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    Accueil Sur Nabe Presse 2002 Sur Alain Zannini - Elle - 04 novembre 2002

    Sur Alain Zannini - Elle - 04 novembre 2002

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    Sur Alain Zannini - Elle - 04 novembre 2002

    Sur Alain Zannini - Elle - 04 novembre 2002

    Les livres dE Elle

    On a testé Marc-Edouard Nabe
    Oublié de la rentrée, l'inclassable Nabe et son "Alain Zannini", un pavé de 809 pages qu'on a disséqué pour vous, lecture "in progress".
    Première page, on s'agace : "J'étais seul. Plus honni que jamais. Décidé à fuir les Harpis et les Judas, je partis pour la Grèce, mon bercail après tout" La couverture d'"Alain Zannini disait "roman". Mensonge : ce qu'on va lire là, c'est le tome 5 de son journal intime... encore !
    Page 24, on s'étonne : sur l'île où Saint-Jean écrivit le livre de l'Apocalypse, notre héros plonge dans l'Ecriture sainte et s'interroge sur les mystères de la création. la tâche est ample. Pour quelqu'un qui se détruit (sic), Nabe a de la ressource ; à l'heure des romans minimalistes, il fait preuve de courage.
    Page 49, on se marre
    : la mythologie grecque version Nabe est poétique et cul. Ulysse a le blues, Calypso regimbe, quant à cette coquine de Pénélope... Formidable !
    Page 92 (et suivantes) on s'emballe : l'inspecteur Alain Zannini, qui donne son titre au livre, apparaît. Et, à sa suite, son chien Oedipe. Or Zanini (avec un seul n) est le patronyme civil de Nabe. On commence à comprendre. On s'immerge en pleine autofiction, d'un genre policier, truculent, loufoque, désespéré, ironique et érudit. Où les monastères sont pillés, les popes kleptomanes, les voyantes aveugles, et les femmes pas toujours putains. Un commissaire Ajax apparaît.
    Page 129 à 149, on s'émeut : parce que l'auteur, lui, est sec et bouleversant quand il raconte les premiers mois de son fils Alexandre, enfant malade, plus souvent à l'hôpital que chez lui dans son berceau.
    Page 261, on s'arrête. Une épopée autobiographique, sur la mémoire, les femmes, le père, le fils, les amis, l'écriture, avec dédoublement et substitution, cela demande d'avoir temps et tête libres. Trop gros pour le métro, trop lourd à bout de bras le soir dans son lit, il faudra attendre le week-end prochain pour continuer sa lecture. Une chose est sûre, on finira bientôt de lire "Alain Zannini" dont le début nous murmure : génial !

    Isabelle Lortholary
    Alain Zannini de Marc-Edouard Nabe (Le Rocher, 809p)