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    Accueil Sur Nabe Presse 2003 Chronique sur Alain Zannini et Peu de Choses de Marcel Zanini - Jazz Classique n°25 - avril 2003

    Chronique sur Alain Zannini et Peu de Choses de Marcel Zanini - Jazz Classique n°25 - avril 2003

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    Chronique sur Alain Zannini et Peu de Choses de Marcel Zanini - Jazz Classique n°25 - avril 2003

    Chronique sur Alain Zannini et Peu de Choses de Marcel Zanini - Jazz Classique n°25 - avril 2003 - Peu de Choses de Marcel Zanini - CouvertureChronique sur Alain Zannini et Peu de Choses de Marcel Zanini - Jazz Classique n°25 - avril 2003 - Peu de Choses de Marcel Zanini

     

    Chronique sur Alain Zannini et Peu de Choses de Marcel Zanini - Jazz Classique n°25 - avril 2003 - Alain Zannini
    Jazz Classique

    "Il y a quand même un passage qui intéressera les amateurs de jazz qui n'auraient pas la fibre littéraire assez tendue pour se lancer à tout prix dans cette œuvre riche comme une jungle. Alain Zannini est, entre autres, un roman sur le nom (le nom du père, le Nom du Père, le non qu'on perd, le pseudonyme...) et les personnages qui renvoient à des personnes existantes ou ayant existé ne sont mentionnés que par leur prénom (réel) ; deux pages (267-268) sont ainsi consacrés à François " le jazzman le plus fort de ma génération, un pianiste pareil, personne ne pouvait le croire..." : comment François Rilhac, merveilleux jazzman, devient personnage d'un roman. C’est un portrait touchant que Marc-Edouard fait de François (ils ont joué longtemps ensemble dans l'orchestre de Marcel, avec Sam) dont il peint surtout la douleur de vivre et la fin tragique. Il y a ça et là d'autres allusions au jazz dans le livre mais ces pages-là remueront ceux qui ont connu et aimé François Rilhac".

    Dominique Périchon (lire en page 39)

    MARCEL ZANINI. Peu de choses (Frémeaux & Associés FA456). Peu de choses - La tasse de thé - spaghettis à St-Germain - Looking Glass - Histoire de mai - Le rendez-vous du lundi (Monday Date) - Etrange Galata - On a volé ma mie - Balladez moi - A White Angel In The Sky - Je ne jouais que pour toi - Heureux près de toi ( Sometimes I'm Happy) - Souvenir que veux-tu ? - Jay and Jay - On a volé ma mie (version FM). Durée : 55'59.

    Difficile de cerner Marcel Zanini. Son passage dans le monde de la variété lui a greffé une image de chanteur fantaisiste résumée par quelques accessoires : un chapeau, des lunettes rondes, une moustache et une clarinette. Cette facette n'a rien de déshonorant mais elle a un peu dissimulé le jazzman, clarinettiste et saxo ténor de grand talent, inspiré par Lester Young et qui, dans son orchestre, recueillit Sam Woodyard et accueillit François Rilhac... En enregistrant ce CD en 2002, Marcel Zanini ne fait rien pour se cataloguer définitivement (Chanteur de variété ou jazzman ? Telle est la question) puisqu’on y trouve un grand nombre de chansons qu'il a écrites et composées, des standards dont il a adapté les paroles en français, ainsi que de "pures" interprétations jazz.
    Des chœurs à la Double-Six (arrangements de Patrice Authier qui est également au piano) donnent à ces chansons douces un parfum un peu suranné mais pas désagréable tandis qu'autour de marcel Zanini œuvrent ses compagnons jazzmen : Patrick Bacqueville au trombone, Michel Denis à la batterie, Pierre Maingourd à la contrebasse et Alain Zannini (Marc-Edouard Nabe) à la guitare sauf sur les rythmes de type "bossa" où il laisse reposer l'âme de Freddie Green (qui, du haut de l'Eternité, doit apprécier qu'on fasse les quatre temps comme lui) et prête l'instrument à Stan Laferrière.
    Sur sept titres, Marcel Zanini joue du ténor, puisant dans le fonds émotionnel de Lester, mais il possède des tournures, une sonorité surtout (Etrange Galata) bien à lui, un phrasé se-rein qui fait chanter son saxo (Heureux près de toi) parfaitement secondé par la voix du trombone Patrick Bacqueville.
    Marcel Zanini a quatre-vingt ans et on trouve quelque ressemblance avec le "Jardin d'hiver" d'Henri Salvador, non seulement pour la génération à laquelle ils appartiennent tous deux mais aussi pour les thèmes abordés dans les chansons (partir, les amours finies, les souvenirs...) et la douceur du climat de ce disque en forme de mois de mai. Au dos de ce CD joliment emballé, pour confirmer que Zanini est bien un personnage, on a reproduit le portrait du jazzman par le peintre de Gen Paul (le copain de Louis-Ferdinand Céline) qui l'aurait croqué après l'avoir vu à la télévision et, dans le livret, Zanini s'entretient avec Marc-Edouard Nabe (Alain Zannini) pour un échange pour le moins complice, un 4/4 filial et amusé où il prévoit d'enregistrer son prochain disque dans vingt ans, pour son centenaire... Après Lester Young, Eubie Blake ! Décidément, Marcel Zanini n'est pas quelqu’un d'ordinaire et les fans de son ténor vont trouver le temps long s'il ne reprend pas plus tôt le chemin des studios pour un disque pur jazz

    Dominique Périchon

    ALAIN ZANNINI
    Par Marc-Edouard Nabe. Éditions du rocher, Paris 2002.

    Alain Zannini est un roman qui ne parle pas de jazz; ce n'est pas parce que Marc-Edouard Nabe est le fils de Marcel Zanini (un seul "n") et guitariste rythmique (cf p33) à ses heures perdues pour la littérature, qu'on doit forcément consacrer une chronique à ce livre. Cependant, la lecture attentive des 809 pages montre qu'il fait, si l'on peur dire, du jazz avec la littérature : loin des jeux de sonorités à la Nougaro destinés à faire prétendument swinguer la langue française (ce qu'avait réussi Paul Morand, selon Céline, mais Céline préférait les danseuses aux musiciens, et le jazz en particulier lui resta étranger - 1 ), Nabe a choisi une voie plus subtile : reprendre d'un livre l'autre les mêmes thèmes (écrire, vivre, aimer, les animaux, des peintres, des cinéastes, des écrivains, les jazzmen, lui, etc...) et écrire dessus à nouveau, comme un jazzman s'approprie quelques standards sur lesquels il improvise toute sa vie, pour en décortiquer à chaque chorus toutes les possibilités harmoniques et courir à chaque fois l'aventure sur des contrées hospitalières...
    Il y a quand même un passage qui intéresser les amateurs de jazz qui n'auraient pas la fibre littéraire assez tendue pour se lancer à tout prix dans cette œuvre riche come une jungle. Alain Zannini est, entre autres, un roman sur le nom ( le nom du père, le Nom du père, le nom qu'on perd, le pseudonyme... - 2) et les personnages qui renvoient à des personnes existantes ou ayant existé ne sont mentionnés que par leur prénom (réel) ; deux pages (267-268) sont ainsi consacrés à François " le jazzman le plus fort de ma génération, un pianiste pareil, personne ne pouvait le croire..." : comment François Rilhac, merveilleux jazzman, devient personnage d'un roman. C’est un portrait touchant que Marc-Edouard fait de François (ils ont joué longtemps ensemble dans l'orchestre de Marcel, avec Sam) dont il peint surtout la douleur de vivre et la fin tragique. Il y a ça et là d'autres allusions au jazz dans le livre mais ces pages-là remueront ceux qui ont connu et aimé François Rilhac.
    Pour le reste, un voyage en forme de fuite, sur l'Ile de Patmos, et la perte d'un journal intime nourrissent la trame de Alain Zannini. Et, au cas vous ne le sauriez pas, Marc-Edouard Nabe est le vrai pseudonyme d'Alain Zannini.

    Quelques ouvrages de Marc-Edouard Nabe où le jazz est très présent :
    Sur Count Basie, Lester Young, Slim Gaillard, Ahmad Jamal, etc : Zigzags, éditions Bernard Barrault, Paris, 1986.
    Sur Billie Holiday : l'Ame de Billie Holiday, "L'Infini", Denoël, Paris, 1986.
    Sur Django Reinhardt, Nuage, Le Dilettante, Paris, 1993.

    Dominique Périchon

    1- A part le "jazz-band" infernal du Touit-Touit Club dans le Pont de Londres (Guignol’s Band II) et la fameuse métaphore pour décrire l'évolution du langage écrit ("Le jazz a renversé la valse, l'impressionnisme a tué le "faux-jour", vous écrirez "télégraphique" ou vous écrirez plus du tout !") dans Guignol's band, Céline, pourtant contemporain du jazz, n'évoquera jamais cette révolution du langage musical.

    2 - Dans le roman, Nabe parle des pseudonymes des artistes et des prostituées. Le problème du nom et du surnom chez les jazzmen est aussi primordial