Lire l'article dans son contexte originel

(...)
Le Monde du 22 octobre assure la promotion en première page d’une pétition signée par neuf historiens dans laquelle ceux-ci s’insurgent contre le projet présidentiel d’une « Maison de l’Histoire de France ». Je ne crois pas caricaturer la pensée progressiste des signataires en écrivant que ceux-ci dénoncent une Histoire centrée sur l’identité nationale de la France, imperméable au métissage et, horreur suprême, qui sera abritée dans un palais princier plutôt que dans une cité.
C’est logique, celui qui n’a pas d’identité, n’a ni avenir, ni passé.
En revanche, le journal du soir renonce à toute correction politique excessive, lorsqu’il évoque placidement le même jour l’éventualité pour Marc Edouard Nabe, écrivain sous- célinien à l’antisémitisme bellement assumé, la possibilité de recevoir un prix littéraire.
Si notre littérateur est infiniment moins contesté par le Monde (comme l’ont fait justement remarquer Péan et Cohen dans leur ouvrage consacré à ce journal) que, par exemple, Renaud Camus, je n’ose imaginer que c’est parce qu’il est également d’un antisionisme absolutoire.
Quoi qu’il en soit, je ne résiste pas au plaisir de vous rappeler certaines de ses formules que je citais déjà dans mes « Martyrocrates » : 11 septembre 2001 : « la date est si magnifique qu’on aurait du prévoir ce que ce jour réservait au monde… Bientôt les mots que je préfère le plus au monde embellissent les lèvres pincées des journalistes : kamikazes, suicide, décombres, catastrophe, pirates, fanatique… ». Lisez encore cette dernière : « Ben Laden est si biblique qu’il a l’air de sortir de Judée. C’est tout à fait comme ça que je vois le Christ ». (Une lueur d’espoir, le Rocher 2001).
Le Monde et Nabe mériteraient d’être canonisés par la Curie d’Orient.
| < Précédent | Suivant > |
|---|
Sur Nabe 


