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(Where are you) my generation (?)
Il y a 45 ans, le jeune groupe The Who défendait avec fougue sa g-g-g-generation. Aujourd’hui, le (très bon) groupe parisien The Mantis préfère scander en boucle «Where are you my generation ? I don’t like my generation».
Il y a 25 ans, le jeune écrivain Marc-Edouard Nabe clamait son dégoût d’une époque fade et aseptisée. Aujourd’hui, il y a de la place pour bien d’autres.
Pour nuancer, je sauve relativement les jeunes vingtenaires, qui ont eu le courage d’aller chercher un peu de radicalité esthétique dans ce que le passé a de meilleur. Mais pour nous, nés au début des années 80, c’est le désert quasi-total. Elevés aux séries bidon, aux films sans âme et à la musique formatée, nous n’avons même pas été foutus de nous rebeller. Quant à nos productions artistiques, elles sont généralement aussi faiblardes que nos références. Le conformisme mou semble de rigueur. C’est peu dire qu’on se sent un ovni quand on ose dire en société que Tarantino est plus coolos que génial et que les bidouillages dépressifs de Radiohead ne nous font plus rêver depuis longtemps. La génération Lost est-elle une lost generation ? J’attends toujours la preuve du contraire.
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