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    Accueil Sur Nabe Presse 2011 Stévenin raconte sa relation avec Lucette dans le Hors Série Céline de Télérama - Juin 2011

    Stévenin raconte sa relation avec Lucette dans le Hors Série Céline de Télérama - Juin 2011

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    Ce n'est pas parce que Marc-Édouard Nabe a mis le plus grand soin à effacer sa propre présence dans Lucette, que Jean-François Stévenin doit se croire autorisé à systématiquement le gommer à son tour. Depuis la parution du roman de Nabe en 1995, Stévenin, qui n'en est que l'un des personnage principaux, s'est plus d'une fois laissé prendre sans mot dire pour l'auteur. A la sortie du livre, on l'invitait pour éviter d'inviter Nabe, et le moins qu'on puisse dire c'est qu'il ne faisait pas de gros efforts pour rappeler que quelqu'un d'autre avait écrit le livre sur lequel on l'interrogeait à la radio. Aujourd'hui, dans le lamentable Hors-Série Céline de Télérama, Stevenin prouve une fois de plus qu'il ne sera jamais à la hauteur devant aucune écriture, et pas seulement devant Nord.
    Ah ! ces acteurs ! Après avoir représenté Nabe en petit Brasillach (ben voyons !) et pris les pincettes d'usage sur Bagatelles, il n'y a qu'à voir comme sur Céline, quand il s'agit de retrouver tel détail d'Un Château l'autre, Stévenin préfère convoquer l'expertise de son copain Fabrice Lucchini. Un histrion aigri, narcissique plein de vide lui sera toujours moins étranger qu'un véritable écrivain.


    Stévenin raconte sa relation avec Lucette dans le Hors Série Céline de Télérama - Juin 2011Stévenin raconte sa relation avec Lucette dans le Hors Série Céline de Télérama - Juin 2011Stévenin raconte sa relation avec Lucette dans le Hors Série Céline de Télérama - Juin 2011

    Stévenin raconte sa relation avec Lucette dans le Hors Série Céline de Télérama - Juin 2011

    Stévenin raconte sa relation avec Lucette dans le Hors Série Céline de Télérama - Juin 2011

    Stévenin raconte sa relation avec Lucette dans le Hors Série Céline de Télérama - Juin 2011

    Jean-François Stévenin est un intime de Lucette Destouches, dont il est devenu le voisin à Meudon. Entre la vieille dame et le comédien, une vraie connivence, mais pas question, assure-t-il, du moindre projet d'adaptation cinématographique.

    • JEAN -FRANÇOIS STEVENIN

    Comment découvrez-vous Céline ?
    En Allemagne, en 1969. Je suis, pour la première fois, premier assistant sur un film. C'est un film allemand de Peter Fleischmann, un fou furieux. Il n'y a pas de second assistant. Équipe très réduite. Tournage fort improvisé et fantasque. Je dors trois heures par nuit, cinq mois d'affilée. Par hasard je tombe sur Nord, de Louis-Ferdinand Céline, qui vient de paraître en allemand. Quelques minutes avant le sommeil, chaque soir, c'est comme un bain de vigueur qui m'aide à tenir le coup et à bien relativiser mon sort plutôt privilégié finalement, vingt-cinq ans après l'Allemagne en flammes !... Plus tard j'ai lu en français. Et ses autres livres aussi. Alors là, c'était parti pour la vie !... Après, bien longtemps après, j'ai connu son épouse, Lucette Almanzor.

    Comment la rencontrez-vous ?
    Un soir je sors du cinéma Saint-André-des-Arts, à minuit. Une voiture s'arrête pile : Fabrice Luchini ! On passe deux heures à discuter debout dans la rue, on a embrayé sur Céline. Il m'apprend qu'il est en train de lire du Céline au théâtre et s'emballe : « Il faut ab-so-lu-ment que tu rencontres Mme Céline ! C'est ma dernière dimanche en matinée ! Je vous mets deux places au balcon et ensuite on rentrera à Meudon avec elle, on mangera des petits gâteaux ! » Quand le dimanche arrive, je trouve une bonne raison pour ne pas y aller... Trop d'émotions d'avance...
    Une autre fois, un copain me dépanne de sa moto (de collection ! pour aller visiter en banlieue une amie qui vient d'accoucher. Au retour l'envie me prend, pour la première fois, d'aller renifler la légendaire route des Gardes et peut-être d'apercevoir la maison du « Maîîître »... Ah c'est bien gardé ! La route est en travaux, barrée. Et retournée sur toute sa longueur par les pelleteuses ! Je risque doucement la moto-bijou... et finis par dénicher le portail bleu... J'ai le cœur qui bat, mais je ne risque pas de sonner. Je me souviens encore de la pancarte « chien méchant » avec la photo d'un chien gentil sous plastique pour la protéger de la pluie !
    Encore cent ans passent... Mai 1991. Jackie Berroyer débarque sur mon bateau, à la Bastille, et me présente son ami, le sulfureux Marc-Édouard Nabe. Je n'aime pas trop son nom pseudonyme, ni son petit air de fin Brasillach. Mais la soirée vire bien et, à un moment, nous voilà partis tous les trois sur Louis-Ferdinand Céline, et là, ça vibre à l'unisson joyeux ! Marc-Édouard connaît bien Mme Destouches et décrète soudain qu'il serait vraiment dommage qu'on ne se rencontre pas. On n'a qu'une vie. Il est très sérieux. La « fée » donnera son feu vert et une date précise pour... trois mois plus tard, en septembre !...
    La date approche. Mon fils Robinson (10 ans) est au courant. Je suis avec lui, au Portugal, où il joue dans son deuxième film. Il pressent que je vais rester et me coince : « Papa, j'ai l'impression que Mme Céline c'est important pour toi. Tu vas quand même pas t'arranger pour louper l'avion ? »...
    ... On est arrivés bien à l'heure avec Marc-Édouard et Berroyer et des gamelles d'un gros couscous acheté au resto d'en bas, histoire de nous occuper les mains. En fin de soirée, elle m'a demandé, à propos de mon envie cinématographique du livre : « Pourquoi Nord ? » J'ai bredouillé trois ou quatre trucs sur le stylisé... ça a été le début d'une belle route ensemble.

    Elle est devenue un personnage essentiel dans votre vie ?

    Absolument. Ça a commencé léger, c'était : « Stévenin, vous êtes libre mardi prochain ? Venez donc dîner. Il y aura les Untel et Untel... » Le fin cercle très fermé des amis de longue date. J'étais tout fier!... Maître François Gibault — son très fidèle cerbère, avocat, ami et biographe de Céline —, c'était un peu le tôlier, à Meudon. Il m'a bien accueilli, au début. Mais je l'ai vite appelé Gibolin, comme dans les Deschiens ! On était si différents en tout, Lucette s'amusait de nos taquineries infantiles. Les trois chiens qui faisaient le tour des invités mettaient vite tout le monde d'accord.
    Avec Lucette, on n'a pas tardé à se voir de plus en plus souvent. Et à vadrouiller. C'était une expo rare de bols chinois au Bon Marché, un pot de chocolat à une terrasse de l'île Saint-Louis, où elle était née. Elle me racontait quand elle était petite, moi pareil. Tous les deux, on est enfants uniques. Comme Louis. Ça nous a sans doute rapprochés... Le centre commercial de Vélizy nous plaisait bien aussi. Elle est venue sur le bateau à Bastille.
    Des mois ont passé, et quelques années... On a voyagé. Souvent c'était Dieppe, avec nos chiens. Et avec Céline, toujours si présent. Et encore plus à Dieppe, pour plein de raisons... C'est là qu'on est allés au cinéma voir Love Streams, de John Cassavetes. Après, on a cavalé pour rentrer. Il y avait un reportage sur Robert Le Vigan en Amérique du Sud. Elle ne l'avait pas revu depuis l'Allemagne en flammes! Sa télé était toute floue, j'en enrage encore. Mais on percevait quand même la Vigue et des bribes de sa voix. « Oh le cochon ! Il s'est déguisé en Louis, avec cette houppelande, il l'imite !... » Lucette avait un cormoran attitré, avec une seule patte, qui débarquait dès notre arrivée. Elle l'appelait Jonathan.
    Une fois nous sommes partis à Menton, où il lui restait de sa mère une chambre de bonne, là où ils avaient atterri avec Louis après l'interminable galère danoise. J'en passe bien sûr et des meilleures, qui n'en finiraient pas... Ah, le Jura aussi. Chez moi dans ma tanière bricolée depuis le tournage de mon film Passe-montagne. Le lac gelé à moins 20 avec la neige qui frise en diamants, Lucette campée au milieu, tout en noir avec une chapka.
    Avec Lucette, c'était toujours joyeux et très canin ! On se racontait nos vies jusqu'à point d'heure, bien gourmands tous les deux de ces instants privilégiés... Marc-Édouard en a fait un « roman », publié dans la collection Blanche chez Gallimard : Lucette. Ça raconte bien et mieux. Il l'a commencé sur le bateau, le jour historique pour moi, où avec Claire et les enfants on a plié Bastille pour aller s'amarrer à une place précaire que j'avais trouvée vraiment par hasard (?!...) juste dans la courbe de Meudon !... face aux usines Renault et pile en bas de la ruelle aux Bœufs, où Céline boquillait vers ses malades fauchés et ses visions de Charon en furie à grands coups de ses rames vengeresses de je ne sais plus quel livre ! Il faudrait demander à Luchini. C'est trop mimi, non?

    Que pensez-vous de ce qui est dit aujourd'hui de Céline ?

    Le discours bla-bla officiel, c'est que côté littérature, Céline, c'est un renouveau flamboyant de la langue française, l'un des plus grands écrivains de ce siècle, mais que, côté humain, c'est sûr que c'est un parfait ignoble dégueulasse... L'effet irréversible à jamais des pamphlets antisémites. Parlons-en un peu, c'est obligé, mais c'est pas facile, même en 2011 !... Si tu arrives à ravaler tes premières nausées et que tu replonges à travers les trois premières vagues bien immondes des pamphlets, après tu vogues sur des moments d'absolue frénésie paranoïaque, mais littéraire! C'est tout le problème de trop de talent!... Céline c'est le gros lot : l'écrivain génial et aussi le pamphlétaire hallucinogène défoncé de rages impuissantes devant la nouvelle catastrophe mondiale qu'il voit venir (Hitler-Staline)... Moi, j'ai l'intime conviction que cet écrivain-médecin vivait dans la compassion et l'effroi du genre humain. Lui, le jeune Destouches, déjà bien rescapé de la grande boucherie de 1914, va risquer sa thèse de médecine sur La Vie et l'Œuvre de Philippe Ignace Semmelweis, le surdoué mais peu diplomate médecin accoucheur hongrois viennois, qui cassa la fièvre puerpérale vers 1850 et conseilla en gros à ses confrères de simplement bien se désinfecter les mains entre leurs dissections du matin et leurs accouchements de l'après-midi. L'Europe médicale ricana, il en devint fou et totalement abandonné. Jusqu'à son sursaut dingo vers l'amphithéâtre d'anatomie, où, bousculant le cercle des étudiants affairés, il se charcuta et barbouilla si vite et bien de lambeaux cadavériques que la « puerpérale » le rattrapa peu après pour une longue agonie... Le jury a dû faire une drôle de tête, car le postulant Dr Destouches avait envoyé fort, avec déjà son style de futur Céline.

    Comment qualifieriez-vous son style ?
    Libre ! D'abord bien secouer l'éventuel lecteur pour qu'il s'accroche un peu, puis le faire marrer, pour qu'il entre doucement dans la danse, et s'abandonne avec délice dans les bras de son cavalier Céline... qui ne le lâchera plus, « chroniqueur fidèle » de lui-même à travers un demi-siècle... Que du vécu à fleur d'âme... Même dans ses correspondances du jour, pas prévues pour la postérité, juste crachées du tac au tac. Chaque lettre, c'est du cash. Tout le bonhomme y est. Et aussi son destinataire !... Et c'est drôle ! Surtout les lettres à Gaston Gallimard et à Roger Nimier. Et on se marre à imaginer le vieil imprécateur usé, mais toujours jubilant, arc-bouté sur ses crayons ! C'est pour moi revigorant et me donne une énergie souriante pour torcher enfin des réponses aux administrations tracassières.

    Vous lui lisiez du Céline, à Lucette ?
    Non. Juste quelquefois... Les Lettres de prison, un bout d'Un château l'autre. On allumait un bon feu et on calmait l'infernal perroquet, successeur de l'autre Toto, celui qui cassait les crayons de Céline. Mais j arrêtais vite, car Lucette embrayait direct, comme si c'était hier... Une profusion enjouée dont je ne peux témoigner en quelques lignes. Sauf pour dire sa spontanéité lumineuse. Et jamais une plainte, aucun attendrissement nostalgique. Et j'apprenais comment elle avait toujours protégé son mari contre lui-même, plus qu'il ne l'a jamais su. Depuis le début...
    Avec Claire, mère de mes enfants, on s'est enfin mariés. A Meudon. Officiel. Pour le soir on avait improvisé une balade en bateau sur la Seine. Lucette est venue sans prévenir, avec un cadeau, une lanterne de bateau, « pour éclairer [n]otre chemin de vie ». On nous l'a volée peu après, j'en étais effondré, mais Lucette m'a souri : « Ce n'est pas grave mon petit. Moi on m'a tellement tout pris et même foutu le feu à la maison ! deux fois incendiée. C'était après Louis, heureusement... »
    Un soir du 15 juin, on était derrière la maison, tout en haut du terrain, avec les chiens. Nous parvenaient les effluves sonores de Johnny Hallyday, qui sonnait ses 50 ans dans un méga-concert au Parc des Princes. Elle : « Pour jouer Céline au cinéma, il serait bien lui... votre ami le chanteur. Il a le même genre d'allure un peu... western et le regard... Clint Eastwood ne serait pas mal non plus. » Des anges nous effleurent dans le ciel de Meudon avec le grand Johnny pas loin, qui rugit jusqu'à nous...

    Justement, Céline est-il un écrivain cinématographique ? Comme on peut le penser en lisant D'un château l'autre, avec ce décor incroyable, tous ces détails si imagés ?
    Non! C'est un piège! Un leurre, comme pour Simenon, dont quasi tout a été adapté et tourné, pour peu de bons films au final. L'atmosphère, les odeurs, le vague à l'âme... Pour Céline ce serait encore plus improbable. Dans Nord, par exemple, tout est indiqué, précis, comme s'il prévoyait le tournage. Et en plus bien stylisé pour que ça ne coûte pas trop cher... Pas la superproduction délirante d'avions et de figuration massive. Baden-Baden, leur première étape ? le petit ruisseau du casino, avec un banc, une sombre suite d'hôtel où les puissants partouzent pour fêter ce 20 juillet 1944, l'attentat contre Hitler, dont le portrait officiel a été barré d'un crêpe noir et mis à l'envers. Berlin ? une poignée de petits vieux qui ramassent un immeuble bombardé en petits tas bien rangés. Un bureau Photomaton-passeport, un wagon de métro. Leurs chambres à l'hôtel ? quelques mètres cubes de gravats au deuxième. Après, c'est plus au nord (et toujours à l'économie stylisée !) : leur grabat assigné, genre cachot, dans un petit coin rond du donjon, avec une meurtrière qui regarde vers l'est bien boueux, des oies grasses en bataillon serré, des orties, le salon des hobereaux infernaux très hostiles, le réfectoire austère pour le personnel, la carcasse d'un avion en plein champ, un petit cimetière huguenot abandonné et la chapelle rongée de ronces. Bon, bref, j'arrête ! Tout est pour moi gravé depuis si longtemps (1969) que j'ai l'impression que j'étais avec eux ! Et les soirées avec Lucette me l'ont comme confirmé !... Mais un jour un film ? J'y crois pas... À moins que...

    Lucette et Céline, c'est une grande histoire d'amour.
    Et qui continue toujours! Inconditionnelle, totale... Elle m'a évoqué le début : elle, jeune danseuse travailleuse acharnée, et déjà bien cotée (Opéra, etc.), courtisée par ce médecin magnétique, qu'elle acceptait de rencontrer, entre deux entraînements, au jardin du Luxembourg. Il lui faisait manger des croissants en éructant sur la prochaine guerre toute proche, le tsunami qu'il sentait venir et prévoyait d'amplitude bien pire que celui de 1914, avec millions de morts jusqu'à l'Oural et goulags... Elle n'y entendait rien, Lucette (qui n'avait pas lu Voyage au bout de la nuit !...). Elle était toute jeune et vivait pour la danse. Pour Céline, la danse fut toujours source d'émerveillements et d'accalmies. Sa féerie à lui.
    Ainsi Lucette devint sa fée, pour l'éternité... Elle me racontait leur été 1936. Les premiers congés payés? Non, nada !... Juste que Louis avait dû remplacer un médecin en Bretagne, pour gagner le peu d'argent qu'il fallait bien... Dès leur arrivée, il a viré les meubles astiqués du salon au garage, pour qu'elle puisse s'entraîner et danser dans un espace correct. Elle en riait encore, et comment la bonne s'était sauvée !...
    Et plus tard, en 1944. Céline a fait pareil à Sigmaringen, au-dessus de chez le maréchal Pétain et du gouvernement français en exil !... Pour qu'elle ait toujours un espace à elle pour danser, sans qu'on la dérange, guerre ou pas... Plus tard au Danemark, lui au fond d'une prison, attendant son extradition pour la France et ses tribunaux d'épuration, elle donnant ses cours de danse clandestins dans la halle aux poissons, son gros souci à lui... Bref, c'est chez Gallimard, Lettres de prison...

    Vous avez eu l'impression de rencontrer l'homme en écoutant Lucette ?
    Oui. Un genre de proximité. Mais je n'étais plus chez l'écrivain mondialement connu... ni dans ses livres. Juste en plein chez lui quand même !... Tranquille au coin du feu avec les chiens, et avec sa fée toujours lumineuse et illuminée de lui ! Elle m'a mis en prise directe avec son homme en souffrance, vraiment épuisé, mais acharné chaque jour à noircir une page blanche depuis qu'elle l'avait rencontré. Céline avait pris perpette d'écriture ! Et purgeait chaque jour la peine qu'il s'était lui-même infligée, de transmettre — le plus joyeusement possible ! — son Voyage et ses visions de notre planète bien mal barrée, à coups d'ego et de tactiques pour le pouvoir ! Plus le pognon et la religion !...
    Mais j'ai surtout rencontré cette fée moi aussi, toujours enjouée, supportant mes patauderies et accélérations un peu foutraques. Elle m'a deviné, accueilli sans aucun reproche dans certains virages de ma vie : « Mon p'tit! je vous connais comme si je vous avais fait !... »
    Elle a aussi enchanté tous mes enfants, toujours ravis d'aller visiter cette grand-mère pas comme les autres dans son territoire magique. Pierre, elle l'a connu tout bébé et nous prédisait qu'il n'en ferait qu'à sa tête! L'autre jour on est passé avec Salomé, elles se sont vite branchées sur la danse et sur l'avenir! Elle l'avait initiée à ses premiers pas il y a vingt ans.
    Je lui ai souvent fait mes confidences, à Lucette. Elle jamais... juste des pointillés... des élégances de danseuse... et des sourires qui en disent long, surtout avec ses regards qui font les accents aigus ou graves.

     

    PROPOS RECUEILLIS PAR GUILLEMETTE ODICINO
    PHOTOS : JEAN-LUC BERTINI POUR TÉLERAMA