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Enculé de Nabe !
Compliquer de parler d'un bouquin de Marc-Edouard Nabe... Tu en dis du bien, tu passes pour antisémite et partisan des idées parfois nauséabondes véhiculées par ce bon vieux Nabe. Tu lui chies dessus et tu obtiens illico ta carte d'adhérent au grand consensus mou dont rien ne peut dépasser sous peine de mise au rencard... pfff... vraiment pas simple...
Alors, plutôt que de juger Nabe (ce personnage ambigu, ancien pote d'Edern-Hallier, collaborateur de l'Idiot International et de l'Imbécile de Paris, écrivain viré des éditions Denoël, créateur de l'anti-édition, électron libre aux prises de positions parfois limites et parfois justes - il faut lire son texte sur Siné, cela vaut le détour), lisons son dernier livre. L'enculé.
Et donc, c'est l'histoire de DSK et de son sofitel racontée par DSK lui-même. On voit bien la volonté de Nabe. Tenter de retrouver le geste célinien. Mais n'est Céline qui veut, et Nabe n'écrit pas non plus extraordinairement bien. Donc le livre n'est pas terrible. Et l'antisémitisme de Nabe peut se répandre quasiment à chaque page, ce qui devient un poil lassant. Mais, a contrario, beaucoup de passages sont très drôles (le personnage d'Anne Sinclair est plutôt bien réussi ou Martine Aubry en Bouledogue est assez assez touchant) et, in fine, on se laisse porter dans l'esprit tordu de ce DSK décrit ici, comme si il y avait là une part de vérité.
Les quelques tentatives de défense de ce livre (Chronicart, Schneiderman, Vignousse et quelques autres) se sont pris un retour du "milieu" en pleine gueule. L'immense liberté de Nabe est quelque chose de tout à fait étonnant et, paradoxalement, libérateur pour nous tous. Que l'on partage ou non ses idées, que l'on exècre ou pas le bonhomme, il y a ici, dans ce livre, comme souvent chez Nabe, une manière de nous rapeller que nous sommes définitivement des pisse-froids.
Et c'est assez jouissif, avouons-le.
Gilbert Cram
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