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Stevie Wonder, Prince et… Michael Jackson à Bercy !

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Deux réflexions me sont alors venues. D’une part, il se pourrait bien que Prince, superstar par excellence, soit en ce moment l’exemple même de la liberté artistique. Il se produit là où il veut et quand il le désire (on sent que c’est l’envie qui motive ses choix et non le tiroir-caisse) : un coup il est sur le Rocher de Monaco, ensuite sous la verrière du Grand Palais à Paname, puis bientôt dans les « arènes » d’Arras ; de plus, il fait la nique au système des majors qui se font du gras sur le dos des artistes : il autoproduit ses nouveaux disques et choisit lui-même ses moyens de diffusion (cet été, son nouvel album 20Ten* est proposé gratuit via l’achat de Courrier international) ; Prince montre aux jeunes musiciens du Net qu’il est possible de se faire entendre sans crouler sous les diktats des marchands de l’industrie culturelle : la donne a changé et Prince montre la voie, chapeau ! Marc-Edouard Nabe en a d’ailleurs parlé intelligemment dans Rock & Folk n°513, mai 2010, page 17 : « Au fur et à mesure de mes réflexions, je me suis aperçu que dans le livre, il y avait plein de métiers inutiles pour l’écrivain, qui ne servent qu’à ceux qui veulent gagner de l’argent sur son dos. On a cet exemple dans la musique avec Prince. Lui a tout compris. (…) Prince a voulu casser cette suprématie des majors et s’est posé la même question que moi, c’est-à-dire à quoi servent les majors, à part diffuser l’œuvre ? Je me sers d’Internet comme d’un outil de diffusion. Prince n’a plus besoin d’une maison de disques, je me passe d’un éditeur. » D’autre part, impossible de constater la fraîcheur d’un Prince (beau jeune homme de 52 ans) et d’un Stevie rechargé à bloc sur piles Wonder (à 60 ans, il roule parterre et monte sur son piano !) sans penser à la trajectoire mortifère du génial Michael Jackson mort prématurément à 50 ans. Celui-ci, à la différence des deux autres, s’est fait vampiriser par sa propre créature médiatique (King of Pop, Bambi, Wacko Jacko, Michael Jackpot, United Colors of Jackson) ; oubliant hélas sa nature humaine, de simple mortel, derrière les masques de sa célébrité planétaire. Tel un clin d’œil, sur scène, le titre jacksonien qu’a repris Stevie Wonder pour rendre hommage au frère Jackson, un an après sa mort, est… Human Nature. Tiens, tiens. Mettre en avant l’humain derrière les paillettes de la peoplelisation, le souffle revigorant de la liberté de création face au star-system mécanisé, voilà ce qu’ont fait Stevie, Prince et, en creux, Michael hier soir à Bercy. Merci à eux. Infiniment.
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