Lire l'article dans son contexte originel
mardi, 03 janvier 2012
Incipit
Je suis fatigué ces temps-ci, et pas très performant au travail, pas motivé non plus. Plus que 2h30 à tirer cet après-midi, mais je n'aime pas réagir comme ça! Il faut dire aussi que la lecture de Muray me fait considérer nos documents minables avec plus de lucidité que d'habitude (faux combats ou combats gagnés d'avance pour des causes qui ont convaincu tout le monde depuis belle lurette).
Je vais essayer de me procurer l'avant-dernier roman de Marc-Edouard Nabe. C'est un de ces livres que je veux acheter depuis longtemps, mais qui me fait hésiter. En l'occurrence parce qu'il n'est disponible que sur son site, mais j'ai découvert qu'il est en vente dans deux ou trois cafés parisiens. J'irai donc l'acheter un de ces quatre au Paname dans le 11e, ce qui m'épargnera les frais de port gourmands et aussi de devoir retirer le colis à la poste.
J'ai lu ce matin la tribune de François Hollande dans Libé. Pas fameux... Demorand a beau construire son édito sur le "moment opportun" de cette entrée en campagne en faisant appel au kairos grec, le candidat n'en sort pas plus vaillant car on ne peut s'y tromper à la lecture de son papier censé lancer officiellement les offensives électorales. Hollande dénonce la "présidence de la parole" et une "mystification grossière". C'est risqué quand on présente (nécessairement) une candidature de la parole. Transmettre à une "jeunesse impatiente" le "flambeau du progrès", bizarre utilisation d'une métaphore d'un autre temps. Et, qui ne s'en affligerait, parce que tu parles: "Notre vie intellectuelle et artistique demeure une des plus riches et suscite toujours l'admiration des peuples." Quant à cette "espérance [qui] n'est pas vaine", "fil rouge qui renoue le récit républicain"... Dans l'ensemble, l'argumentation est faible, malheureusement. Le papier repose sur quatre piliers: vérité, volonté, justice, espérance, qui sont l'occasion de dérouler les poncifs: "il faudra faire des efforts à condition qu'ils soient partagés", "redonner confiance aux entrepreneurs, aux salariés, aux fonctionnaires, aux chercheurs", "vivre en paix et en sécurité partout", etc.
Pour finir, que penses-tu de cette phrase de Muray, présentée comme en épigraphe sur son site?: "Le monde est détruit, il s'agit maintenant de le versifier."
Je m’ennuie de toi extrêmement. De jour en jour j’attends de tes nouvelles – et comme elles n’arrivent pas, je t'en demande. Que fais-tu? Que deviens-tu? Que lis-tu?
Je t'embrasse,
Pierre
| < Précédent | Suivant > |
|---|
Sur Nabe 


