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    Accueil Sur Nabe Presse 2000 Critique de Kamikaze par A. Karway - Mediabarre infos - 12 mai 2000

    Critique de Kamikaze par A. Karway - Mediabarre infos - 12 mai 2000

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    Critique de Kamikaze par A. Karway - Mediabarre infos - 12 mai 2000

    Tête brûlée

    22e ouvrage de Marc-Édouard Nabe, Kamikaze est un véritable pavé, 1 302 pages ! Un pavé dans la mare de l’édition française. Un pavé en pleine face !

    Fils d’un clarinettiste de jazz, Marc-Édouard Nabe (M.-É. N.) – de son vrai nom Alain Zannini – publie depuis 1983 son journal intime. Après Nabe’s Dream, Tohu-Bohu et Inch’Allah, voici donc le 4e tome, couvrant la période de mai 88 à septembre 90.
    Il est impossible de résumer un tel « monument », une telle somme de travail (égocentrique ?).
    Jour après jour, on suit Nabe : ses « aventures », ses problèmes amoureux, ses relations avec les éditeurs, ses soucis financiers (nombreux !), ses amis, ceux qui le sont un peu moins, la naissance de son fils, ses coups de cœur, ses coups de griffes, « tout ce que charrie ce journal comme passions, rencontres, notes de lectures, propos rapportés » (p. 2643).
    À la parution d’un journal intime « nabien », la première chose à faire c’est de se précipiter – fébrilement – dans l’index (55 pages pour Kamikaze !), histoire de se mettre l’eau à la bouche.
    Dans celui-ci, on « croise » bien évidemment des jazzmen (Monk, Holiday ?), des dessinateurs (Gégé, Siné), Claude Nougaro, Albert Algoud, Thierry Ardisson, Patrick Besson (bien sûr), Philippe Sollers, Fassbinder, Guitry ? Et l’inévitable triptyque : Léon Bloy, Céline, Powys.
    L’intérêt et la saveur (entre autres) de cet opus est double : tout d’abord dans la collaboration de M.-É. N. à l’Idiot International de Jean-Edern Hallier et ensuite l’idée de publier son Journal Intime.
    Nabe est « le premier convaincu de la valeur quasi pathologique de ce document sur la méchante bataille d’un écrivain aux prises avec son temps ». Mais un tel ouvrage calme beaucoup d’éditeurs ? Cela pourrait même constituer un roman à part entière. Tout comme ses aventures à l’Idiot International et ses relations tumultueuses avec le « Borgno-Celto cocaïnomane » (p. 3201), Jean-Edern Hallier.
    On découvre tous les dessous turbulents de ce brûlot journalistique qui a tenté d’apporter un peu d’air frais à la fin des années 80 ; et auquel Nabe a fortement contribué. De la publication de Rideau (un livre-journal de 4 pages) dans le numéro 37, à la nuit passée dans la forge de Mulhouse (I.I. n° 21) – dommage que cet article n’ait pas été retranscris : c’est une pure merveille journalistico-littéraire – jusqu’à cette énorme Une du n° 27 : « L’abbé Pierre est une ordure. »
    Autre grand moment de ce Journal Intime, le récit du Réveillon de l’Hôtel Meurice en décembre 89, et publié au Rocher (10 ans pour rien ? / Coll. Lettre Recommandée). On sait enfin tout sur la rédaction des 7 pages de Nabe. Un vrai coup de grâce... Pour toutes nuques !
    Depuis septembre 96, nous attendions avec impatience et délectation ce tome. Il est à la hauteur de nos espérances. « Un phénomène unique dans l’édition » selon M.-É. N. Sans nul doute. À peine digéré, on attend la suite.
    Kamikaze tire sur tout ce qui bouge. Tora, Tora, Tora ! Attention : tête brûlée !

    A. Karway.