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    Le site des lecteurs de Marc-Édouard Nabe

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    Alain Nimier et César Garnier - Nos ancêtres les Bougnoules - 1988

    C'est à notre connaissance le tout premier livre à citer Nabe. Ses auteurs, Alain Nimier et César Garnier se sont crus obligés d'incriminer Nabe à coups de grandes envolées "anti-simplifications" dans leur avant-propos sous prétexte qu'ils se sont donnés pour mission de recenser 4000 personnalités françaises d'origine étrangère. Un bon travail d'indic pour nazis fantasmés en effet... Du coup, ces balourds en ont oublié d'inclure notre Métèque dans leurs entrées. Grotesque du début à la fin.

    Nos ancêtres les Bougnoules : couvertureNos Ancêtres les Bougnoules 1

    Nos Ancêtres les bougnoules 2

     

    Avant-propos

    Il est loin le temps où les immigrés saluaient dans la France la "patrie" des droits de l'Homme, de l'égalité, de la générosité, et aspiraient à la nationalité française comme à un honneur.
    On dirait que les mœurs françaises ont changé. La simplification conduit à la banalisation, puis à l'indifférence. La banalisation du racisme anti-quelqu'un ou anti-quelque chose classe les meurtres racistes dans la rubrique des faits divers relégués en pages internes des quotidiens. Et puis, les faits divers foisonnent, et d'ailleurs leurs victimes ne sont pas exclusivement des "étrangers"...
    Voici revenir le temps des simplifications. Les virus endormis s'animent et s'activent dans tous les sens. Les "garants des traditions françaises" vont jusqu'à reparler de la nécessité d'un retour aux armoiries. Or, il arrive que les Charles-Édouard et les Marie-Béatrix déchantent en découvrant qu'ils n'ont pas des origines gauloises et que leur sang n'est -à leur grand désespoir- nullement coloré de bleu... Pourquoi diable leur accorder, ce faisant, un droit de cuissage sur le patriotisme ?
    Et voici que Bernard Pivot nous réserve ce vendredi-là un régal en nous offrant une démonstration éclatante de Marc-Édouard Nabe à propos de son premier livre. Ce bagarreur "écrit à coups de poing" (c'est son droit le plus strict) et "emmerde" (c'est un droit qui l'est moins). Ceux qui, malgré l'insulte, se sont plongés dans la lecture de son ouvrage ont eu droit à une nouvelle théorie qui prêche quasiment le meurtre. Hélas, il se fait chaperonner par des vétérans : Léon Bloy et Céline. Mais voilà, il les "singe" mal. N'est pas génial qui veut ! Quand on souhaite faire du génie dès le premier ouvrage, souvent, on n'a pas le choix et "on se casse la gueule" ! Quand on préfère délirer, on le fait seul ou on se fait soigner. Et le jeune "philosophe" -provocateur par excellence- de déclarer "Tout individu qui n'est pas moi est un adversaire" (Au régal des vermines, éditions Barrault, Paris, 1984). Tout un programme pour nombre de nostalgiques qui laissent s'exprimer, de temps en temps cet inconscient refoulé à grand peine dans les ténèbres.
    Point n'est besoin d'être énarque ou polytechnicien pour saisir la portée d'une telle déclaration. Hier le Juif, aujourd'hui l'Arabe, demain le Noir et toujours la Femme, les Homosexuels et les Prostituées. Pire encore, la simplification, c'est l'intolérance. Avouons-le tout de suite, l'intolérance nous laisse pantois. Nous lui préférons infiniment un paysage mêlé, métissé, bigarré, batard, plein de vie et d'espoir. Et c'est pourquoi nous avons décidé de vous livrer cet essai car, pour nous, la France du XXIe siècle sera métissée et plurielle ou ne sera point !

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