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Évoquons maintenant quelques hurluberlus que vous avez sélectionnés. Marc-Édouard Nabe d'abord. Pourquoi ?
Après tout ce qu'il a dit sur moi, j'aurais beaucoup aimé ne pas mettre Nabe dans ma liste mais c'était impossible. Ce livre aurait été disqualifié si Nabe n'y était pas, parce que j'ai eu pendant dix ans de ma vie une énorme admiration pour lui et son journal. C'est donc une question d'honneur. Si je n'avais pas mis Nabe, j'aurais été à mes propres yeux un imposteur. Ce mec a un truc à lui, il a une espèce de folie impudique, un lyrisme mégalomane fascinant, qui va de Au régal des vermines jusqu'au quatrième tome de son journal. On a un écrivain qui est vraiment important, au même titre que pouvait l'être Léautaud.
Ce n'est pas un « sous-Céline » pour vous ?
Je dis pire dans mon livre. Je dis qu'aujourd'hui, c'est devenu un « sous-Jean-Edern Hallier ». C'est quelqu'un sur qui on pouvait légitimement fonder de grands espoirs. Mais aujourd'hui, il est entré dans une sorte de raisonnement très paranoïaque, de haine, de frustration, de jalousie bête face à Houellebecq. Ses livres sont moins intéressants. Pourtant, ce type a quelque chose qui relève de la légende, et j'aime les légendes... S'il se débarrasse de son complexe de persécution, il peut encore nous étonner.
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