’auto édition. 2009 a été la première année aux USA ou le nombre de titres auto-édités a dépassé le nombre de titres édités. Cette augmentation du nombre de personne qui écrivent coïncide avec une diminution du nombre de personne qui lisent, plus exactement qui sont disposés à payer pour lire, d’autant plus que l’offre de lecture gratuite devient gigantesque, en particulier avec le plan de numérisation de Google. Cette évolution conduit les éditeurs à réfléchir à l’adaptation de leur métier.

    Pour ma part, je mène, avec M@nuscrits, une expérience dont l’objectif est de transformer chaque élément de la chaîne du livre par sa version numérique pour aboutir à une sorte d’hyper-éditeur, utilisant tous les outils que lui propose le numérique à chaque étape de la vie d’un livre.

    Voilà.

    Amitiés, cher David.

    Léo Scheer