Article sur la peinture de Nabe dans Arts Graphiques Magazine - avril 1990
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NABE : LE PINCEAU ET LA PLUME
Marc-Edouard NABE, si son nom vous est encore inconnu, c'est que vous ne lisez pas L'IDIOT INTERNATIONAL et que vous n'avez pas encore lu "Le Bonheur" pour ne citer qu'un livre parmi les œuvres littéraires de NABE. Mais peut-être, l'avez vous déjà écouté jouer du jazz certains soirs au "Petit Journal", lieu dit des jazzophiles du quartier latin. C’est d'un tout autre NABE dont il s'agit ici, un NABE peintre qui manie le pinceau avec autant de facilité que la plume, même si l'ironie et le sarcasme ne se décèlent pas aussi facilement dans ses toiles ou gouaches que dans sa littérature, encore que....
C'est vers 16 ans que Marc-Edouard commence à peindre et son destin de peintre lui semble alors tout tracé. Le jeune artiste arrive sur ses 20 ans avec déjà un passé créatif lourd de plusieurs centaines toiles. Fou de SOUTINES et de ROUAULT avouant même fait du "sous-SOUTINES", NABE plonge dans un figuratisme expressionniste qui donne à sa peinture une dominante sombre ou les personnages aux visages torturés ont des épaules hypertrophiés.
Lors il arrête de peindre, arrivé à une limite, qu'il ressent dans la propre image qu'il se fait de sa peinture. C’est un véritable raccourci que la peinture lui fait prendre elle lui confère d'emblée cette maturité et cette rage littéraire qui font de NABE un écrivain né à 20 ans. Il attaque la littérature comme on attaque une toile tout de suite avec de la couleur.
Curieusement, c'est une fois sa carrière d'écrivain "assurée" que tout naturellement NABE se remet à peindre, son style s'est transformé, comme nourri de l'écriture. La matière très fouillée des toiles de jeunesse a fait place à un traité proche de l'icône. Son style, il le qualifie volontiers de "Byzantino-Jazz". C’est le rythme qui domine, dans sa peinture comme dans sa littérature. Les thèmes lui viennent spontanément et la naïveté du traité n'est ici qu'un masque qui laisse transparaître toute l'ironie et la rage cachées sous les aplats de couleurs. Des thèmes qui vont de la chasse au tigre en passant par des mosquées ou des balcons, jusqu'aux portraits de grands du jazz ou bien tout simplement il peint des garçons de café. Aujourd'hui NABE montre ses œuvres qu'il devrait exposer prochainement à Paris, la critique, il l'accepte elle ne lui fait pas peur. Lui-même ne se prive pas pour porter un regard sévère sur certains courants de la peinture contemporaine comme la figuration libre déplorant que COMBAS dont il reconnait le talent ai donné naissance à de "nouveaux pompiers". Pour NABE, aucun doute ils auront leur salle au musée d'Orsay dans quelques années tout comme MESSONIER. il ne voit qu'une forme de haine de la peinture, se dégager de la fausse violence des suiveurs de ces "Chevaliers de la figuration libre".
Par contre si vous lui parlez de CHEMIANKIN, c'est un NABE enthousiaste qui vous répondra. Rien ne peut arrêter ce passionné quand il parle de peinture, elle fait partie de ses nourritures mentales. La peinture et l'écriture sont devenues interactives l'une se nourrissant de l'autre. La peinture comme le dit lui même NABE "permet de mettre le compteur des mots à zéro", et quand il écrit "les mots sont en couleurs et en sons", il les retranscrit naturellement. C’est toujours en état d'improvisation qu'il crée, pour reprendre ses termes "sans antisèches et sans préparations" voilà le principe de base du processus de création chez NABE. La spontanéité et le tranchant de ses mots ne peuvent se nourrir que du premier jet, il en va de même pour sa peinture.
Et pourquoi vivre ces deux passions séparément ? Il a d'ailleurs en projet de réaliser un livre où écriture et illustration seraient indissociables permettant à l'image de venir en aide à la lecture au moment ou celle-ci s'impose, le texte reprendra ensuite ses droits aussi naturellement.
Le processus graphique n'est pas en littérature, il en est même encore à son b-a ba, alors attendons ce que nous réserve NABE.
C'est vers 16 ans que Marc-Edouard commence à peindre et son destin de peintre lui semble alors tout tracé. Le jeune artiste arrive sur ses 20 ans avec déjà un passé créatif lourd de plusieurs centaines toiles. Fou de SOUTINES et de ROUAULT avouant même fait du "sous-SOUTINES", NABE plonge dans un figuratisme expressionniste qui donne à sa peinture une dominante sombre ou les personnages aux visages torturés ont des épaules hypertrophiés.
Lors il arrête de peindre, arrivé à une limite, qu'il ressent dans la propre image qu'il se fait de sa peinture. C’est un véritable raccourci que la peinture lui fait prendre elle lui confère d'emblée cette maturité et cette rage littéraire qui font de NABE un écrivain né à 20 ans. Il attaque la littérature comme on attaque une toile tout de suite avec de la couleur.
Curieusement, c'est une fois sa carrière d'écrivain "assurée" que tout naturellement NABE se remet à peindre, son style s'est transformé, comme nourri de l'écriture. La matière très fouillée des toiles de jeunesse a fait place à un traité proche de l'icône. Son style, il le qualifie volontiers de "Byzantino-Jazz". C’est le rythme qui domine, dans sa peinture comme dans sa littérature. Les thèmes lui viennent spontanément et la naïveté du traité n'est ici qu'un masque qui laisse transparaître toute l'ironie et la rage cachées sous les aplats de couleurs. Des thèmes qui vont de la chasse au tigre en passant par des mosquées ou des balcons, jusqu'aux portraits de grands du jazz ou bien tout simplement il peint des garçons de café. Aujourd'hui NABE montre ses œuvres qu'il devrait exposer prochainement à Paris, la critique, il l'accepte elle ne lui fait pas peur. Lui-même ne se prive pas pour porter un regard sévère sur certains courants de la peinture contemporaine comme la figuration libre déplorant que COMBAS dont il reconnait le talent ai donné naissance à de "nouveaux pompiers". Pour NABE, aucun doute ils auront leur salle au musée d'Orsay dans quelques années tout comme MESSONIER. il ne voit qu'une forme de haine de la peinture, se dégager de la fausse violence des suiveurs de ces "Chevaliers de la figuration libre".
Par contre si vous lui parlez de CHEMIANKIN, c'est un NABE enthousiaste qui vous répondra. Rien ne peut arrêter ce passionné quand il parle de peinture, elle fait partie de ses nourritures mentales. La peinture et l'écriture sont devenues interactives l'une se nourrissant de l'autre. La peinture comme le dit lui même NABE "permet de mettre le compteur des mots à zéro", et quand il écrit "les mots sont en couleurs et en sons", il les retranscrit naturellement. C’est toujours en état d'improvisation qu'il crée, pour reprendre ses termes "sans antisèches et sans préparations" voilà le principe de base du processus de création chez NABE. La spontanéité et le tranchant de ses mots ne peuvent se nourrir que du premier jet, il en va de même pour sa peinture.
Et pourquoi vivre ces deux passions séparément ? Il a d'ailleurs en projet de réaliser un livre où écriture et illustration seraient indissociables permettant à l'image de venir en aide à la lecture au moment ou celle-ci s'impose, le texte reprendra ensuite ses droits aussi naturellement.
Le processus graphique n'est pas en littérature, il en est même encore à son b-a ba, alors attendons ce que nous réserve NABE.
Erika DAVONT
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