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    Accueil Sur Nabe Blogs, Internet,etc. Krapouk contre Krapouk - Ainsi parlait un Enculé - 27 octobre 2011

    Krapouk contre Krapouk - Ainsi parlait un Enculé - 27 octobre 2011

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    Ainsi parlait un Enculé

    L'Enculé

    Avez-vous déjà eu cette impression que tout est lié ? Non seulement que tout est lié, mais qu’en plus vous le comprenez. Tout parait évident. L’explication à l’intrigue de ce court-métrage réside dans cette discussion échangée avec un proche. La problématique de cette exposition rappelle exactement les paroles de cette chanson entendue le matin même. Ce sentiment m’a traversé à la lecture de L’enculé de Marc-Edouard Nabe. Roman que l’on ne peut trouver que sur http://www.marcedouardnabe.com/ et qui revient un peu cher (je peux vous le prêter si vous promettez de ne pas écorner les bords).

    Sans revenir sur le concept d’anti-édition développé par l’auteur, force est de constater que l’on imagine mal un éditeur publier un tel livre. L’intrigue est connue et fut excessivement médiatisée : un patron du FMI se fait arrêter par la police américaine suite à ce qu’il se serait passé dans une chambre du Sofitel de New-York. « L’enculé », c’est donc le narrateur, DSK, qui dès la première ligne nous annonce : « Je suis un enculé. C’est drôle : c’est souvent ceux qui enculent les autres qu’on traite d’enculés. » Nous découvrirons ensuite qu’il se trouve dans cette fameuse suite, nous serons les témoins de la scène avec la femme de chambre, nous suivrons les évènements qui la suivent en partageant les pensées du protagoniste principal. Outre le fait qu’il est rempli d’épisodes hilarants et inattendus, c’est surtout le plaisir de voir un romancier au travail sous nos yeux qui réjouit. Un artiste doit nous faire voir ce que nous ne sommes pas capables de distinguer seuls et c’est ce que fait Nabe en racontant les derniers mois de ce président du FMI dont le nom n’est jamais cité, mais dont la femme porte celui d’Anne Sinclair et le chien de Martine Aubry.

    Serguei m’avait conseillé il y a quelques mois la lecture de Philippe Muray. Celui-ci écrit dans Désaccord parfait que le genre romanesque est moribond et que « le seul roman capable de dire à la fois sa propre disparition et la réalité qui l’entoure serait celui qui incorporerait cette « fin » du roman dans son déroulement même, et refuserait de se détourner de la description d’une société qui s’est depuis belle lurette recomposée (ou décomposée) en dehors de tout soucis littéraire (si elle en a jamais eu). » C’est exactement ce qu’a réalisé Nabe avec son précédant livre L’homme qui arrêta d’écrire dont les premières phrases sont : « Bon, ben voilà, ça y est, c’est fait. J’ai arrêté d’écrire. » et dont les sept cents pages qui suivent resteront comme une étude parfaite de notre temps post-moderne. Tout est lié.

    « Le pouvoir presque invisible des médias, par le fait même qu’il exprime l’intérêt général, est parvenu à ôter à la plupart jusqu’à l’envie, jusqu’à l’idée de seulement juger par soi-même. Qui oserait remettre en question la nouvelle union sacrée ? Qui, hormis un romancier, une fois encore, s’il s’en trouve un pour se dévouer ? » Vingt-quatre ans après ce questionnement de Muray, Nabe est ce bon apôtre.