[...]
Je suis mort de Marc-Edouard Nabe (Gallimard. L’infini)
Très court roman où Nabe imagine sa propre mort pour revenir sur « l’échec » de sa carrière en terme de reconnaissance. Nul n’ignore désormais sa fameuse première prestation télévisée à Apostrophes qui le grillera définitivement dans les médias et qui lui valut un coup de poing dans la figure de la part du grotesque rince-doigts Benamou (on a vu ce qu’était devenu cette épluchure !). Dans Je suis mort, cet épisode est transposé de telle sorte que Nabe devient un comédien qui lors d’une première a soudainement un trou de mémoire qui lui vaudra une tomate en pleine figure. Ce « trou » (imaginez la manière dont l’auteur file la métaphore !) lui fermera toutes les portes et il devra alors mener une carrière « parallèle » d’acteur silencieux, spécialisé dans le mime (ce qui lui vaudra néanmoins un petit cercle d’amateurs).
Le lecteur aura plaisir, à la lecture de ce petit roman, de découvrir derrière des pseudonymes, des personnalités qui eurent de l’importance pour Nabe (Sollers et Jean-Edern Hallier, en particulier) mais aussi de voir comment une dizaine d’années avant la fameuse préface à la réédition du Régal des vermines, l’auteur mettait déjà en scène son « échec ». Il parle déjà de son voisin de pallier (dont le nom de Klouelbec dissimule à peine la personne de Michel Houellebecq) pour mettre en évidence leurs destins opposés.
Ce n’est sans doute pas ce que Nabe a écrit de mieux mais Je suis mort est très plaisant à lire, souvent assez drôle et la lettre finale à la mère est bouleversante.
A découvrir, donc…
[...]
| < Précédent | Suivant > |
|---|
Sur Nabe 


