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    Marc-Edouard Nabe, un auteur pas comme les autres - Angéla Fache de l'EDHEC - 1er mai 2010

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    Marc-Edouard Nabe, un auteur pas comme les autres

    par Angéla Fache, étudiante à l'EDHEC Samedi, 01 Mai 2010 07:45

    Connaissez-vous Marc-Edouard Nabe, de son vrai nom Alain Zannini ? Caché derrière un noeud-papillon et des habits de dandy des années 1930, c’est lui qui crée un scandale dans l’émission "Apostrophes" de Bernard Pivot, le 15 Février 1985 . Depuis, l’homme, provoquant et insaisissable n’a pas été rattrapé par la bonne-pensée, ni vraiment par les critiques. Tandis qu’après Au régal des vermines, Nabe fleurait bon l’antisémitisme, le racisme et l’extrême-droite décomplexée, son pamphlet Une lueur d’espoir, sur les attentats de 2001, lui donnèrent la réputation, comme il le dit lui-même d’un «Nabe d’extrême-gauche pro-islamiste et pro-terroriste.»

    Imposteur ou incompris ? On ne peut pas lui reprocher son manque de cohérence, puisque c’est toujours à la marge qu’on le retrouve. Son esprit de contradiction le poussa même à écrire un texte affiché sur les murs de Paris, intitulé Obama, enfin nègre !, dans lequel il explique pourquoi cette élection ne le fait pas «bander». Cet esprit à contre-courant, ce halo d’antisémitisme autour de ses textes, cette passion pour le jazz... Tout chez Nabe rappelle un prédécesseur illustre, avec lui aussi deux prénoms, Louis-Ferdinand Céline, dont la femme a fait l’objet d’un livre de Nabe en 1995, Lucette.

    C’est sans doute là que le bât blesse. Car, pour mépriser le consensus au nom du talent de l’écrivain, encore faut-il que talent il y ait. Laurent David Samama, par exemple, considère que Nabe cache sa pauvreté de style derrière des phrases plus choquantes les unes que les autres. Nabe, c’est aussi l’obsession de la quantité comme preuve de talent littéraire, celui qui a toujours voulu écrire vingt-sept livres, et qui a nommé l’avant-dernier Le vingt-septième livre.

    Mais pourquoi parler de Nabe, alors que son actualité des dernières années se résume à des rééditions ? Parce qu’il a gagné son procès qui l’opposait aux Éditions du Rocher, et qu’il possède désormais les droits sur presque l’intégralité de ses ouvrages, une première : il distribue désormais lui-même ses livres sur son site internet, reniant l’image d’Epinal de l’auteur attaché à son éditeur par un cordon ombilical, dans l’attente que celui-ci appose son sceau.

    Son dernier livre, L’homme qui arrêta d’écrire, est en réimpression et les points de vente dans lesquels, en-dehors d’une commande internet, on peut se le procurer, sont des restaurants, une boucherie, une pharmacie, un fleuriste... Nabe, toujours en-dehors des clous.