Playboy parle du Bonheur - janvier 1988
NABE, LE BONHEUR : BONHEUR D'ECRIRE, BONHEUR DE LIRE.
Le Bonheur, par Marc-Edouard Nabe
Son nom est déjà sur toutes les lèvres. avant même d'avoir écrit ce vaste premier roman, Nabe avait dérangé le traintrain littéraire avec ses essais. On l'a vu à la télévision, avec ses réparties incisives, on commençait même à se méfier un peu de ce jeune homme qui avait réponse à tout. Et puis, il nous donne ce pavé de 500 pages où il explose dans un bonheur total d'écriture. Bonheur, oui. C’est d'ailleurs le sujet du livre.
Andréa, le personnage principal, est un des assistants de Z..., peintre officiel qui a reçu commande d'une fresque représentant le Bonheur. Andréa doit peindre des pieds en lévitation. Pour corser son inspiration, il part pour l'Italie. Il n'y arrivera jamais. A Marseille, sa ville d'enfance, l'appel des souvenirs est trop fort. Et c'est finalement là le sujet de ce long roman symphonique. Andréa avait besoin de crever l'abcès de nostalgie.
Nabe se sert du roman pour non donner sa vision du monde. Le sujet, dans le fond, n'est qu'un prétexte à ses lubies, ses phobies et ses mégalomanies.
L'ensemble est parfois bavard, mais au moins, ça nous change des petits fascicules-prospectus que sont bon nombre de premiers romans. Nabe, le nabab. Romancier doublé d'un moraliste, à la fois tendre et insolent, il est en haut de l'affiche de ce début d'année. (Denoël, 508p, 130 F)
Jean-Paul Filly
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