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Nabe et le buzz ( ou suite du « Cycle Nabe-Sollers »
Le nouveau livre de Nabe « L’homme qui arrêta d’écrire » mérite-t-il un nouveau chapitre du cycle Nabe-Sollers ? En tout cas, du cycle Nabe, oui certainement. Cela viendra. Même si le temps du buzz nabien autour de son retour ne coïncide pas nécessairement avec le mien. Je lis lentement - et autres sujets en cours. Buzz bien orchestré, ce nouveau message en est un nouvel indice. Rien à redire à l’orchestration - surtout autour d’un écrivain-musicien. Et nous relayons ce buzz tant qu’il ne manipule pas des idées auxquelles nous n’adhérons pas : antisémitisme, attaques au faciès etc...
Que Nabe en couverture de magazine brûle un livre, cela me fait tousser. Et ne suis pas le seul autour de pileface. Pas que le livre soit « Discours parfait » de Sollers. Sollers n’est pas une vache sacrée intouchable, mais ce genre de brulot - même sous couvert d’humour, de canular, d’autocaricature ou provoc - a des relents qui rappellent de mauvais souvenirs.
Au fait, c’était quand, la dernière fois que l’on a brûlé des livres ?
Dommage que les media qui ont tellement sursaturé nos sens en soient conduits à toujours pousser le curseur pour faire lever un sourcil, jusque dans le glauque trash ou subliminé douteux. Dommage que Nabe se soit prêté au jeu ! J’aurais préféré un Nabe nouveau look, en caban Corto Maltese frambroise écrasée, dockers et chemise vieil or en compagnie de son guide Jean-Phil /Virgile voyageant dans le Paris underground comme Dante en Enfer. Dommage, car le contenu du dossier Nabe auquel renvoie la photo, lui, est de bonne facture bien que le fil dantesque n’ait pas été tiré ; le projet de Nabe est pourtant cousu de fil blanc dès les premières pages (mais je n’ai pas encore tout lu... attendons la fin !).

Et puisque Sollers n’est pas une vache sacrée, pas plus que la parole de Nabe soit sacrée ou parole d’évangile (bien que celui-ci ait célébré sa première communion à 33 ans, à Jérusalem devant le Saint Sépulcre), voici ce qu’il en dit dans cet entretien (c’est d’ailleurs le seul paragraphe où Sollers est évoqué) :
[...] il y a toujours eu une sorte de réseau nabien, des personnes qui vous soutiennent.
Parmi les gens connus vous voulez dire ? Il y en a très peu. Je suis soutenu par des gens que j’estime Des gens qui ont fait un travail par ailleurs. Ce sont des gens de qualité. Il y en a d’autres que j’estimais beaucoup mais qui m’ont déçu, à l’instar de Sollers. Je ne renie rien, je lui dois beaucoup, mais il est devenu tellement menteur et infréquentable qu’il est devenu impossible de l’estimer et de le fréquenter. D’autres évoluent, prennent conscience des choses, mais pas lui. Frédéric Taddéï, par exemple, a pris conscience des choses en passant de Paris dernière à Ce soir où jamais. Ou il continuait dans la voie de la collaboration, par cynisme, ou bien il se servait de son talent pour faire passer de la vérité, de la justice, quelque chose qui vaut la peine d’être mis à jour pour le public.
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(Propos recueillis par Cyril de Graeve Roman Sangars
Chronic’Art, avril 2010 )
Pas de quoi alimenter un nouveau chapitre du cycle Nabe-Sollers avec cet extrait. C’est déjà ce que disait Nabe avant d’arrêter d’écrire !
Par contre son nouveau livre me semble, lui, marquer un nouveau cycle pour Nabe, avec sa place dans la bibliothèque, au moins pour la partie que j’ai lue : La Divina Commedia et la Vita Nova de notre époque visitée par Nabe. « C’est nabesque » dira t-on peut-être un jour.. ? Je le lui souhaite. A suivre.
[suivent des extraits des p154 à 160 de L'Homme qui arrêta d'écrire]
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