Engagés pour le pire...
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Par Didier Daeninckx |
Mercredi 9 février 2005 |
En lisant chaque jour les commentaires sur le procès des écoutes de l'Elysée, on se dit que si Jean-Edern Hallier était écouté, il n'était pas entendu!
Des témoins aussi crédibles que Paul-Loup Sulitzer viennent chanter les louanges de l'écrivain un temps choyé par le président Mitterrand, avant que les chantages ne brouillent leur amitié.
Les dérives monarchistes de l'hôte de l'Elysée, son mépris de la vie privée des journalistes, des avocats, des intellectuels, ne doivent pas faire oublier dans quelle direction s'était engagé Jean Edern Hallier: revendiquant son admiration pour Jean-Marie Le Pen, il proclamait son souhait de voir réconciliés Thorez et Doriot. L'un fut dirigeant du Parti Communiste Français au temps du stalinisme flamboyant, l'autre quitta ce parti pour créer un parti nazi, le Parti Populaire Français, et termina sa vie sous l'uniforme hitlérien.
Quelques pierres noires sur le chemin de celui qu'on tente de nous présenter aujourd'hui comme un simple amuseur public.
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Nous republions donc cet article déjà paru en 1999, avec l'aimable autorisation des Editions Syllepse, éditeur de la revue "Mauvais Temps". |
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Aux premiers jours de cette nouvelle guerre des Balkans qui ne devait durer qu'une semaine, plus de dix mille personnes manifestaient à Paris contre la purification ethnique et les exactions du dictateur serbe Milosevic, contre les frappes aériennes. La majeure partie réclamaient l'organisation d'une conférence internationale consacrée aux Balkans. La presse a beaucoup insisté sur la présence d'ultra-nationalistes serbes squattant la fin de cortège, de militants de la Nouvelle-Droite d'Alain de Benoist déguisés en pacifistes. Au tout début de cette décennie, alors qu'éclatait la première guerre du Golfe, il en était de même, et les partisans d'une solution négociée épargnant les peuples se trouvaient confrontés à une manoeuvre identique de faux rouges et de vrais bruns alignés sur le soutien au régime de Saddam Hussein.
Personne alors n'avait identifié le nouveau monstre en gestation, cette obscène alliance des contraires, qui se constituait sur les décombres de l'Union soviétique, sur les débris du socialisme autoritaire. Ceux qui enquêtaient sur cette question ne parvenaient pas, alors, à faire partager leur indignation née, par exemple, de la lecture de L'Idiot International de Jean-Edern Hallier. Cet hebdomadaire était un véritable laboratoire idéologique où, sous couvert d'anti-américanisme, d'anti-mitterrandisme, d'anti-sionisme, on redonnait des couleurs neuves à l'antisémitisme, où sous les apparences de la phraséologie révolutionnaire, on réhabilitait en fait la vieille pensée de l'extrême-droite française, celle de Barrès, de Maurras, de Daudet fils, de Drieu La Rochelle. La confusion était alors à son comble, et un ex-dissident soviétique, Edward Limonov, pouvait combattre les civils bosniaques dans une milice d'épurateurs ethniques serbes, et publier ses "journaux de guerre" à la fois dans l'hebdomadaire communiste Révolution et dans le mensuel lepéniste Le Choc du Mois!
Par la suite, il rentrera en Russie pour diriger un parti néo-nazi baptisé "Parti National Bolchevique"... Dans ce pays à la dérive, il ne se passe pas un mois sans qu'un député affilié au Parti Communiste de la Fédération de Russie ne prononce des propos scandaleux. C'est Albert Macharov qui déclare "Il faut envoyer dans l'autre monde au moins une dizaine de youpins, usuriers et buveurs de sang", c'est Viktor Ilioukhine qui tient les Juifs pour responsable du "génocide du peuple russe". Cela n'a entraîné aucune protestation publique du responsable de ce parti, Guennadi Ziouganov qui vient de publier en France La Russie après l'an 2000 avec une préface du général "pacifiste" Pierre-Marie Gallois, proche de Chevénement et membre du comité de rédaction de la revue de la nouvelle extrême-droite Eléments.
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En mai1992, une réunion fût même conjointement organisée, à Paris, par une revue communiste et Krisis, la revue de la Nouvelle-Droite. Cela provoqua une crise salutaire et une prise de conscience du danger. Une déclaration du secrétariat du Pcf condamna nettement ces dérives et menaça de sanctions les militants qui s'en rendraient complices. Aussi pouvait-on s'étonner de lire, quelques mois plus tard dans L'Humanité, de longues interviews de Roger Garaudy, malgré ses participations publiques aux colloques du GRECE, laboratoire d'idées de l'extrême-droite, et ses collaborations au trimestriel néo-nazi placé sous l'égide de Jacques Doriot, "Nationalisme et République". Quelques temps plus tard, il signera un livre négationniste et se verra condamner pour contestation de crimes contre l'humanité.
Tout au long du drame des peuples de l'ex-Yougoslavie, les mêmes bourreaux se sont trouvés les mêmes complices pour répondre "Présent". C'est Patrick Besson, qui dans ses livres "Avec les Serbes" ou "Coup de gueule contre les calomniateurs de la Serbie" tente d'exonérer ses amis Karadzic et Mladic de leurs crimes, c'est l'ex-anarchiste Thierry Séchan qui appelle au sursaut des écrivains de droite dans un éditorial de l'hebdomadaire moribond Minute.
C'est aujourd'hui une pétition intitulée "Contre la guerre" mais épargnant surtout le dictateur Milosevic, rédigée par le bras droit du gourou de la Nouvelle-Droite Alain de Benoist, et au bas de laquelle on trouve sans surprise les signatures du lepéniste Jean-Mabire, éditorialiste à National Hebdo, du mégrétiste Claude Rousseau de la revue Identités, des gens du GRECE comme Pierre Bérard, de toute la rédaction de la revue néo-fasciste Eléments, de Patrick Besson, et où certains seront surpris de trouver également Gilles Perrault, le chanteur Renaud, et quelques écolos en perdition avant qu'ils ne fassent prudemment machine arrière. Charles Conte et Guy Hennebelle, les animateurs de la revue Panoramiques, lieu d'expression privilégié de la Fondation qui usurpait le nom de Marc Bloch laisseront eux leurs noms accolés à ceux de Bernard Lugan, universitaire FN de Lyon et membre de jurys récompensant des thèses négationnistes, de Jean-Paul Cruse créateur de Libération, auteur d'un article "Vers le Front National" puis nègre du capitaine Baril et soutien, de Patrick Gofman ancien dirigeant trotskyste (OCI) qui a basculé vers le FN puis le journal mégrétiste Le Français...
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Patrick Gofman, qui milita longuement à L'O.C.I. (Organisation Communiste Internationale) avant de se mettre au service des chefs du Front National, a joué un rôle important dans le basculement de nombreux intellectuels, en les amenant à accorder des entretiens au mensuel néo-fasciste Le Choc du Mois dès la fin des années 80. L'un de ses plus fidèles vis-à-vis fut Edward Limonov, un dissident soviétique qui bénéficia d'une vaste campagne de solidarité, dont je fus partie prenante, quand le gouvernement traînait les pieds pour lui accorder la protection de la nationalité française. Limonov donnera sa pleine mesure en participant aux combats en Abkhasie, en Transnistrie, en Krajina, en Bosnie. Il n'hésitera pas à déclarer:
"L'arme donne à chaque homme un sentiment de force, de liberté. La guerre exerce une attirance gigantesque. En tant que participant à cinq guerres (Slovénie, Moldavie, Bosnie, Abkhasie, Krajina) je peux dire sans hésiter que la plupart des hommes éprouvent un grand plaisir en combattant. Moi-même, avec une mitraillette, parmi mes collègues armés, je respire l'odeur de brûlé, la puanteur des cadavres, la pisse, et je me sens beaucoup plus libre qu'à Paris. J'ai toujours eu l'instinct d'agression, et grâce aux guerres, je peux le satisfaire".
Dans son journal La Sentinelle assassinée, paru à L'Age d'Homme, il raconte une visite d'inspection en compagnie de Radovan Karadzic sur les hauteurs d'où les Serbes pilonnent Sarajevo.
"Un gars tire à la mitrailleuse légère sur une cible que nous ne voyons pas. La bande se raccourcit à vue d'oeil. Le gars m'aperçoit. Il se lève. "Tu veux tirer?" Je me couche derrière la mitrailleuse. La bande se raccourcit, la crosse trépidant dans le creux de l'épaule. Je m'exclame : "Pour la Serbie". Et il conclut son chapitre sur un survol de la Bosnie dans un hélicoptère d'attaque. Après l'atterrissage, le chef de la république serbe auto-proclamée de Pale s'éloigne:
"Je lui fais mes adieux sur un aérodrome militaire de Belgrade, sombre et désert. Mes voeux de victoire, Radovan Karadzic".
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A la même époque, Patrick Besson se rend lui aussi en Serbie et ne craint pas de s'afficher dans une réception "littéraire" donnée sous la présidence d'honneur de Radovan Karadzic, à Visegrad, le 11 mars 1995. Il fera plus tard paraître une interview de ce criminel contre l'humanité en le présentant avant tout comme un poète et un psychiatre, c'est à dire doublement sensible aux blessures de l'âme. Les questions? "Est-ce Shakespeare qui vous a conduit à Freud, ou Freud à Shakespeare?" ou "Quelle impression cela produit sur vous d'être le poète et le psychiatre le plus connu au monde?". Patrick Besson fait-il partie de ces "hussards", de ces "dandys", qui n'auraient vu en Hitler qu'un petit peintre viennois au temps des crématoires, en Massu qu'un génial bricoleur au temps de la gégène, en Pinochet qu'un aimable amateur d'orchidées, au temps des fusillades?
Patrick Besson, avant de se recycler à Marianne, était de nombre de combats de l'extrême-droite. Pour lui, l'antiracisme, "c'est une sorte de passeport magique, vachement tentant pour un mec qui a des choses à se reprocher. Si vous n'avez pas de talent, d'un seul coup, vous êtes considéré. Pas mal d'ordures se cachent parmi les antiracistes. Exactement comme les crapules qui se précipitant à Monaco pour ne pas payer d'impôts". (Cinérevue, 26 mars 1998). C'est sans aucun doute sa volonté de promouvoir un véritable antiracisme qui l'a conduit à écrire, dans Le Viol de Mike Tyson, concernant les positions amoureuses: "La femme noire se met naturellement à quatre pattes alors que la femme blanche hésite"...
Le viol est l'une de ses obsessions. Dans son "Coup de gueule contre les calomniateurs de la Serbie", il n'hésite pas à prétendre qu' "après la chute du Mur de Berlin, les jeunes femmes russes et polonaises sont entrées sans difficulté dans la prostitution car elles avaient déjà l'habitude de coucher avec plusieurs hommes dans la même journée, voire dans le même lit".
Cette attaque de chapitre va lui permettre, quelques pages plus loin de se lancer dans une démonstration visant à nier la réalité du viol massif des femmes bosniaques.
"Paraît aussi qu'ils violent des femmes. Les viols, on ne les voit pas, mais on entend le témoignage gratiné des femmes violées. Le Croate et le Musulman, ils sont un peu colère: pendant qu'ils s'emmerdent dans leur carrée, le Serbe prend du bon temps. Qu'est-ce qu'il leur reste, à eux? Thé à la menthe pour le Musulman, slivovitz pour le Croate. (...) Vous parlez d'une vie de soldat. Engagez-vous, rengagez-vous, qu'ils disaient, Klujic et Izetbegovic. Ils pourraient aussi, tant qu'ils y sont, leur filer des travaux de broderie. Quand ils pensent, le Croate et le Musulman, que le Serbe n'a pas violé une femme, mais 60 000 (soixante mille), ils en sont malades. Soixante mille femmes violées (quelqu'un a-t-il déjà noté que l'anagramme de violée est voilée) par les soldats serbes".
Violée, voilée... Tout est dit, ou presque. Au coeur d'un autre chapitre, Besson s'en prend aux médecins de Première Urgence présents en Bosnie. D'après lui, ils dépriment en ne disposant que d'un ou deux livres pour tromper leur ennui: "Les humanitaires font le compte de ce qu'ils ont à lire: deux livres de Pierre Bellemare, un point, c'est tout. Pas terrible. Ils auraient quand même pu penser à prendre, avant de quitter la France, un petit Finkielkraut chez Arléa, un Lévy en Livre de Poche, un Bruckner en Points-Seuil, un Kouchner en France-loisirs".
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L'antisémitisme allusif n'est pas le genre préféré de Marc-Edouard Nabe, un très bon ami de Patrick Besson. Ils collaboraient ensemble à L'idiot International, quand Jean-Edern Hallier ne craignait pas d'y décrire ainsi les juifs : " Arrogants, haineux, installés bien au chaud parmi les courtiers en morve et en choléra du lobby américain, leur vulgarité haineuse n'est jamais allée aussi loin dans l'histoire de l'abjection humaine. (...) On les voit ressortir de partout, de tous les égouts, les radios, les télés, les journaux. La main dans la main avec le Front National, ce sont les zombis du lumpen-fascisme. Autrefois ils étaient bijoutiers, flics, huissiers, usuriers, contrôleurs d'impôt. par tous les moyens, ils essayaient d'humilier et de voler les arabes". (N° 46, 30 janvier 1991). Il sera condamné pour incitation à la haine raciale.
Marc-Edouard Nabe, protégé de Phillipe Sollers et habitué des émissions à prétention littéraire de Canal+, ne pouvait que se sentir à l'aise en pareille compagnie. En 1984, il avait fait paraître un pamphlet Au Régal des vermines chez Bernard Barrault, soutenu par Gilles Perrault qui publiait en même temps et chez le même éditeur Un homme à part consacré à Henri Curiel. Nabe y faisait pourtant profession d'ignoble, à visage découvert: "Barrault, il trouve qu'Au régal des vermines est assez bourré de dynamite comme ça. Il a commencé à sabrer, dans les vingt premières pages que vous ne lirez pas ici, les passages trop caricaturaux sur les rabbins, les hassidiques, les lamentés de toutes sortes, les cacher à phylactères... Avec plaisir on vous sort des petites esquisses méchantes à souhait de gros Bretons cons avec leurs chapeaux ronds, de nègres avec un os dans le nez, de Corses en sieste sous un arbre et on vous tient même les côtes que vous riiez bien décontracté! Un yiddish barbu à petites couettes en train d'enculer un cochon : ça ne passe pas, ça gêne, ça gêne. Instructif! 1984! Je note".
Un peu plus loin, le délire antisémite atteint son apogée:
"Dreyfus, Rothschild, Hitler, Exodus, Israël... Maintenant, ce qui est intéressant c'est Jérusalem Céleste. De la "question" juive raciale d'Hitler, on est passé au "problème" juif d'Israël, lentement on s'approche du Mystère hébreu, de la Genèse restituée si j'ose dire, la fantastique attente du Messie. Comprenez alors que le sort de l'humanité se joue dans cette bagarre de bicots enflammés". "Les croisades, l'humanisme, les rois, les révolutions, les guerres, le romantisme, l'art moderne, tout dans la dynamique de l'histoire est juif. Des premiers quolibets à la solution finale, rien n'a pu enrayer ce processus. Plus les ondes autour du Juif swinguent dans le néfaste, plus le monde est judaïque. L'archet juif touche tout ce qui est né sous le signe de Jésus. Depuis deux mille ans, il nous aurait été facile de nous débarrasser des Juifs, pas besoin d'attendre Hitler et ses gros sabots".
Lors de sa sortie, ce livre fut défendu, au nom du style, par des plumes aussi différente que celles de Delfeil de Ton, Michel Polac, Patrick Besson, Gérard Guégan ou Frédéric Ferney. Jérôme Garcin eut, lui, le courage de dire ce qu'il en pensait.
Pourquoi Bernard Pivot offrira-til sa tribune d'Apostrophe à Nabe qui l'utilisera pour lancer ses anathèmes? Ulcéré par le discours antisémite qui se donnait libre cours sur les écrans, Georges-Marc Bénamou se déplacera jusqu'aux studios d'Antenne 2 pour gifler le dandy, ce qui lui vaudra d'être appelé "Benamerde" dans le journal de Nabe. Il est vrai que le mentor de Nabe, Jean-Edern Hallier ne pouvait pas écrire Jean Daniel sans déraper sur Ben Sanisette. Comme tous les écrivains d'extrême-droite, Marc-Edouard Nabe empile ses livres et s'y juche dans la posture d'un Céline de sous-préfecture. Il consacre des dizaines de pages à rendre hommage à la voix de son maître:
"Il n'est pas question de reprocher à Céline ses pamphlets, d'abord parce qu'ils ont été dictés, soufflés par l'un des esprits les plus sains, les plus fous de grandeur, par certainement l'écrivain français le plus noble, le plus humain, le plus irréprochable éthiquement, le plus utile, celui qui a vraiment risqué quelque chose, qui n'a pas eu peur de s'offrir à l'hallali pour prévenir les hommes, c'est-à-dire les espérer moins cons et moins salauds".
Céline n'a pris que le risque de se réfugier chez ses protecteurs nazis, pendant qu'un poète qu'il avait dénoncé était assassiné. En mars 1941, Robert Desnos avait réussi à faire paraître dans l'hebdomadaire Aujourd'hui une critique négative du livre pro-nazi de Céline, Les Beaux Draps. Céline exigea de répondre dans le numéro du 17 mars 1941 pour le désigner à ses maîtres:
"M. Desnos me trouve ivrogne, vautré sur moleskine et sous comptoir, ennuyeux à bramer, moins que ceci... pire que cela... Soit ! Moi je veux bien, mais pourquoi M. Desnos ne hurle-t-il pas plutôt le cri de son coeur, celui dont il crève imbibé... "Mort à Céline et Vivent les Juifs!" M. Desnos mène, il me semble, campagne philoyoutre (et votre journal) inlassablement depuis juin. Le moment doit être venu de brandir enfin l'oriflamme. Tout est propice? Que s'engage-t-il, s'empêtre-t-il dans ce laborieux charabia!... Mieux encore, que ne publie-t-il, M. Desnos, sa photo grandeur nature, face et profil, à la fin de tous ses articles?".
Incarcéré à Compiègne, déporté en Allemagne puis au camp de Terezin, Robert Desnos y est mort en avril1945. Et il est encore de bons esprits qui, aujourd'hui, lorsqu'ils lisent sous la plume de Céline "Mort aux Juifs..." s'extasient sur ses géniaux trois points de suspension.
J'y vois, quant à moi, la trace de la rafale.
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