Maurice G. (certains disent « G » comme « Gros connard ») Dantec vient de sortir enfin... le troisième et dernier (ouf !) tome de son « Théâtre des opérations », copie mal conforme du Journal Intime de Nabe avec dix ans de retard, et sans la littérature qui s’y trouve (faites la comparaison en ouvrant les deux à n’importe quelle page...). Dantec affirme qu’on ne l’a pas censuré, mais ce tome de plus de 600 p. pue la coupe à plein nez, et le ton est si édulcoré, le propos si niais et le sens de la chronologie si absent de ce « journal » politique, qu’on est en droit de se demander si Albin n’a pas accepté d’éditer ce pavé à condition d’en faire un pudding !
Dantec a rogné ses griffes et, entre deux « trouvailles » du genre « Chirak » et les « Zéropéens » qu’il n’arrête pas de répéter (content de lui), et qui l’auraient fait refuser à L’Idiot international (c'est clair). dans les grandes années où lui, Dantec, n’était encore qu’un tout petit minuscule lecteur de polars, il apparait pour ce qu’il est au fond : un auteur parfaitement intégré au système, très mesuré dans ses attaques mal pensées, et découvreur de portes ou enfonceur de lunes ouvertes (au choix !). Même envers ses « ennemis idéologiques », que ce soit Besson ou Soral, Dantec est prudent, mais c’est surtout avec Nabe, le plus cité de tous ses contemporains dans sa boîte noire, que « G » fait le plus attention... Une flagrante prudence qui n’honore pas la réputation de grand méchant du pauvre Maurice incapable de cacher son admiration pour MEN à qui il doit tant (et même tout) dans son repositionnement d’écrivain « rentre-dedans » à la fin des années 90 ! On passera sur le naïf exergue en ouverture, « emprunté » à Ernest Hello dont le nom a du mal à ne pas être associé, comme celui de Léon Bloy que Dantec vénère sans le comprendre, aux livres de Nabe depuis 22 ans, et on relevera pour le plaisir plusieurs allusions plus ou moins malveillantes (plutôt moins) à l’auteur des Morceaux Choisis dans ce dernier opus dantecquien dont d’ailleurs les notations ne sont jamais précisément datées (ce qui facilite la falsification des faits et des dires, trop facile !)...
A la page 147. (sans doute en mars 2003, au moment ou MEN se trouve à Bagdad) : « on disait que Marc-Edouard Nabe était en ville, ainsi que de gros cons de pacifistes américains et canadiens. » Sans oublier des journalistes encore plus gros cons, incompétents, racistes et pro-américains que Nabe s’est chargé de brocarder ensuite dans le livre qu’il était parti écrire là-bas...
Puis p.185, Dantec compare les textes de Jean-Pierre Voyer « à du Marc-Edouard Nabe mais avec la prétention de l’universitaire philosophard en prime, et sans le talent de l’invective et de la formule, à tel point qu’à plusieurs reprises il se voit obligé de citer l’auteur d’Une Lueur d’espoir pour appuyer ses élucubrations dignes d’un Thierry Meyssan qui se serait tapé la rue d’Ulm. » N’en étant pas à une confusion près Dantec, après l’avoir ainsi taclé, finit par complimenter Voyer, à la page suivante ! On ne sait jamais ça peut toujours servir... Méchant mais pas trop. Quel looser !
Ça y est ! Maurice est près à travailler sur le site.. Il semble au point pour défendre le style de Nabe contre tous les mauvais coucheurs ! Nous l’engageons volontiers pour rédiger ces brèves, ça nous reposera un peu... Dantec aurait fait un excellent secrétaire nabien, c’est là son véritable emploi de base à vrai dire. Dommage que ce pigeon soit devenu assez prétentieux pour croire qu’il pouvait voler de ses propres ailes (cassées)... Inutile, pour les lecteurs (7.000 quand même) de Printemps de feu, de préciser que Nabe n’a jamais attendu le bon vouloir du parti Baas pour aller fourrer son grand nez partout dans Bagdad bombardé, et sans armes, sans violence, sans haine (comme son grand ami feu Spaggiari le préconisait), contrairement aux journaleux occidentaux que justement Nabe dénonce dans leurs « tour opérators » organisés sur place par les Irakiens de l’hôtel Palestine pour visiter des ruines sans intérêt aucun.
p. 408, Dantec écrit : "Je tombe ce matin par un couriel de mes amis de Cancer ! sur quelques extraits du dernier opuscule de Marc-Edouard Nabe concernant l’affreuse guerre impérialiste conduite par les forces alliées en Irak. Cancer ! osait publier ma prose ouvertement sioniste-fasciste-réactionnaire et celle progressiste, éclairée et antisioniste de Marc-Edouard Nabe. On le leur reprochait, je ne comprenais pas pourquoi. Nabe est un très bon auteur, il a le droit d’être à la rue pour tout ce qui touche à la politique internationale, ce ne sera pas le premier ni le dernier. Mais depuis le début des hostilités en Irak, les relations se sont détériorés entre la rédaction de Cancer ! plutôt de mon bord et Marc-Edouard Nabe parti rejoindre Sean Penn au cœur de l’enfer. A ce que je comprends en lisant les extraits du livre de Nabe, Bagdad c’etait l’Apocalypse. Il existe encore de nos jours des écrivains qui confondent l’Apocalypse avec Disneyland. On leur donne pourtant des brochures à l’entrée."
Embryon d’analyse du petit épisode Cancer ! dans le parcours de Marc-Edouard Nabe au début du siècle... Grâce à la maladresse légendaire de Dantec, le lecteur apprend là que c’est bien une taupe de Cancer ! qui a envoyé à Maurice (et certainement à d’autres) des extraits du manuscrit de Printemps de feu encore non corrigé, pour le casser en avance. Pour quelle raison ? Nul ne le sait... Il semble que c’est le directeur de l’ex-revue Bruno Deniel-Laurent (l'homme aux fesses flasques) qui a déclenché la guerre en se faisant, bêtement et grossièrement, l’auteur de cette indélicatese. Qu’aurait pensé Dantec si on lui avait fait un coup pareil : faire lire en douce à Nabe des bouts de son dernier « opuscule » en cours dans le but de s’en moquer et de plaire à son « rival » ? Comme lui, Nabe n’a pas compris pourquoi les « cancéristes » avaient si violemment pris parti contre l’auteur de Printemps de feu (tout en profitant de sa notoriété bien sûr). A la base, il n’y avait pourtant aucun problème entre Dantec et Nabe qui étaient d’accord pour que leurs opinions divergentes cohabitent dans le même magazine, à condition bien sûr que celui-ci soit impartial sur le traitement qu’il devait leur donner à chacun... Quant au paternalisme emprunté de l’auteur d’American black box, il est ridicule et prend date pour l’histoire ! On verra dans quelques décennies qui des deux, de Nabe ou de Dantec, a été « le plus à la rue » en ce qui concernait la politique internationale du début des années 2000, l'histoire ne pardonne rien... Dernière chose : Sean Penn est bien allé en Irak, mais avant la guerre, et pour d’autres raisons que celles de Nabe qui dans son roman n’a jamais rapproché ce qu’il a vu de Bagdad d’une quelconque Apocalypse. Au contraire, il n’arrête pas d’écrire dans Printemps de feu que pendant cette « guerre », il ne se passait rien d’ « appocalytique », mais il est vrai que Maurice G., prenant toujours ses renseignenents de deuxième ou de troisième main, ne peut pas le savoir, n’ayant parcouru de ce qui sera reconnu plus tard comme le meilleur roman de Nabe avec Alain Zannini, que des morceaux (mal choisis) par l'autre looser Deniel (qui se ressemble s'assemble).
Sur la même page : « Si Nabe veut avoir une petite idée de l’Apocalypse, qu’il accompagne donc une unité de Spetsnaz ou de miliciens tchétchènes à Groznyi et prêtons lui une machine à remonter le temps afin qu’il s’y retrouve au plus fort de l’offensive russe de 99-2000. Bagdad, l’Apocalypse à la portée des caniches. »
Que Maurice se rassure : lui aussi a le sens de la formule et de l’invective! Dommage que ce soit toujours en paraphrasant les aphorismes archiconnus des autres... En plus, en associant le mot « apocalypse » au chaos sanglant de Tchétchétnie, il conforte le contresens qu’il fait mine de dénoncer. Quel parvenu de la culture théologique, ce Dantec ! Il s’y croit... Qu’est ce qu’on fait ? On se fâche ou bien on rit ? Allez, on rit un bon coup : l’auteur de Grande Jonction donnant des leçons d’apocalypse à celui d’Alain Zannini ! ! ! Le monde à l'envers...
Plus loin : « Je comprends fort bien l’espèce de ressentiment que Nabe évoque d’ailleurs sans trop le comprendre à l’égard de ceux qui depuis longtemps se tiennent du côté de l’occident chrétien.»
Ah, quand même ! Mais, au fait, ce « ressentiment » que Dantec comprend, c’est lui qui finalement ne le comprend pas, ou bien est-ce que c’est Nabe qui, en l’évoquant, ne le comprend pas ?... Non, décidément, Dantec écrit trop mal pour être un jour un « grand écrivain » (son rêve de looser !). Trop de clichés, de naïvetés, de lourdeurs de pensée, et d’approximations stylistiques... Il y a un moment où si on n’est qu’un rocker brouillon et pas un artiste, ça se sent. A force !
Dantec fait ensuite l’apologie de « Johnny Cash, chanteur country que des intellectuels éclairés comme Marc-Edouard Nabe méprisent royalement du haut de leur chaire politico-musicologique en “Djazz ”.
Qu’est-ce qu’on disait ? Le mauvais goût n’est jamais loin chez Dantec ! Un milliard de Johnny Cash ne vaudront jamais, et pour les siècles des siècles, la plus petite crotte de nez de Jimmy Rushing : inutile de monter en chaire pour le prêcher haut et fort ! Il faut vraiment être malade pour oser des comparaisons semblables !
P. 412 : « Quoi qu’en puissent penser Nabe et Soral aujourd’hui, je ne crois pas que Pound serait du côté de cette Europe... »
Ben voyons ! En entendant ça, le vieux Ezra doit retourner tout le carré protestant du cimetière de Venise ! Que Dantec lise donc les éditos de Pound dans La Vérité et aussi le Zigzag de Nabe sur Pound (publié en 1986, merdeux !) pour se faire une idée de la profondeur de l’inculture politico-historico-littéraire qui caractérise sa grande gueule bourrée de conneries !
P. 416 : « Au delà de toutes nos différences, et tous nos différends, quelque chose nous maintiendra probablement, Nabe et moi, sur le même champ de tir “apprécié ” des petits amateurs de ball trap en deux colonnes hebdomadaires. Quelque chose en effet permet à une chroniqueuse de journal de se moquer de nos “poses” de nous “ tragédiens martyrs”. Ce qui nous differenciera, tous deux, quelles que soient les erreurs que nous commetrons, de tous ces rats du monde moderne qui ne savent même pas jauger de la véritable ampleur d’une TRAGEDIE comme celle qui se noue en ce moment pour les siècles des siècles, et qui ont si peu d’estime pour ce que fut — peut-être— un jour leur métier de journaliste, qui sont bien incapables de comprendre que “martyr” ne signifie rien d’autre que témoin.
Pas touche à Aude Ancelin ! C’est une femme admirable dont Dantec ne mesure pas la beauté et l’intelligence... Mais non, on rigole :o) ! Contre les journalistes moqueurs, Maumau n’a pas tort pour une fois, mais ce n’est pas une raison pour qu’il se croie permis d’associer à son destin de petit beauf polardeux post-houellebecquien, présomptueux littérairement et myope politiquement, le travail de fond et de forme (et quels fond et formes !) d’un Nabe qui n’a pas besoin de son estime pour avancer seul dans son temps.
P. 422 : « On me dit qu’à l’émission d’Ardisson, Nabe a attaqué Beigbeder bille en tête. Ce dernier a été d’un flegme assez étonnant que je connais assez bien au demeurant... Quant à Nabe, la description qu’on m’a faite de son passage chez Ardisson m’a rappelé les meilleures blagues des troupes d’occupation nazie et leur petit théâtre aux armées. Ainsi a-t-il osé, pour essayer de donner une vague parure de cohérence à sa pensée en pleine autodémolition, celle du Dhimmi post-marxiste qui cherche un arbre nihiliste auquel se racrocher et qui le trouve aux alentours de Falloudja, se prétendre catholique islamique. Catholique islamique ! Au-delà du fait que cette atterante connerie le conduira directement au feu éternel pour un séjour dont il ne m’appartient pas de décider de la durée, on doit définitivement en rire car on atteint là les limites ubuesque du gauchisme post-moderne celui de l’oxymore plat qui masque à peine la hideuse décomposition de ce qui tient lieu encore de pensée à un système nerveux sur pattes. N’est-ce pas Marc-Edouard Nabe qui dans Au régal des vermines disait déjà : « C’est dans le drapeau noir qu’on fait les plus belles chemises » ? Bel aphorisme mussolinien et qui rend au César de Cinecitta ce qui doit lui être rendu ».
Ah ! Quel aveu de soumission au pouvoir en place : faire de la lèche à Frédéric Beigbeder (beurk) ! Plus loin, Dantec vante même les qualités « littéraires » de son Windows on the world... Tu parles d’un rebelle au système ! Le prudent Dantec repointe son nez. Il sait très bien qu’il faut être un fou comme Nabe pour oser se fâcher publiquement avec un grand manitou alcoolique des Lettres comme l’auteur de 99 francs devenu d’années en années l’incontournable RP de la propagande peopolo-occidentalisto-nihiliste (si Nabe est « nihiliste », alors qu’est ce qu’il est, Beigbeder ?). Dantec, en faux résistant qu’il est, cire les pompes du chef des collabos... Logique. Quant à cette fameuse émission de 2003, vivement qu’elle soit visible sur Dailymotion pour qu’on voie que Beigbder n’est pas du tout resté flegmatique face au bazooka nabien ! Encore une flagornerie de Dantec qui se contente d’écrire sur des images qu’il n’a pas vues lui-même. C'est une époque bizarre que celle que l'on vit où personne ne lit les livres qu'il critique ! « Beig » s’est fait littéralement éclater la tête par un Nabe tellement en forme qu’Ardisson repasse régulièrement la séquence dans ses best-of estivaux. En dehors de l’humour de la formule, qui échappera toujours au sinistre Canadien dry de la littérature subversive, se revendiquer « catholique islamiste », tel que Nabe le développe dans les pages de Printemps de feu, n’est pas un « oyxmore » (mot pour singes savants), mais une trouvaille théologique de plus. Il faut être en enfer depuis et pour l’éternité comme Dantec l’est depuis sa naissance pour ne pas comprendre que ce que MEN veut dire c’est que les catholiques, les vrais, pas les récents baptisés à la Dantec, feraient mieux de s’inspirer politiquement des méthodes islamiques pour défendre leur foi chrétienne plutôt que de se complaire dans une attitude de « cathos » usée jusqu’à la corde, coupables et honteux. Nabe ne préconise en aucune façon de se convertir à l’islam, ou même de s’en rapprocher religieusement, ce qui en effet serait un contre-sens chrétien... Dantec, l’antigauchiste de la Série noire qui se la joue « bloyen, » avec 20 ans de retard... N’est pas « de droite » qui veut ! Il vaut mieux se dire devant 5 millions de gens à la télé, et avec provocation, « catholique islamiste », que de se prendre au sérieux en s’affirmant « catholique futuriste » sur un site internet s’ouvrant grotesquement à la Stanley Kubrick, mais avec des critiques de caution signées Raphaël Sorin !
Et p.618, enfin, dans l’épilogue (le meilleur du « livre ») consacré à ses déboires éditoriaux, on a trouvé : « Je ne suis ni Marc-Edouard Nabe, ni la réincarnation à bicyclette de Jean-Edern Hallier. Je suis juste la voix qui porte à l’avance la lumière de l’incendie. »
Rien que ça ? La modestie ne l’étouffe pas... Le sens du ridicule non plus. Comme si une voix pouvait porter une lumière ! Les faux prophètes pullulent dans l’histoire de la littérature française. Bernanos les dénonçait déjà... Non, un auteur qui, à la fin de son livre, remercie le plus stupide de ses fans (Juan Asensio) ainsi que son agent littéraire (David Kersan) qui l’a vendu pour une poignée de dollars à un éditeur sans couilles, n’est pas « juste (tout son rapport à Nabe est dans ce juste) une voix qui porte à l’avance la lumière de l’incendie »... C’est juste le râclement de gorge d’un sous-doué qui se brûle les doigts chaque fois qu’il veut toucher de la vraie écriture en feu.
| < Précédent | Suivant > |
|---|



