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LE NABE PARLE AU NABE
18 Avril 2010
On s’est tapé une heure de nabage dans "Cesoiroujamais", et on a appris que... nabe. Nabe, i pleurniche chaque année sa race à la télé qu'il est interdit de télé, et ça dure une heure. Finalement, on oublie pourquoi il est interdit.
Nabe, c'est Angot moins le trou du cul. C'estSollers moins la tremblote. C’est Houellebecqmoins les ventes. Nabe, c’est une marque, et Nabe doit faire la pub Nabe. Nabe est devenu son propre publicitaire, mais il n’y a plus de produit. La pub a tout bouffé le contenu. Nabe est une boite creuse. Un discours-enveloppe. Nabe est condamné à parler de Nabe, et au milieu il fait des phrases. Pour le cas où il y aurait des « autres » qui l’écouteraient. Nabe lâche une miette. Pour le peuple non-nabe. Anabe. On se demande comment nous les anabes on arrive à vivre, sans Nabe. Nabe a Nabe dans la bouche, Nabe produit du Nabe, Nabe chie du Nabe. Une enveloppe avec une enveloppe dedans. Nabe est une poupée russe avec rien, au fond, qu’une petite poupée russe. Le mystère reste entier, mais plus petit. Jusqu’à disparaître. C’est comme dans le bouddhisme : si tu pousses ton regard, derrière la peau, tu finis par voir les atomes, et puis plus rien.
Nabe n’a aucun intérêt. Normal, éthymo-logique : Nabe est un luxe. Il ne travaille pas, Nabe est au-dessus du travail. Nabe peint. Et il vend ses tableaux. Les tableaux de Nabe ne sont pas moches. Ils ne sont pas beaux non plus. Nabe est un pur esprit. Sauf quand tu reçois Nabe à manger. Là, Nabe se transforme en affamé terrestre. Il boit et mange comme quatre anabes. Il est alors un pur estomac. Et ensuite un pur trou du cul, mais il ne pousse pas l’outrecuidance jusqu’à pousser le colombin chez ses hôtes. Il y a longtemps qu’on ne lit plus Nabe, mais on continue à l’écouter, de temps en temps. C’est comme Godard : ce qu’il raconte est souvent plus intéressant que ses films. Finalement, il s’est un peu fait chier pour rien. Le meilleur média, c’est la parole. Bien devant le livre, bien devant. C’est pour ça que la radio est le média de l’avenir. La parole qui vole dans l’éther, l’azur. C’est poétique, donc indépassable.
Quand Nabe parle, c’est parfois piquant. Il occupe un espace que personne ne veut occuper. C’est le nabe-space. Il se situe à la fois à la périphérie et à la fois au cœur du Système. En tant qu’auteur sulfureux, et en tant que filsde du showbiz. Et c’est là tout le drame de Nabe. The nabe dram. Quand on vit au milieu des gens connus, mais qu’on est un peu paria, c’est déchirant. On appelle çaschizophrénia. Une maladie ancienne. Coupé en deux, Nabe perd de l’énergie, beaucoup d’énergie. Deux forces le taraudent : une centripète (de la périphérie au cœur du Système), et l’autre centrifuge. Ces deux forces s’annulent, ce qui explique pourquoi Nabe fait du surplace, depuis 85.
Malgré tout, un mauvais Nabe est toujours mille fois plus lisable qu’un excellent GavaldAngot, donc voici dla promo, très rare sur L’Organe :
L'Homme qui arrêta d'écrire, « antiédition », 2010, 28€ .
Putain, 28 euros, 183F66 ! L’équivalent d’un bon repas au Bouco, Paris 8ème !
Lire Nabe ou manger, il faut choisir.
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