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    Accueil Sur Nabe Presse 2011 Critique de L'Enculé dans Chronic'Art - novembre-décembre 2011

    Critique de L'Enculé dans Chronic'Art - novembre-décembre 2011

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    Critique de L'Enculé dans Chronic'Art - novembre-décembre 2011Critique de L'Enculé dans Chronic'Art - novembre-décembre 2011

    MARC-EDOUARD NABE - L'Enculé (marcedouardnabe.com)

    Si l'affaire DSK / Nafissatou Diallo a été si exaspérante pour le commun des mortels, c'est bien sûr parce que nous (nous tous) n'étions pas dans la suite 2806 du Sofitel de Manhattan ; et parce que nous n'avons pas vécu, après le petit dérapage pourtant « cataclysmique », aux côtés du couple le plus soudé de la Terre dans l'épreuve la plus périlleuse de leur vie - comme Bill et Hillary (l'idole d'Anne Sinclair) Clinton en leur temps. Voilà le premier mérite, parfaitement exutoire et salvateur, de cet Enculé de Marc-Edouard Nabe, qui, en quelque sorte, nous rend justice dans cette saga médiatique infernale dont on sait à peu près tout sauf l'essentiel. « L'Homme qui arrêta d'écrire » a donc pris la plume pour s'immiscer dans la peau de l'ex-patron du FMI (qui va tout « foutre en l'air pour foutre un peu »), et nous faire revivre, par le menu détail, le déroulé des évènements, jusqu'au sketch des fausses confessions sur TF1 avec la « mère supérieure Chazal », avant un final fantasmatique improbable et hilarant. Résultat : 250 pages d'une causticité et d'une drôlerie absolues, une provocation d'une violence inouïe. Mais c'est surtout une « docufiction » d'une justesse assez bluffante, si l'on admet que l'on se fout éperdument de savoir si, en vrai, DSK est ce babouin nasique, nihiliste et antisémite, qui ne parle sincèrement qu'à sa bite et écoute des chants nazis pour agacer sa compagne ; ou si Anne Sinclair - qui prend cher - est bien cette cruche aveugle, népotiste et raciste, reluquant en boucle des documentaires sur la Shoah pour se donner bonne conscience (« Elle antisémitiserait le Consistoire et le Crif au grand complet ! »). Il va sans dire qu'aucun éditeur n'aurait pris le risque ni la peine de publier cette charge dévastatrice - qui promet sans doute à l'auteur quelques ennuis judiciaires. De l'avantage de l'auto (ou l'anti)-édition, qui permet à Marc-Edouard Nabe de vraiment tout s'autoriser, y compris de faire jouir son lecteur. « Comme dans du beurre, et sans beurre ».

    Cyril de Graeve