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15 avril 2010
Soirée Nabe : 3000 exemplaires !

"Non, ça doit pas être là, c'est pas possible" ai-je dit en voyant l'attroupement sur le trottoir d'en face. Moi qui m'attendais à combler le vide d'une soirée "confidentielle", je me sentais pour le moins perdu, surpris, voir un tout petit peu con face à la foule qui essayait de rentrer dans l'espace châtelet victoria où Marc-Edouard Nabe avait convié tous ses lecteurs pour fêter les 3000 exemplaires de "L'homme qui arrêta d'écrire".
Oui, vous m'avez bien lu : l'écrivain a convié ses lecteurs et ils sont venus, et en très grand nombre ! Évènement rare ou bien avènement de quelque chose de profondément nouveau ? Tout juste rentré, je vous livre mes premières impressions.
L'obligation d'acheter le livre par internet a permis un miracle, une "petite révolution" du rapport de l'écrivain à ses lecteurs, comme l'a dit Nabe lors d'un fabuleux discours, tenu vers 21H devant une foule de Nabiens et de Nabiennes enthousiastes.
Rendez-vous compte : l'écrivain dispose, pour la première fois depuis ( depuis quand ? ) d'un contact direct avec ses lecteurs ! Détournant les techniques du marketing direct, Nabe-Moïse ouvre une voie sans embûches ni intermédiaires dans "la mer de l'édition", pour reprendre les termes d'un des passages les plus inspirés de son discours. Nabe, mystique et révolutionnaire faisait sentir toute la force politique et artistique de son projet d'anti-édition. Pour la première fois dans ce genre d'évènement, disait-il, un écrivain peut parler à ses lecteurs assemblés, à des gens qui ont vraiment lu son livre, et pas à des journalistes qui ne l'ont pas encore lu et ne le liront pas.
Enumérant les intermédiaires qu'il avait supprimé, il fit mention des derniers point de vente de son livre : un fleuriste, une boucherie... Inutile de précisez que sur son visage fleurissait, justement, le sourire sardonique et sadique qu'il arbore actuellement sur la couverture de Chronicar't. "On en est à 3300 en 3 mois !" annonça-t-il.
En somme, l'évènement prenait sens dans ce mouvement collectif. Dans un mélange de liesse et d'intimité, Nabe le pamphlétaire devenait, pour quelques instants, le portevoix d'un manifeste, l'auteur d'un appel plutôt que d'un cri.
Par ailleurs, j'ai pas mal papoté, de droite et de gauche, et peut faire la conclusion suivante : l'âge moyen des lecteurs qui s'étaient déplacés ne dépassait pas 30 ans. Beaucoup de jeunes donc et un moins jeune : Marcel Zannini, le père de Nabe, bob sur le crâne et "tiré à quatre épingles".
Non vraiment, maintenant que j'ai vu Nabe pour de vrai et que j'ai vécu cette soirée, je peux tirer deux conclusions capitales :
Nabe est petit + Nabe est grand !
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