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Quelques idées reçues sur Pierre Desproges
Pierre Desproges est en train de devenir l’humoriste français le plus adulé par ceux qui pensent bien : pas de racisme, pas de vulgarité, de l’esprit, une maîtrise impeccable de la langue et des jeux de mots, très au-dessus d’un Coluche vulgaire et parfois raciste, d’un Bigard encore plus vulgaire et très limite sur le 11 septembre, sans parler d’un Dieudonné qui est devenu la branche humoristique d’Al Qaida. Il n’est pas risqué de citer Desproges, c’est même subventionné, alors je vous le demande, était-il si bon que ça ?
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Desproges était courageux, la preuve, il tapait sur Le Pen ! Tout le monde tapait aussi sur le Pen, pourtant… On se souvient de sa fameuse phrase : “Il y a plus d’humanité dans l’œil d’un chien quand il remue sa queue, que dans la queue de Le Pen quand il remue son œil.” L’animalisation n’est pas terrible comme genre d’humour, ni comme genre d’argument. En 2002, des lycéens défilaient dans la rue en animalisant le Pen, ce qui montre le niveau. On pourrait même être polémique en rappelant que les nazis animalisaient les juifs, preuve de l’absurdité du procédé. De plus tout le monde semble avoir oublié le début de cette citation, qui n’est en effet jamais reprise, on comprend pourquoi : “Cet homme-là n’est pas humain“. Quel humour! Quelle classe! Se réclamer de vertus antiracistes et renvoyer un homme politique à un statut de sous-animal, et de non-humain, eh bien, il semble là-aussi qu’on soit assez proche de l’idéologie totalitaire, qui déshumanise les opposants politiques. Ça force le respect en effet.
Toujours pour vous permettre de comparer, regardez ce bougre de Nabe, et dites-moi lequel est le plus subversif, le plus courageux et le plus lucide sur le Pen :
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