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    Le site des lecteurs de Marc-Édouard Nabe

    Accueil Sur Nabe Blogs, Internet,etc. Retranscription du Salut les terriens du 1er mai 2010 par Pup'In

    Retranscription du Salut les terriens du 1er mai 2010 par Pup'In

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    Un de nos lecteurs s'est amusé à retranscrire, avec deux tomes d'avance, le Coup d'épée dans l'eau de l'emission du 1er mai, pour découvrir mieux encore – et malgré le montage – ce qui a été dit. C'est à croire que M-É.N. visualise déjà l'écrit lors de l'enregistrement d'une émission !

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    Thierry Ardisson : En P2 nous accueillerons deux nouveaux invités pour commenter avec nous l'actualité de la semaine : Marc-Édouard Nabe pour son livre auto-édité L'Homme qui arrêta d'écrire. Y’a plutôt de bonnes critiques, ça doit l'inquiéter Nabe, il risque de ne plus être l'écrivain le plus détesté de France, c’est énervant. (rires). Il risque de se faire piquer le boulot par Zemmour !

    Le franc tireur

    Thierry Ardisson : Rebonsoir les Terriens, Rebonsoir les Terriennes ! Nous sommes toujours en compagnie de Benoît Hamon ! Et nous accueillons Marc-Édouard Nabe. Et Laurent Baffie.
    Thierry Ardisson : Alors, Marc-Édouard Nabe, bonsoir. On dit beaucoup de bien de votre dernier livre L'Homme qui arrêta d'écrire. Ça vous inquiète pas trop quand même ?
    Marc-Édouard Nabe : Ça repose. Voilà je me recharge...
    Thierry Ardisson : C'est vrai que vous avez toujours tout fait pour être l'homme le plus détesté de France. Je me souviens de votre première apparition médiatique, c'était chez Bernard Pivot en 1985. Vous vous étiez montré si violent avec Jean-Marc Roberts que Georges-Marc Bénanou – n'écoutant que son courage – avait pris sa voiture et était venu sur le plateau pour vous mettre un bourre-pif quand même !
    Marc-Édouard Nabe : Ouais...
    Thierry Ardisson : Et puis ensuite il y a eu vos papiers dans l'Idiot International, journal de Jean-Edern Hallier, votre livre à la gloire de Ben Laden, Une Lueur d'espoir.
    Marc-Édouard Nabe : Oui.
    Thierry Ardisson : Vous avez tout fait pour être détesté quand même ?
    Marc-Édouard Nabe : Non ! J'ai dit ce qu’il me semblait être juste au moment précis où le temps passait devant moi.
    Thierry Ardisson : Ouais. Vous dites : "Il y a la bogossitude de Michael Vendetta, moi je suis la salegossitude".
    (Rires)

    Marc-Édouard Nabe : Oui…
    Thierry Ardisson : C'est une belle phrase !
    (Applaudissements).
    Thierry Ardisson : La salegossitude...
    Thierry Ardisson : Alors donc ce livre L'Homme qui arrêta d'écrire, vous l'avez édité vous-même, hein ? Vous en aviez marre de la négligence des éditeurs, du boycott des libraires, du black out de la presse quoi… Vous en pouviez plus là ?
    Marc-Édouard Nabe : Voilà. J’ai inventé ce concept d'anti-édition. C’est quelqu'un qui s'auto-édite, mais pas parce que les éditeurs ne veulent pas de lui, c'est parce que lui ne veut pas des éditeurs.
    Thierry Ardisson : Voila c'est ça.
    Marc-Édouard Nabe : C'est quand même la différence.
    Thierry Ardisson : C'est vrai que le système ne laisse que 10 à 15% à l'auteur, pour vous c'est une escroquerie ça ?
    Marc-Édouard Nabe : Ah, complètement ! 8% même ! Parce qu'ils disent que c'est la crise. Et alors ils prennent ce prétexte pour réduire... mais vous savez en Amérique ou en Angleterre c'est pas ça ! Ça peut atteindre 20% ! Ce qui n'est déjà pas terrible. Mais c'est mieux, c'est plus honorable !
    Thierry Ardisson : Vous dites : "Il fallait bien que quelqu'un siffle la fin de la récré pour les parasites" ?
    Marc-Édouard Nabe : Bah oui ! Y’en a marre de tous ces gens qui vivent sur le dos de celui qui écrit, qui produit, qui souffre pour créer !
    Thierry Ardisson : Alors vous êtes devenu un salaud d'éditeur ?
    Marc-Édouard Nabe : Hé non ! Parce que je suis un ange d'auto-éditeur !
    Thierry Ardisson : Et vous éditez personne d'autre ?
    Marc-Édouard Nabe : Mais bien sûr ! Je ne suis pas éditeur. Mon livre n'a pas de logo. Il n'y a rien d'autre que mon copyright. C'est le texte qui m'appartient, j'en fais ce que veux et je touche 70% de chaque exemplaire.
    Thierry Ardisson : 70% ! C’est dingue ça !
    Marc-Édouard Nabe : Voilà, c'est tout ! Que les autres réfléchissent à ça ! Les auteurs quand ils publient un livre il ont trois semaines pour faire des médias, pour qu'on en parle. Et puis trois semaines de visibilité dans les librairies parce qu'au bout de trois semaines…
    Thierry Ardisson : Ça repart.
    Marc-Édouard Nabe : …les diffuseurs, ça repart et moi y'a pas de retour. Le livre est là sur ma plateforme on le commande par Internet et on le reçoit 3 jours après. Et on en est à 3600 exemplaires aujourd'hui ! Sans aucune pub, ni rien.
    Thierry Ardisson : C'est beaucoup plus que ce que vous vendiez d'habitude absolument
    Marc-Édouard Nabe : Bien sur, et puis comme je touche beaucoup plus je n'ai pas besoin de vendre énormément de livres.
    Thierry Ardisson : Voilà. Ça se vend sur le Net ?
    Marc-Édouard Nabe : Voilà !
    Thierry Ardisson : Ça se vend chez un fleuriste ?
    Marc-Édouard Nabe : Oui.
    Thierry Ardisson : Chez un boucher ?
    Marc-Édouard Nabe : Oui.
    Thierry Ardisson : Chez un boulanger ?
    Marc-Édouard Nabe : Oui.
    Thierry Ardisson : Dans un night club ? Enfin un peu partout quoi...
    Marc-Édouard Nabe : Oui, et dans une boutique de fringues ! Y’a des gens qui ne sont pas très capables de se servir d'Internet, donc je voulais qu'il y ait quelques points physiques où l'on puisse le trouver à Paris. Mais ce sont des points symboliques, comme vous avez vu ? Parce que c'est ça qui est amusant, c'est d'aller chez le boucher au milieu des viandes on trouve le livre et on le ramène chez soi pour 28 euros. Et voilà je tiens à dire que ces points de vente ne prennent aucune commission, contrairement à ce que font les libraires...
    Thierry Ardisson : Mais ils en prennent sur la bavette en revanche ?
    Thierry Ardisson : Alors le pitch. Voilà, le narrateur est l'auteur qui aurait arrêté d'écrire. Un jeune bloggeur se prend d'amitié pour lui et l'entraîne dans une visite du monde d'aujourd'hui...
    Marc-Édouard Nabe : Il y a une visite de tout ce qui est horrible, pour moi, dans le monde contemporain...
    Thierry Ardisson : Beigbeder ?
    Marc-Édouard Nabe : Entre autres oui. Oui.
    Thierry Ardisson : Christine Angot ?
    Marc-Édouard Nabe : Oui.
    Thierry Ardisson : BHL ?
    Marc-Édouard Nabe : Voilà !
    Thierry Ardisson : Yann Moix ? Pierre Lescure, Philippe Val...
    Marc-Édouard Nabe : Tous ceux qui forment pour moi l'imposture généralisée de notre époque. Ceux qui font croire qu'il y a encore une culture possible. Qu’il y a encore un esprit possible. Qu’il y a encore finalement, vous savez, du fun possible !
    Thierry Ardisson : Alors Beigbeder dit : "Il s'agit d'un ramassis de ragots mondains et d'attaques personnelles". Et il se demande en fait si vous êtes "le dernier écrivain libre ou un aigri que la jalousie rend haineux ?"
    Marc-Édouard Nabe : Magnifique autoportrait (rires) ! Magnifique autoportrait dans Voici en plus c'est très crédible. Mais moi ça me fait très plaisir !
    (Applaudissements)

    Sous la burqa, le chômage…

    Benoît Hamon : [...] Que poursuit comme objectif le gouvernement ? Vraiment lutter contre le port de la burqa ? Ou en fait, avoir une loi ? Faire des grands débats ? Vous avez vu, ils ont fait une proposition pour qu'il y ait dans toute la France des débats sur la burqa. C'est ça le sujet, en ce moment ?
    Thierry Ardisson : Y'a deux mille gonzesses qui ont la burqa.
    Marc-Édouard Nabe : On va se marrer Avenue Montaigne cet été. C'est ça ! Vous savez, moi j'attends.
    Thierry Ardisson : Oui, ils sont flippés les mecs…
    Marc-Édouard Nabe : Les saoudiens, les saoudiennes qui vont arriver, et qui vont faire leurs courses. Moi, j'attends qu'il y ait des flics qui arrivent et qui disent : "Madame, il faut que vous enleviez votre burqa", avec les gardes du corps derrière, qui vont tabasser les flics devant nous, sur les Champs-Élysées. Là on va rire ! Y'a pas de raison d'empêcher la burqa à Saint-Denis et pas sur les Champs !
    Laurent Baffie : Tu es pour ou contre le port de la voile dans les régates, toi ?
    (Rires)
    Laurent Baffie : C'est une vraie question !
    Thierry Ardisson : Ce qui est extraordinaire, c'est que le mec-là, Lies Hebbadj il a dit : "Moi, je ne suis pas polygame, j'ai des maîtresses". C’est vrai qu'avoir des maîtresses en France, d’un seul coup, c'est l'Identité Nationale ! C'est complètement raccord ! Il veut s'intégrer ce gars-là, il a lu Feydeau. Il est comme nous.
    Marc-Édouard Nabe : Musulman adepte de Feydeau, c'est magnifique ! C'est tout ce qu'on aime ! Mais là, en dehors de tout ce qui est politique, il faut arriver à savoir pourquoi toujours ça se fixe sur l'Islam. L'Islam est comme un miroir déformant de cet Occident qui est en phase terminale d'autodestruction. La terreur que les Occidentaux ressentent : la terreur de l'avenir est transformée en peur du terrorisme. Le manque de foi total en TOUT, y compris en DIEU, est transformé, déformé par le fanatisme religieux. Et cette burqa, moi je trouve que c'est symptomatique de ce que les Occidentaux, vraiment en fin de course, sont entrain de se masquer. Ils sont tous masqués ! Ils sont tous, eux, recouverts d'une burqa mentale pour se cacher ! C'est comme si l'Islam pour l'Occidental était une caricature de ses propres tares.
    Thierry Ardisson : sifflement d'admiration
    (Applaudissements)
    Bruno Jeudy : J'ai pas compris tout ce que vous avez dit.
    Marc-Édouard Nabe : C'est normal, vous êtes au Figaro !
    Bruno Jeudy : Non, non, mais bien sûr. Le seul truc qui est à peu près compréhensible c’est que – je ne sais pas quel est votre choix de société – en gros dans un pays, une république comme la France, à priori, on a pas trop envie de vivre dans un pays où la polygamie serait tolérée...
    Marc-Édouard Nabe : Mais ça n'a aucune importance! Y'a très peu de burqas, très peu de polygamies avouées ! Alors arrêtez de fixer là-dessus. Ça n'a aucune importance. Quand je vois tous ces boudins féministes qui fixent sur la burqa, alors que nous, on voudrait pas de ces femmes-là... mêmes voilées ! Y'en a marre quoi !
    (Applaudissements)
    Marc-Édouard Nabe : Pourquoi la burqa serait une espèce d'alibis pour exprimer son féminisme ? Vous ne savez pas ce qui se passe dans la tête d'une femme voilée ! Alors, arrêtez de vouloir appliquer des lois !
    Benoît Hamon : Sauf qu'il y un sujet, un tout petit sérieux derrière ce qui est un vraie caricature. C'est que la burqa, c'est quoi ? C'est la séparation entre l'homme et la femme, le fait de soustraire le corps de la femme au regard.
    Marc-Édouard Nabe : Pas du tout !
    Benoît Hamon : Mais si, c'est ça !
    Marc-Édouard Nabe : Mais pas du tout !
    Benoît Hamon : Mais peut-être que vous voyez..? Moi je ne le vois pas.
    Marc-Édouard Nabe : Vous ne connaissez pas le Coran !
    Benoît Hamon : Je peux terminer. Le sujet ce n'est pas le Coran.
    Marc-Édouard Nabe : Si !
    Benoît Hamon : Mais non, c'est pas le Coran ! Ça ne figure pas dans le Coran !
    Bruno Jeudy : C’est la dignité de la femme.
    Marc-Édouard Nabe : Mais arrêtez avec votre dignité de femme. C'est femmes-là sont plus dignes que les vôtres. Ça n'a rien voir ça. Arrêtez, vous ne savez pas : si la femme se voile c'est son rapport à Dieu, ça n'a rien avoir avec les autres. Elle s'en fout des autres ! C'est son rapport personnel à Dieu ! Renseignez-vous sur la religion musulmane, et après vous pourrez parler !
    (Applaudissements)
    Bruno Jeudy : Je vous rappelle juste Monsieur Nabe que le port de la burqa est interdit à la Mecque...
    Laurent Baffie : Même le porc est interdit !
    (Rires)
    Bruno Jeudy : ... comme ça vous fera réfléchir un petit peu sur ce que c'est l'Islam.
    Marc-Édouard Nabe : Mais pourquoi vous sentez vous offensé qu'une femme soit voilée devant vous ? En quoi, ça vous gêne ? En quoi, ça vous empêche de la connaître ?
    Bruno Jeudy : Je ne suis pas à l'aise. Ça s'appelle la République, l'égalité hommes-femmes.
    Marc-Édouard Nabe : On s'en fout !
    Laurent Baffie : Je suis intimement persuadé qu'il y en a qu'on oblige un peu à faire ça...
    Marc-Édouard Nabe : Y'en a qu'on oblige pas du tout !
    Thierry Ardisson : Y'en a qu'on oblige, y'en a qu'on oblige pas ?
    Marc-Édouard Nabe : C'est comme les putes ! Y'en a qu'on oblige ! Y'en qu'on oblige pas !
    Benoît Hamon : Non mais en arriver à ce genre de discours là ! Notamment la prostitution à la fin et la comparaison, c'est juste un petit numéro. Vous faites votre business là ? Mais bon...
    Marc-Édouard Nabe : Non, je ne fais pas de business.
    Benoît Hamon : Vous faites beaucoup de business justement. Mais, moi, je pense que c'est un sujet sérieux. Parce qu’il y a des femmes justement qui n'ont pas fait ce choix-là, et pour lesquelles aujourd'hui c'est une perte totale de libre-arbitre. Et pour ça, la République, elle doit poser des règles. Et moi, autant je suis défavorable à une loi d'interdiction générale parce qu'elle ne serait pas applicable. Autant je reste un adversaire par principe, et au nom de l'égalité hommes-femmes – peu importe que ça vous intéresse ou pas – je suis un adversaire de la burqa, du niqab, peu importe, du voile intégral.
    (...)

    Attentats de Karachi

    Thierry Ardisson : Marc-Édouard, un mot-là ? Parce que je te trouve là, par rapport à la burqa…
    Marc-Édouard Nabe : C'est inintéressant au possible !
    Thierry Ardisson : Bah pourquoi ?
    Marc-Édouard Nabe : Cette semaine, il n'y a qu'un seul sujet, c'est Zahia !
    Thierry Ardisson : Ouais. La Pute des Bleus !
    Marc-Édouard Nabe : Bah oui, merveilleux !
    Thierry Ardisson : Ah oui…
    Marc-Édouard Nabe : Merveilleuse affaire !
    (…)

    Après l'interview de Xavier Mathieu, leader des contis

    Thierry Ardisson : (pointant Benoît Hamon) Un mot ? Un mot...
    Benoît Hamon : Respect.
    Thierry Ardisson : Un mot, Marc-Édouard ?
    Marc-Édouard Nabe : Révolution !
    Thierry Ardisson : Laurent Baffie, un mot ?
    Laurent Baffie : Respect aussi.

    Retranscription par Pup'In