Du rétro au réac, la France moisie
Dans la famille des rétrogrades, certains sont plus virulents : ce sont les rétros réacs. Non seulement ils haïssent notre époque, sont obsédés par le passé, le paradis perdu d'avant 68, mais en plus, ils pensent qu'il y a trop de mosquées en France. Mais où va la France mon bon monsieur ?
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Les années trente sont de retour – et pas seulement parce qu'on croise des revenants peu fréquentables sur les étals des librairies. On a l'impression que certains auteurs contemporains, bien vivants ceux-là, sont tombés dans une sorte de déchirure spatio-temporelle. Back to the past. La petite ritournelle nauséabonde d'un Eric Zemmour ou d'une Elisabeth Lévy, réactionnaires auto-proclamés qui confondent la pose et la pensée, résonne aussi dans la littérature. C'est parfois bénin, voire ludique, comme dans le cas d'un Frédéric Beigbeder qui déclare : « Je suis devenu réactionnaire », pour épingler les travers de la modernité. C'est parfois consternant : Marc-Édouard Nabe, par exemple, n'en finit plus de s'auto-caricaturer en clown post-célinien. Mais c'est surtout inquiétant, lorsqu'on pense au trio Renaud Camus-Richard Millet-Jean Raspail, véritables clones de la pensée des extrémistes de l'Entre-deux-guerres.
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Damien Aubel
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