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    Le site des lecteurs de Marc-Édouard Nabe

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    Marcelin Pleynet - L'Infini n° 111 - été 2010



    Libre à Marcelin Pleynet de considérer Le Point comme un support de la sous-culture : Franz-Olivier Giesbert appréciera. Nous reconnaissons bien là ce mépris « intellectuel » si bien porté rue Sébastien-Bottin (qui sera bientôt, sans vergogne, rebaptisée rue Gaston-Gallimard). En gros, pour Pleynet, si on n’écrit pas dans L’Infini, on est dans la sous-culture. Lorsqu’on vient de prendre en considération l’article débile de Nelly Kapriélian « Quelle liberté pour le romancier ? » dans les Inrockuptibles comme Pleynet le fait, on ferait mieux de se taire. Que Pleynet ne comprenne rien à l’art du roman, ça se voit dans ses livres et même sur. Comment quelqu’un qui, selon son propre aveu, met le mot « roman » sous ses titres pour faire vendre (ce qui n’a jamais rien changé à ses résultats désastreux), ose-t-il ironiser sur les « problèmes d’édition » d'un Marc-Edouard Nabe ? Que Pleynet essaie de vendre un seul de ses « romans » à 5000 exemplaires en quelques mois sans éditeur, sans diffuseur, sans libraire, et on en reparlera.
    Autre approximation qui frôle la diffamation : Nabe aurait « décidé d’éditer et de distribuer » lui-même son nouveau roman, parce qu'il serait « las » de voir ses « manuscrits refusés par tous les éditeurs ». Par tous les éditeurs ?
    Il est clair que Pleynet, assis éternellement dans sa loge de concierge de L’Infini, comme un chien mouillé (comme on le dit d’une poule) gardant en grognant son maître et lui apportant fidèlement ses charentaises maritimes, n’a pas pu suivre le parcours récent de Nabe, relayé pourtant par bien des supports, de la sous-culture certes, auxquels ni Marcelin Pleynet, ni Yannick Haenel d’ailleurs, n’a jamais eu droit.
    Non, Nabe n’a eu aucun manuscrit refusé. Depuis qu'il a publié son premier livre en 1985, Au régal des vermines, soigneusement écarté par l’esclavagiste bordelais du pauvre Pleynet, tous ses manuscrits ont été publiés. À moins que pour Pleynet, un manuscrit refusé signifie refusé par Gallimard, ce qui est une manière réductrice de concevoir la publication ! Quand bien même Nabe aurait eu tous ses textes sur les bras depuis trente ans, ce ne serait pas ce qui l’aurait poussé à s’éditer. Quelle petitesse de vue pour un soi-disant debordien, fan de Pound et de Cézanne !

    Autre mesquinerie : si Nabe est contre Haenel, ce serait par jalousie de ses tirages et de son prix Interallié ! On pouvait croire que Pleynet avait appris à mieux connaître Nabe depuis le temps, mais il est vrai qu’il a loupé tant de trains... Pleynet fait partie de ces gens pour qui l’œuvre d’un artiste s’arrête quand eux décident de ne plus s’y intéresser.
    Pour finir, dans un mauvais goût qu’il a eu le temps d’apprendre à Venise où depuis cinquante ans sa présence indésirable de touriste fait se gondoler les pigeons de la Place Saint-Marc, Pleynet ose jouer sur le titre du roman de Nabe (un vrai de vrai celui-ci) Je suis mort (collection « L’Infini » 1998). Quel dommage : il semble ici le mépriser a posteriori alors qu’il fut un des seuls à le défendre sur France Culture. Il faut dire que, comme pour les paragraphes négatifs à son sujet dans la dernière livraison de son inepte Situation, Pleynet était là aussi en service commandé.
    Rien de prémonitoire dans le titre de ce roman, bien sûr, puisque depuis ce suicide romancé, Nabe ne s'est jamais mieux porté physiquement, intellectuellement et littérairement, gagnant encore plus de force, d’autonomie et d’inventivité au dire de ses ennemis-mêmes qui lui reconnaissent au moins ça, contrairement à ses « amis » qu'on a vu en quelques années s’enfoncer dramatiquement dans les sables mouvants de leur aigreur.

    L'infini n°111Marcellin Pleynet : situation Marcelin Pleynet

    Situation

    Toute l'information et désinformation médiatique va ainsi se développer et prendre le tour d'une question : « Faux roman ou vrai livre d'histoire », commente le même numéro de Libération ; « Quelle liberté pour le romancier ? » se demande Nelly Kapriélian dans Les Inrockuptibles du 10 février.

    Et chaque fois Yannick Haenel se trouve dans l'obligation de s'expliquer et de répondre à des journalistes qui à l'évidence ne veulent rien entendre... et en fait se préoccupent de littérature comme d'une guigne.

    Pourtant, dans sa hargne et sa lourde insistance, l'offensive de Claude Lanzmann semble ne pas donner les résultats escomptés. Et c'est une sorte de sous culture qui prends sans plus d'efficacité le relai. Dans Le Point du 25 mars, Agathe Fourgnaud mobilise Marc-Édouard Nabe, qui n'est pas tout à fait inconnu des lecteurs de la revue et de la collection L'Infini, où il a publié il y a bien des années un roman au titre prémonitoire : Je suis mort.

    Las de voir ses manuscrits refusés par tous les éditeurs, Nabe a finalement décidé d'éditer et de distribuer lui-même son nouveau roman.

    Le Point titre : « Marc-Édouard Nabe : "Lanzmann a raison" » et publie complaisamment les ressentiments de Nabe : « Haenel fait partie de ces goys zélés qui veulent en faire plus que les juifs et les historiens pour se voir attribuer des bons points. »

    Il faut dire que, si Nabe a des difficultés avec l'édition de ses livres, le roman de Haenel, prix Interallié, a rencontré un grand succès d'estime et de vente.

    Bref, la guerre se poursuit assez inutilement (même si dans cet « inutilement » on peut trouver sujet à des analyses qui ne manquent pas d'enseignements)... Elle prend désormais des formes aussi pénibles qu'inattendues. La société se décompose comme elle peut et dans sa décomposition laisse des traces dont il importe de comprendre ce qui les justifie.

    Marcelin Pleynet