Vues sur Marc-Édouard Nabe
Alain Zannini de son vrai nom, un torrent festif où bouillonne une eau gargantuesque, violente et
passionnée,comprenant des origines éparses, Corse, Italienne, Turque, Grec, tout cela se contorsionne
et se renverse voluptueusement, tohu-bohu dans l'estomac de la littérature, celle-ci, loin d'être avachie
sur le marbre solide de la mollesse actuelle, Nabe, Marc-Edouard NABE y repose sa main belle,
osseuse et épaisse à la fois, ferme dans lequel elle y tient, ferme et décisive, la plus belle plume
française du XXI ème siècle.
Maudit dit-on, lequel est plus à même d'être le plus méprisant, définitivement ? Non, ce n'est pas lui qui
porte si bien l'injure comme une médaille, car trop Noble, seul les gens de lettres sont les maudits à crever,
les canailles et les pleutres de l'intelligantsia française, voilà les nouilles impardonnables qui ont fait
du tord à l'Homme juste, car Nabe est le digne éritier de ses pairs, Léon BLOY, André Suarès*, Céline,
Dostoeivski et d'autres constellations* sublimes.
Beaudelaire fut ainsi nommé, poète maudit, à son époque, ce terme n'est pas si nécessaire à la floraison
de l'aura subversive de l'artiste, il faut bien y mesurer la portée d'une telle appellation, si romantique
soit-elle, il n'apporte rien de plus à la grandeur ni échelon valable, à la construction d'une OEuvre,
car celle-ci, de par sa nature profonde et originelle, tient toute seule, fière et droite, tel un cyprès vissé
dans la terre brune de sienne brûlée, au coeur du plus parfait paysage Provençale.
Alors enfin, que l'âme peut s'élever, sans l'ombre d'un diable alentour, lui empêchant sa destinée,
la Providence royale lui donne raison, ce en quoi, Marc-Edouard Nabe, malgré ses pérégrinations,
dans un soit-disant "insuccès", récolte bien plus de Victoire qu'aucun n'en à pu rêver dans une vie.
Depuis "Au régal des vermines", il n'a cessé d'échapper à la règle abominable des bien-pensants,
ses slaloms sont de purs déhanchements d'écrivain habile et à la fois, Karmikaze, car l'Homme est
aussi avant tout un sacrificateur de ses pensées, il tombe nez à nez avec ses ennemis, pas même
dans l'ombre mais au plein coeur du Forum Romain, à la française, c'est-à-dire, Paris.
Il est gladiateur obstiné, de taille modeste de par nature, l'oeil rond et affamé, un ovule rétinien où
est bercé tant d'hallucinations, propice à l'éclosion du Verbe, un nez long, aigu et tendue en une flèche,
rieuse et cabrée par le soleil, bandant dans le ciel "Zénithale", chaud et sexuel,
parfumant son environnement de tant d'amour, de femmes et de Jazz, ce nez là est le flair
de l'inspiration explosée. Sa bouche mince, à l'air pincée est, un dessin qui se révèle,
encore si fin sur ses bords, deux lèvres ayant toujours le charme de devoir bouger,
s'entrelacer et s'unifier dans un monde où le souffle, devient ouragan, emportant tout,
sans en analyser si bien et mal s'y confondent, voilà le tumulte de la Vérité sortir de cette
bouche, rieuse et défiante, une caverne d'Ali Baba, ce sésame-là ne s'ouvre
que par celui d'une Femme, la jument sacrée de l'écrivain.
Cet homme, si chevalier dans les allures de son esprit n'est, une "triste figure", il est le verso d'Hidalgo,
son visage, dans le contraire, est joyeux, une gaieté Dionysiaque et salvatrice, elle travaille à nous modeler
des clés toujours plus pénétrantes, dont les grilles, les portes et les portiques en sont le clitoris familier
du lecteur en quête de sens, de ses cinq sens, prêts à orchestrer une orgie succulente,
à l'oraison funèbre de l'Occident.
Il est le messager des ruines Antique, qui n'ont l'air que d'un oeil, à demi-clos,
le sommeil n'est pas l'apanage de notre homme, il arrive à ériger hors des eaux barbares de
notre temps, toute la beauté et la vérité que lui ont enseigner ses maîtres.
Tout en étant hors de l'eau, vis-à-vis de la distance de son orteil, jadis plongé dans la lie Parisienne,
Nabe se hisse, à l'aide impériale d'Hélios, sur le char brocardé d'Or dont le Dieu
vient répandre sur le monde, bon ou mauvais,
la part de Lumière sur chacun.
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