Le site des lecteurs de Marc-Édouard Nabe

Ils n'en parlent pas
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Sollers enculé par L'Enculé - Le Journal du Dimanche - 30 octobre 2011


Sacré Sollers ! Nous avons la certitude désormais que ce grand nabo-négationniste de Philippe Sollers a eu en mains et a peut-être lu L'Enculé. En ne pouvant pas s'empêcher de ne pas en parler, il avoue que ça lui fait mal au cul que Nabe ait écrit le livre qu'il aurait rêvé de publier (parce qu'écrire, il en est évidemment incapable). Tous ses non-dits depuis vingt-cinq ans le rendent si touchant, dans le genre vieux ringard jaloux et seul...

Sollers enculé par L'Enculé - Le Journal du Dimanche - 30 octobre 2011

Encore DSK

[...]
Arrêtez ce film réel DSK ! Que peut-il se passer dans la tête de cet ex-président virtuel de la République ? On ne saura pas, sauf si DSK s'explique lui-même. Cette nouvelle affaire lilloise laisse pantois. J'aime beaucoup le surnom du proxénète belge, acteur des fournitures « avec colis » dans les chambres de l'hôtel Carlton, « Dodo la saumure ». Des flics compromis, des livraisons de prostituées à Washington, pourquoi tant de légèreté, tant d'imprudences ? Libido compulsive ? Viagra ? Hallucination permanente ? Que DSK accepte donc d'écrire ses Mémoires. Qu'il lise enfin, pour rougir, Histoire de ma vie, de Casanova. Qu'il raconte tout, avec détails. Je publie, on fait un tabac. Il faut élucider cette énigme de la nuit sexuelle. Titres possibles : « Les Affinités mystérieuses », ou bien (sujet très actuel) « La Virilité dans tous ses états ».

 
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Assouline n'en parle pas à propos de D'écrire j'arrête d'Alain Nadaud

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09 juillet 2011

D’écrire Alain Nadaud arrête

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D’aucuns prétendent qu’il est aussi facile d’arrêter d’écrire que de cesser de fumer. Même qu’ils y parviennent sans problème tous les soirs, avant de se coucher. Admettons et oublions un instant le tabac. Un écrivain qui annonce à son entourage son intention de ne plus écrire, ce n’est pas courant. On se demande si c’est du lard ou du cochon. En tout cas, même si rien n’est précisé en couverture, ce n’est pas de la fiction et encore moins de l’autofiction, genre qui hérisse Alain Nadaud, auteur de D’écrire j’arrête(130 pages, 13 euros, Tarabuste éditeur), son dernier livre. Vraiment le dernier, c’est le cas de le dire. Ce n’est pas seulement une formule de nature à faire un beau titre. C’est son histoire, celle d’un sexagénaire à plume, Français volontairement exilé en Tunisie près de Carthage depuis une dizaine d’années, auteur d’une vingtaine de livres depuis 1980 (romans, nouvelles, récits, essais, théâtre) publiés par autant de grandes que de petites maisons. Alain Nadaud est un écrivain du genre discret, qui ne la ramène pas, publie régulièrement en ne réclamant jamais rien et en prenant ce qui vient (Grand prix du roman de la Société des Gens de Lettres, Prix Méditerranée, Prix Bourgogne) avec joie et dans la surprise. Sa photo n’encombre pas les gazettes. Qu’on parle ou non de ses livres, ce sera accueilli avec une sorte de fatalisme. Tant et si bien que nombre d’arpenteurs de librairies ignorent ses livres et que beaucoup le confondent avec l’éditeur Maurice Nadeau.

Nous le découvrons donc avec sa compagne Sadika, là-bas de l’autre côté du rivage, annonçant qu’il arrête d’écrire. D’ailleurs, il le prouve et se consacre exclusivement à la lecture : Paludes de Gide, qui lui fournit d’ailleurs son épigraphe (« Nous avons bâti sur le sable des cathédrales périssables »), l’Histoire de la Révolution française de Michelet… Son entourage n’y croit pas. Allons ! Il ne va tout de même pas se la couler douce. Et puis écrivain, c’est une vocation, pour la vie. Pas comme coiffeur. On ne le prend pas au sérieux. Mais il insiste : c’est fini… Il invoque la quête du silence de Maurice Blanchot, l’effacement progressif de Beckett vers une concision tendant au mutisme, et bien sûr le plus célèbre cas de cessation d’activité poétique de l’histoire des Lettres, Rimbaud qui posa jeune la plume après avoir fait le tour de la question. Ces glorieux aînés n’ont-ils pas tiré un trait ? Rien n’y fait : eux c’est eux, lui c’est lui. Finalement, ceux qui en font l’effort le comprennent : il n’a plus le goût, le désir l’a déserté : « A force, c’est la lassitude qui l’emporte. En amour comme en écriture, quand on perd la foi, il faut savoir à temps mettre le point final ; et au bon endroit en plus ». La comparaison n’est pas gratuite, il la pousse jusqu’à la métaphore : « Et au moment où le besoin de séduction se fait moins fort, est-ce que la pulsion d’écrire décline elle aussi, à proportion ? » On ne lui fera pas écrire le ou les livres de trop. Ni aigreur ni ressentiment. D’ailleurs, les lettres de refus des éditeurs, qui plongent tant d’auteurs dans la dépression, le comblent ; il va jusqu’à les collectionner comme on confectionne pour son seul enchantement une anthologie de l’hypocrisie et du cynisme. Le fait est qu’écrire lui avait toujours été une nécessité. Il s’y livrait sans concession au goût du plus grand nombre et n’écrivait qu’à condition de toucher « aux origines du signé écrit et à ce qui l’engendre ». Belle exigence. N’empêche que la source s’est asséchée. Ca ne vient plus comme avant. Ceci explique aussi cela. D’autres, cela ne les empêche pas de continuer à produire et à signer pour se donner l’illusion d’exister encore. Pas lui.

Le pire est que, lorsqu’il se disait écrivain en société, cela n’intéressait personne ; mais depuis qu’il refuse d’écrire, son cas mobilise les conversations. Chacun y va de son opinion. Désormais, le matin il lit mais avec l’étrange impression de perdre son temps. Cela lui fait tout drôle car durant l’essentiel de sa vie d’homme, il a écrit le matin. Peut-être qu’en marchant à la Lacarrière et en prenant des notes à la Stevenson tout s’arrangera. En attendant, sa vie perd de sa saveur puisqu’il s’est défait du réflexe qui consistait à vivre toutes antennes dehors de manière à tout réutiliser dans un roman. Déjà, son récit se la coule douce. On s’y laisse prendre, sans effort et sans forcer son empathie. D’autant qu’à la fin, il nous fait part au réveil d’un rêve étrange : il écrivait un roman intitulé Eleuthéria, princesse morte… Il apprend par la suite que c’était le titre de la toute première pièce de Beckett, longtemps inédite et introuvable. Il la trouve, la lit et y découvre qu’un des personnages est un écrivain qui ne peut plus écrire, en proie à une véritable expulsion organique de l’écriture ! Eleuthéria, déesse qui délivre l’écrivain au travail sans quoi il peut en mourir. A la toute fin, avec une certaine jubilation, on voit l’écrivain écrire D’écrire j’arrête. Les éditions Tarabuste, sises rue du Fort à Saint-Benoît-du-Sault (36170) en seront l'avisé éditeur. Mais que Nadaud ne s'avise pas de publier un autre livre !

Celui-ci est un livre à offrir. A certains écrivains de préférence. S’ils sont de vos amis, ils ne le seront plus avoir reçu ce cadeau. Ainsi nettoie-t-on son carnet d’adresses sans attendre la mort terrestre de ceux qui l’encombrent inutilement. Grâce à Alain Nadaud et à son exquis traité de savoir-ne-plus-écrire. En plus, on visite la Tunisie.

 
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Fluctuat.net - Le nouveau roman de Dantec sera autoédité : 3 questions à son agent David Kersan

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Le nouveau roman de Dantec sera autoédité : 3 questions à son agent David Kersan

Posté par Benjamin Berton le 01.03.11 à 15:10

Maurice G. Dantec

 

On parlait pas plus tard que la semaine dernière de la campagne de promotion qui se mettait en oeuvre autour du nouveau livre deDantec (à paraître en janvier 2012). En dévoilant ce matin les deux premiers trailers de son roman, Maurice Dantec en a non seulement livré le titre, Satellite Sisters, mais aussi annoncé une autre surprise de taille : le livre, qu'on annonçait aux éditions Rivages, sera autoédité et diffusé en exclusivité sur une plateforme à venir.

Les quelques indices liés à son contenu constituent quant à eux une formidable promesse pour ses lecteurs de la première heure et les autres : Satellite Sisters sera la suite de Babylon babies et une sorte de All Star Game, où l'auteur des Racines du mal fera intervenir l'ensemble de ses personnages majeurs.

Pour mieux comprendre ce choix de l'auto-édition, et en attendant d'en savoir plus sur cette nouvelle aventure cosmique, on a posé quelques questions à David Kersan, agent de l'auteur et réalisateur des trailers drôlement séduisants de ce roman. Interview express. 

Photo de Maurice Dantec © Nicolas Reitzaum.

Fluctuat : Pouvez-vous nous livrer un indice, un élément mystère sur ce nouveau roman, Satellite Sisters ?
David Kersan :
Satellite Sisters, car les Babylon Babies, les jumelles Zorn, ont grandi. Je peux vous indiquer que le livre s'ouvre sur Hugo Cornelius Toorop réalisant le premier attentat orbital de l'Histoire. Tous les célèbres personnages de Dantec seront partie prenante de l'aventure, d'Alice Kristensen (La Sirène rouge), à Darquandier, Joe-Jane, Marie Zorn et les jumelles Sara et Ieva, Toorop naturellement, jusqu'au tueur mythique des Racines du Mal, Andreas Schaltzmann. J'en suis à ma seconde lecture, et à l'heure où j'écris ces lignes, Toorop prend un bain de soufre dans la jungle équatoriale. 
A l'opposé de son dernier roman qui n'était pas une vraie suite de Villa VortexSatellite Sisters est la vraie suite de Babylon Babies, la reprise de l'histoire, des personnages et de l'écriture pop qui le caractérise. 

Avez-vous travaillé directement avec Dantec sur la promotion du livre, et notamment les trailers ? Pourquoi vous y prenez-vous si longtemps à l'avance ?
Dès que je réalise un trailer, il est adressé à Maurice Dantec dans la foulée. Mon travail est d'anticiper au maximum ses remarques sur le fil narratif, mais son avis reste essentiel. Et comme je vais en diffuser un par mois jusqu'à la sortie, j'ai donc carte all access à Satellite Sisters qui jouira d'une nouvelle liberté promotionnelle. Concernant la précocité de diffusion des deux premiers trailers, nous estimons qu'une année n'est pas de trop pour que son public, vaste et hétérogène, intègre l'idée que désormais ses livres, romans et futurs journaux se vendront exclusivement depuis son futur site officiel que je lancerai tout début 2012, en collaboration avec une agence de développeurs américains. 

Le livre sort donc en auto-édition. J'en étais resté au "deal" avec Rivages. J'imagine que c'est un choix plus qu'une obligation ?
Maurice Dantec avait rencontré un haut cadre de la Maison à Montréal, nous avions parlé d'un projet de roman. En décembre de la même année (2009), il en a commencé l'écriture mais quelques semaines plus tard, il a pris la décision de ne plus continuer ce roman, et de tout réinitialiser en se basant sur son véritable désir : écrire la suite de Babylon Babies et maintenir, voire accroître l'espace de liberté acquis depuis son départ des éditions Albin Michel. 
Dès que cela fut clairement décidé, nous avons immédiatement pensé à reprendre une idée qui nous avait traversé l'esprit après son départ de chez Albin, en nous inspirant de ce que faisaient des groupes rock comme Nine Inch NailsPrince, Crystal Method, Radiohead, ou Stephen King qui est le premier écrivain à s'être autoédité via son site internet : soit l'application directe du "digital do it yourself". 
Sa notoriété lui permet aujourd'hui de s'autoéditer et cette nouvelle liberté n'a aucun prix, sans compter qu'elle lui permettra de diffuser également son travail musical. Il y a deux mois, Maurice Dantec a renoncé à plusieurs propositions de contrat pour Satellite Sisters, et je viens d’en décliner une nouvelle, reçue cet après-midi d’une major de l’édition. Je vais désormais me consacrer à la fabrication de sa future plateforme de vente qui sera disponible via mauricedantec.com. Précisons enfin que seul le livre au format papier sera disponible : aucune version digitale, ni poche ne sera envisagée. Une nouvelle ère s'ouvre.
 
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Brami ignore Lucette en citant le Nord de Stévenin - Colloque Céline - 4-5 février 2011


Certains se souviennent peut-être du livre d'Émile Brami sorti en 2003 : Céline, Je ne suis pas assez méchant pour me donner en exemple (republié en poche en janvier 2011 sous le titre Céline à rebours) où il usait du même procédé que Nabe dans Lucette (1995) : raconter la vie de Céline dans l'ordre chronologique inverse. Et comme un silence est souvent bien plus éloquent qu'un long discours, c'est ce même Lucette qu'Émile Brami omet de citer lors du Colloque Céline à Beaubourg (le 5 février 2011), dans son intervention sur les tentatives d'adaptation de Céline au cinéma, alors qu'il évoque le sujet même du roman de Nabe : le désir de Jean-François Stévenin de réaliser une version cinématographique de Nord ! Quand un lecteur présent dans l'assemblée lui fait la remarque, M. Brami noie le poisson en disant que c'était écrit sur ses notes. Il faut croire qu'il est des notes plus difficiles à lire que d'autres, M. Brami !

Emile Brami Écouter l'intervention (la version complète peut-être entendue ici) :


Transcription de l'audio :

Pourtant, dans tous ces noms, il y en a trois qui émergent. Ces trois noms, c'est Michel Audiard, Sergio Leone et Jean-François Stévenin, qui chacun à sa manière, a eu envie d'aller un petit peu plus loin que le simple effet d'annonce des autres metteurs en scène.
(...)
Enfin, Jean-François Stévenin (avec qui j'ai eu des entretiens), fait partie des originaux, puisque lui ne veut pas adapter Voyage au bout de la nuit, mais il veut mettre en scène Nord. Alors il raconte très volontiers le film tel qu'il l'imagine. Ce serait une histoire sans chronologie, il voudrait une espèce de rêve éveillé, et comme il dit, un film sur la fatigue et l'épuisement. Mais le problème c'est que jusqu'à ce jour il n'a pas écrit une ligne de scénario, c'est plus dans son esprit un fantasme, quelque chose qu'il aime à raconter.
(...)
(intervention d'un lecteur dans l'assemblée) – Bonjour, par rapport au fantasme cinématographique qui plane sur toute l'oeuvre de Céline, je crois qu'il serait bon de citer le roman de Marc-Édouard Nabe qui s'intitule Lucette, et qui a pour objet précisément l'obsession de Stévenin de tourner Nord et pourquoi finalement il n'y parvient pas. C'est un des moteurs du roman.
(Réponse de Brami) – Alors... Je vous passerai le texte, ça y'est aussi...


 
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Ungemuth réussit à ne pas citer Nabe - Gonzaï.com - 4 février 2009


Paudras + Jazz + Bloy + Céline + Barbey + Rebatet = ?

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Nicolas Ungemuth

4 février 2009

RENCONTRE

Gonzaï rencontre Ungemuth. «Encore un truc de parisiens !», «Ras-le-bol des journaleux qui fréquentent les mêmes bars !», «Qu’ils viennent sur le terrain, partager la Kro tiède avec les Mystic Fuckers de Châteauroux ! »…. On entend d’ici – QG Gonzaï inc., Avenue Foch, côté soleil l’après-midi car c’est mieux pour l’amour, l’après-midi – la colère des régions sans Tour Eiffel, la mauvaise humeur des Gascons du rock, la grogne de l’artisanat myspace.

Raison gardons, gentlemen !

Pour détendre l’atmosphère, quelques questions simples : depuis combien de temps n’avez-vous pas lu un rock-critic qui semble croire à ce qu’il raconte ? Quoi de meilleur que de refermer Rock’n’Folk avec l’envie de foncer chez le disquaire ou de casser la gueule du journaliste (c’est selon ; si Ungemuth a éreinté ou non votre groupe fétiche) ? Et puis, entre nous, avez-vous déjà suivi les conseils de Jean-Vic Chapus (Rock&Folk) ou Jean-Daniel Beauvallet (Inrocks) ? Non, vous le savez, je le sais, les Mystics Fuckers de Châteauroux aussi. La prochaine tournée de Kro tiède est pour moi. Voilà. Nicolas Ungemuth a ramené de l’épiderme dans la presse rock. Avec style parti-pris, sans cet arrière-goût de dossier de presse, fade et pourtant si tenace ces derniers temps. Bon, ce n’est pas une révolution esthétique, un grand débat de fond, la réponse à l’avenir du rock et au téléchargement… Inutile de déterrer BHL ou Lester Bangs. Mais ça manquait, tout simplement. Et ça méritait bien une interview.

Gonzai : A la lecture des mails que nous avons échangés, j’ai eu l’impression que tu venais d’une famille de musicien…

N.U : Non, pas du tout, mais mon père était un fanatique de jazz, très ami avec le pianiste René Urtreger (qui joue par exemple avec Miles Davis sur Ascenseur pour l’échafaud), ou avec l’organiste Eddy Louis qui a fait des choses exceptionnelles avant pas mal d’atrocités, particulièrement avec Stan Getz. Il était également très proche de Francis Paudras (qui a hébergé Bud Powell puis écrit La Danse des Infidèles, livre adapté par Tavernier pour son film Autour de minuit). Ma mère était simplement fan des Beatles, des Stones, des Kinks, de Stevie Wonder… J’écoutais sa collection de disques.