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Liste des articles "Ils en parlent"
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    Le site des lecteurs de Marc-Édouard Nabe

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    Emmanuel Carrère - Limonov - 2011


    Nous serons moins sévères que Patrick Besson pour signaler à Emmanuel Carrère quelques oublis. C’est un travail correct de pseudo-biographe romancier, qui, s’il récupère un peu de la mauvaise réputation de Limonov, ne peut que lui faire du bien. Mais pour les lecteurs attentifs de Nabe et connaisseurs de notre site, son livre ne nous apprend rien de bien particulier... Quoi qu'il en soit, Carrère a l’honneteté de faire son coming out de bien-pensant médiocre des années 80 qui n’a pris conscience que récemment qu’il était du mauvais coté de la barricade. Quant à la relation Nabe/Limonov, elle est esquissée dans un article de Laurent Binet paru dans Marianne, et nous la complétons ici grâce à Kamikaze et des articles de L'Idiot. Nous y voyons pour notre part la raison principale de la fracture entre Edward et le milieu littéraire parisien en 1989.
    Enfin, voici un article publié en Russie que nous avions déjà traduit en 2010, où le national bolchévique donneur de leçons Limonov montre son affectueuse méconnaissance du travail de Nabe depuis qu’ils ne se sont pas vus (1990).

    Emmanuel Carrère - Limonov - 2011Emmanuel Carrère - Limonov - 2011

    Emmanuel Carrère - Limonov - 2011

    Emmanuel Carrère - Limonov - 2011

    Emmanuel Carrère - Limonov - 2011

    Emmanuel Carrère - Limonov - 2011

    Emmanuel Carrère - Limonov - 2011

    Emmanuel Carrère - Limonov - 2011

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    On était contre tout ce qui est pour, pour tout ce qui est contre, avec pour seul credo : nous sommes des écrivains, pas des journalistes ; nos opinions, ne parlons pas des faits, comptent moins que notre talent pour les exprimer. Le style contre les idées : vieille antienne qui remonte à Barrès, à Céline, et trouvait son chantre idéal en Marc-Édouard Nabe, affreux jojo en chef de L'Idiot, capable d'exiger et d'obtenir le titre : « L'abbé Pierre est une ordure » – mais on trouve toujours plus vicieux que soi et Nabe, qui avait un jour écrit un article ultraviolent sur Serge Gainsbourg, a très mal pris qu'Hallier le republie, sans son accord et en le déclarant « infâme », le lendemain de la mort du chanteur.
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    Ainsi Édouard a-t-il commencé à écrire en français et à venir aux réunions du comité de rédaction de L'Idiot, qui se tenaient dans le grand appartement du patron, place des Vosges. On commençait à la vodka à dix heures du matin, on finissait à l'aube. Quand la faim se faisait sentir, Louisa, la gouvernante de Jean-Édern, cuisinait des macaronis. En plus de ceux qui faisaient effectivement les huit pages hebdomadaires de L'Idiot, les gens les plus divers passaient, s'incrustaient, se querellaient et, au lieu de les calmer, le maître de maison, ravi, envenimait leurs querelles : c'était sa joie, et le carburant de son journal. La première fois qu'Édouard est venu, il y avait Patrick Besson, Marc-Édouard Nabe, Philippe Sollers, Jacques Vergès. On attendait Le Pen, finalement c'est le syndicaliste Henri Krasucki qui est venu, et Sollers s'est mis au piano pour chanter L'Internationale. Gabriel Matzneff s'est déclaré enchanté de lire, à côté de l'article où lui-même tressait des couronnes à « Michel Gorbatcheff » – comme il tenait à orthographier son nom –, celui où Limonov réclamait pour le même Gorbatchev la cour martiale, puis douze balles dans la peau. Matzneff, conforme à sa légende, a poussé l'élégance jusqu'à féliciter son jeune confrère pour ses progrès en français.
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