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    Accueil Sur Nabe Presse 2011 Lionel Chiuch reconnait l'inventeur et le copieur - Tribune de Genève - 21 avril 2011

    Lionel Chiuch reconnait l'inventeur et le copieur - Tribune de Genève - 21 avril 2011

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    Lionel Chiuch reconnait l'inventeur et le copieur - Tribune de Genève - 21 avril 2011Lionel Chiuch reconnait l'inventeur et le copieur - Tribune de Genève - 21 avril 2011

    L'édition en ligne tourne la page du circuit traditionnel

    Comme avant lui le marché du disque, celui du livre est soumis à de nouveaux défis, notamment liés au numérique. Etat des lieux.

    Il y a ceux qui, comme Marc-Edouard Nabe, ont décidé de se passer d'éditeur. En publiant et en distribuant lui-même - via son site - son dernier roman, L'Homme qui arrêta d'écrire, l'écrivain français a même inventé le concept d'« anti-édition ». « Au lieu de toucher mes misérables 10% de droits d'auteur, je suis désormais à 70% », explique-t-il dans une interview à L'Express. Avec ce système, que Maurice G. Dantec s'apprêterait à adopter à son tour, pas besoin de vendre beaucoup - Nabe a écoulé 6000 exemplaires de son livre - pour toucher le pactole.

    Industrie de recyclage ?

    Reste que l' « anti-édition » ne peut fonctionner que si l'on dispose déjà d'une bonne notoriété. D'où la foule de ceux qui se précipitent de plus en plus nombreux vers les éditeurs en ligne. Une rapide recherche sur Internet permet de constater que le secteur est en plein développement. Rien d'étonnant : en France, il existerait aujourd'hui plus d'auteurs que de lecteurs. Les trois grandes maisons d'édition de l'Hexagone - Gallimard, Grasset et Le Seuil - reçoivent ainsi plus de 1000 manuscrits par mois.
    Le reste de la production se répartit entre les éditeurs moins « prestigieux » et l'édition en ligne. Cette dernière est d'ailleurs considérée par les sceptiques comme « une industrie de recyclage des manuscrits qui ont été rejetés du circuit classique ». Il est vrai que, parmi les éditeurs de cette nouvelle génération, beaucoup n'hésitent pas à pratiquer les bonnes vieilles méthodes de l'édition à compte d'auteurs. On accepte tout, pourvu que le client débourse. A lui de se débrouiller ensuite pour trouver des lecteurs.
    Voilà pour la face sombre de l'édition électronique. Elle a heureusement de nombreux points positifs. Au point d'être devenu le moyen le plus simple, le plus efficace et le plus économique d'éditer les livres. « Il y a beaucoup de souplesse par rapport à la pesanteur du système en place », relève Jean-Marc Savoye, qui a fondé LePublieur.com il y a une dizaine d'années déjà. « Entre le moment où vous avez le manuscrit et celui où le livre est en librairie, il faut habituellement compter entre 4 et 6 mois. Il faut informer les forces de vente, les libraires, fabriquer, etc. Tout cela est lourd. Là, le livre que nous mettons en vente ce soir, nous avons commencé à en parler il y a trois semaines. la distribution par Internet autorise une véritable réactivité... »

    De nouvelles compétences

    Pour le patron du Publieur.com, qui vient de l'édition traditionnelle, « internet est à la fois un média et un canal de distribution ». « On a la capacité de dire quelque chose et celle de le diffuser, explique-t-il. L'éditeur récupère également la possibilité de discuter avec son lecteur. On peut faire des opérations de promotion, donner envie. C'est très intéressant et ça change la donne. »
    Surtout, ça peut payer ! Preuve en est que le succès rencontré par Crise au Sarkozistan, un pamphlet préfacé par Daniel Schneidermann. « Ce qui m'a frappé, commente Jean-Marc Savoye, c'est que nous avons vendu 23 000 exemplaires d'un livre que personne n'avait vu. Les lecteurs ont fonctionné à la confiancec. C'est un signe avant-coureur que les gens sont prêts à acheter des fichiers. On se dirige vers une dématérialisation des supports ». Avec, comme pour la musique, un risque de piratage ? « On ne peut pas éluder ce problème, répond l'éditeur. Mais on ne consomme pas la musique comme la lecture ».
    Et si tous les écrivains faisaient comme Nabe ? « A mon avis, ça restera marginal, conclut Jean-Marc Savoye. Je ne crois pas que les éditeurs vont disparaître. Il y aura de nouveaux rapports de force économiques. Mais le créateur, son truc, c'est de créer. Il ne veut pas forcément mettre la main à la pâte. Eh puis ça va devenir d'une très haute technicité. L'auteur sera incapable de gérer tout ça. D'autant plus que tout est en train de se mettre en place, et que de nouvelles compétences apparaissent. Nous, ce que nous apportons, c'est justement cette valeur ajoutée. »

    Lionel Chiuch