Article sur une exposition de peinture de Nabe adolescent - Hérault Tribune - 23 juillet 1977
MARC-EDOUARD NABE
Galerie du Môle
Surprenante exposition que celle de ce jeune garçon de 18 ans qui, à 15 ans, travaillait avec l'équipe des dessinateurs du journal "HARA-KIRI" séduits sans doute comme nous par la sûreté de son trait, la vivacité de ses aquarelles, l'originalité de ses portraits et la dose d'humour bien pesée qui préside à tout cela.
Sa première exposition ? Non pas ! Marc-Edouard a déjà exposé une fois, dans la salle de conférence de son lycée (à Boulogne) entièrement tapissée de ses propres dessins et de ceux réalisés par deux de ses copains, le tout, mis à la vente. Résultat : les deux copains en question se sont faits dans les 10 ou 20 sans...quant à moi - précise Marc-Edouard je n'ai vendu qu'un seul dessin : 5F, et encore d'un de mes copains, prise de pitié, qui me l'a acheté ! Il explique tout cela franchement, en riant aux éclats et le plus naturellement du monde. normal, dit-il, mes copains, eux, avaient visé avant tout le côté "commercial" du dessin. Moi je m'en fous !
Effectivement, du côté commercial, Marc-Edouard s'en moque, son ambition n'est pas la réussite commercial ou sociale, ou la notoriété, mais le travail ! Et son travail en matière artistique, il y croit, il fait même plus qu'y croire, il est plein d'allant, plein de fougue, plein d'idoles aussi : SINE, REISER, FRED (le maître de la B.D !) STRELKOFF (le maître de l'humour !)
Comme PICASSO et la plupart des grands artistes, Marc-Edouard a eu ses "périodes" : "bébé, je buvais mon biberon en méditant sur les reproductions de PICASSO, MATISSE et MODIGLIANI que mon père avait accrochées au mur", puis vint la période des premiers dessins, puis la période des bandes-dessinées (avec FRED et l'équipe du journal PILOTE), puis la période "dessins humoristiques" (avec HARA-KIRI) et enfin la période actuelle d'inspiration très figurative "tout en style et en émotion, dans la ligne droite des artistes indépendants, en marge des tendances actuelles, comme Soutine..."
Ainsi se définit Marc-Edouard Nabe. Mais au fait, ce nom de "NABE" d'où vient-il ? "C'est un surnom de lycée : nous étions trois copains inséparables : un grand maigre, un "frimeur" et moi, le plus petit du trio, d'où trois surnoms : "Rache" (rachitique) "Frimo" et Nabe (nabot).
Ces trois surnoms qui au départ n'étaient guère flatteurs, nous avons décidé de les assumer pleinement, voilà tout !... Pour ce qui est de s'assumer, Marc-Edouard a réussi et l'on est surpris de trouver chez un si jeune garçon autant de maturité, alliée à un semblable enthousiasme. Marc-Edouard NABE ; vous pouvez déjà noter ce nom sur vos tablettes, il est assurément promis à un brillant avenir. En attendant, allez voir ses œuvres à la Galerie du Môle, cela vaut vraiment la peine.
ZANINI un artiste
Le même sourire malicieux, surmonté de l'éternelle moustache, surmontée des mêmes lunettes éternelles, elles mêmes surmontées de l'éternel petit chapeau...
Dans la vie comme sur scène, ZANINI : "tout le monde croit que je me suis forgé un personnage. C’est faux ! J’ai toujours été comme ça ! Je porte des lunettes depuis que j'ai "vu" que j'étais myope, et la moustache depuis que je suis en âge d'avoir des poils…
- et le chapeau ?
- je l'ai acheté en 1954 à New-York à la suite d'un coup de foudre pour celui que NAT KING COLE portait en scène à cette époque"
NAT KING COLE : le jazz. Pour ZANINI, le jazz, c'est toute sa vie : " Ce n'est pas une prédilection que j'ai pour le jazz : c'était une véritable passion. Je suis avant tout un musicien de jazz... les variétés c'est autre chose. J'en fais pour m'amuser... Ce qu'il y a de formidable dans le jazz, c'est la spontanéité, l'imprévu aussi : avant d'entrer en scène, on ne sait pas s'il va se passer quelque chose ou pas : quelque chose de sensuel entre les auditeurs et l'interprète lui-même... tout le monde devait être intéressé par une forme d'art : l'art c'est la vie, à condition de ne pas chercher à vivre DE l'art, mais vivre AVEC lui. L'art c'est de l'amour, c'est un don. Quand on aime on donne... il n'y a pas plus généreux qu'un artiste... bien qu'en général les artistes soient des gens impossibles à vivre...
- Vous êtes impossibles à vivre M.ZANINI ?
- Non, pas moi... c'est vrai ça ! ... dans le fonds, je me demande si je suis bien un artiste.... ! Il éclate d'un rire franc, spontané et.... communicatif.

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