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    Accueil Sur Nabe Presse 2011 Natacha Wolinski continue de penser à Nabe dans ses chroniques - Beaux Arts - Juillet 2011

    Natacha Wolinski continue de penser à Nabe dans ses chroniques - Beaux Arts - Juillet 2011

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    Natacha Wolinski continue de penser à Nabe dans ses chroniques - Beaux Arts - Juillet 2011Natacha Wolinski continue de penser à Nabe dans ses chroniques - Beaux Arts - Juillet 2011

    Marketing à la page

    Chronique - par Natacha Wolinski

    Il y a quelques semaines, rue de Rennes à Paris, une jeune femme postée devant un vieil autobus à plateforme distribuait sur un air d'accordéon le premier chapitre d'un ouvrage intitulé Saga parisienne (ed. Parigramme). L'auteur, Gilles Schlesser, est un ancien publicitaire reconverti romancier. Vendre ses écrits à coups de flonflons ne l'effraie pas. Face à l'offensive numérique, le marketing du livre papier n'a d'autre choix que de s'enflammer et se renouveler.
    En mars dernier, on pouvait voir d'étonnantes affiches placardées à Saint-Germain-des-Prés. Elles jetaient des noms de stars en pâture aux badaux : « Bernard-Henri Lévy », « Frédéric Beigbeder », « Elton John »... « sont les héros du nouveau roman de Marc-Édouard Nabe, l'Homme qui arrêta d'écrire. » La pratique de l'autoédition exige de l'auteur qu'il sorte du bois et prenne lui-même en main son petit business d'auto-promotion. L'histoire ne dit pas si Nabe en personne a collé ses affiches.
    A New York, deux écrivains ont expérimenté récemment des méthodes inédites de marketing. L'un, anonyme, a choisi de placarder des extraits de son roman Holy Crap dans la rue. un teasing en forme de parcours fléché, à travers tout l'East Village de Manhattan. L'autre a pris l'initiative d'ouvrir une librairie où il ne vend... que son propre ouvrage. Andrew Kessler dit s'être inspiré des meatball shops, ces restaurants de la Grosse Pomme qui ne vendent que des boulettes de viande. Avec ses piles et des rayonnages d'un seul et unique titre, l'écrivain et « mono-bouquiniste » Kessler explore surtout le concept d'installation artistique. Concept fructueux s'il en est, puisqu'il a vendu en quelques semaines plus de 500 exemplaires d'un livre dont le titre à rallonge aurait dû faire fuir n'importe quel lecteur normalement constitué : Été martien : bras de robot, cowboy de l'espace, et mes 90 jours avec la mission Phoenix sur Mars.