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    2002

    Caricature de Nabe dans Charlie Hebdo autour des "nouveaux réacs" - 31 décembre 2002

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    Caricature de Nabe dans Charlie Hebdo autour des "nouveaux réacs" - 31 décembre 2002

    Caricature de Nabe dans Charlie Hebdo autour des

    "LES NOUVEAUX REACS"


    Patrick Buisson
    DANIEL LINDENBERG PUBLIE "LE RAPPEL A L'ORDRE" UNE ENQUETE SUR LES NOUVEAUX REACTIONNAIRES QU'IL A DEBUSQUES, CE QUI SUSCITE LA COLERE DE MARC-EDOUARD NABE ET DE MAX GALLO...
    Max Gallo
    JE NE VAIS PAS USER D'EPITHETES VIOLENTES : LA THESE DE LINDENBERG NE LE MERITE MEME PAS !... MOI JE CROIS QUE LES REPERES SONT AUSSI MOBILES QUE LES IDEES : SUIS-JE REACTIONNAIRE EN DISANT CELA ?
    Nabe, auteur de "Alain Zanini" (c'est son vrai nom)
    ECOUTEZ : TOUT ÇA EST DE MA FAUTE, DE MA TRES GRANDE FAUTE. J’AI PUBLIE EN 85 "AU REGAL DES VERMINES". PEUT-ETRE VA-T-ON LE REDECOUVRIR. À MA SUITE, QUELQUES-UNS DE CEUX DONT M. LINDENBERG PARLE ONT IMITE CE QUE J'AVAIS TENTE DE FAIRE EN SOLO : "FAIRE ECLATER TOUS LES REPERES. IL A COMPRIS, EN ME CITANT TRES PEU, QUE J'ETAIS PAS REACTIONNAIRE, MAIS REVOLUTIONNAIRE....
    Daniel Lindenberg (En fait Lindenberg c'est Marcel Zanini sans son petit chapeau... )
    ... JE SUIS PAR EXEMPLE SCANDALISE QU'UNE EXPRESSION COMME "DROITS-DE-L'HOMMISME", QUI VIENT DE L'EXTREME DROITE SOIT AUJOURD'HUI COURAMMENT UTILISEE....
    Nabe
    VOUS ETES UN HISTORIEN DU PASSE, MEME SI C'EST PLEONASMATIQUE*... LES SOIXANTE-HUITARDS SE SONT EUX-MEMES REPLIES DANS LEURS PROPRES CARICATURES...
    * (Désolé, Marc-Edouard, on dit "PLEOMASTIQUE")
    Nabe
    CE GENRE DE LIVRE, GALLO ET MOI LE SAVONS, EST RECURRENT : TOUS LES DIX ANS, IL Y A EN EFFET UN "EPURATEUR"...
    Patrick Buisson
    QUI ETABLIT UNE LISTE DE PROSCRIPTIONS !
    Max Gallo
    MOI, ON NE ME RAPPELLE PAS A L'ORDRE ! LE TEMPS OU LES INTELLECTUELS ETAIENT SOUMIS A UN OPIUM MARXISTE EST REVOLU !.... JE POURRAIS PARLER DE MOI, MAIS ÇA N'A PAS D'INTERET. CE QUI EST INTERESSANT, CE N'EST PAS MA POSITION (ELLE PEUT ETRE INTERESSANTE, MAIS...) C'EST DE SAVOIR CE QUI A DETRUIT CES REPERES : COME L'A DIT M. EDOUARD NABE, C'EST L'UTILISATION HYPOCRITE, MENSONGERE DE CES REPERE PAR LA GAUCHE. LES INTELLECTUELS DEMOCRATES QUI, COMME M. LINDENBERG, NIENT LA NATION DEPUIS 25 ANS PORTENT LA RESPONSABILITE DE L'ETAT ACTUEL DE LA DEMOCRATIE !
    Nabe
    L'INTERESSANT EST DE POUSSER LA DEMOCRATIE DANS SES DERNIERS RETRANCHEMENTS....

    DEBATS SUR LCI - VU A LA TELE
     

    Enquêtes interdites n° 26 - fin 2002 ou début 2003

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    La rédaction d'amnistia.net visée par le groupe nazi Unité Radicale. Et par d'autres...

    Editorial de la rédaction

    Lors de la cérémonie du 14 juillet dernier sur les Champs-Elysées, Maxime Brunerie, militant du groupe d'extrême droite Unité Radicale, mettait en pratique ses consignes de "loup solitaire" en tentant d'assassiner le président de la République (voir "Le tireur nazi du 14 juillet"). Quelques semaines plus tôt, le score de Jean-Marie Le Pen au premier tour de l'élection présidentielle avait ébranlé le système politique français.

    En août, le Gouvernement prononçait l'interdiction d'Unité Radicale, notamment fondée par Christian Bouchet, (voir "Le fondateur du groupe nazi Unité Radicale invité de l'Université lyonnaise")  et de son site de haine télématique. Le 15 septembre, lors de la célébration de la messe dominicale, un commando baptisé pour l'occasion Unité Amicale, agressait très violemment le père Berger, curé de la basilique de Saint Denis, engagé aux côtés des sans-papiers.

    Dans un premier temps, l'enquête de police permettait d'appréhender quatre personnes et de les inculper "d'association de malfaiteurs" et de "violences en réunion avec armes". L'une d'elles se suicidait dans les heures suivant son placement sous contrôle judiciaire. Le travail d'investigation de la Brigade criminelle aboutissait rapidement à localiser un groupe logistique d'une quinzaine de personnes défendant sans détour les thèmes racistes et négationnistes d'Unité Radicale.

    Il a rapidement été clair que l'élément central du dispositif était un certain Hervé L., vigile de profession, comme Maxime Brunerie. Il y a quelques années, Hervé L. a milité dans un groupe d'ultra-gauche, dont quelques éléments ont rejoint l'extrême droite néo-nazie sur la base d'une critique radicalement antisémite de l'Etat d'Israël. Ce milieu a encore beaucoup de difficultés à affronter la réalité de ces dérives contrairement aux mouvements anarchiste, communiste, écologiste ou trotskyste qui, après une période de flottement devant ce qui apparaissait alors comme inconcevable, ont entrepris de dénoncer ces passerelles "rouges-brunes".

    Lors d'une perquisition au domicile de L., les policiers découvraient les traces de recherches sur la fabrication de bombes artisanales, ainsi qu'une liste de personnalités comportant leur état civil et leur adresse précise. Cette liste comprenait deux types de noms: ceux de personnes liées par les hasards de la vie à l'histoire sombre des années 30 et 40: un avocat exécuteur testamentaire de l'écrivain antisémite Lucien Rebatet, et Lucienne Destouches, veuve du non moins antisémite Louis-Ferdinand Céline. On peut imaginer qu'Hervé L. rêvait de poser sur la photo près de ces témoins d'un passé dont il semble souhaiter aujourd'hui le retour.

    La deuxième partie de la liste concernait, elle, des personnalités du monde politique ou littéraire, considérées comme appartenant à la gauche. On y trouve Claude Lanzmann, auteur de Shoah et directeur des Temps Modernes, Edwy Plenel, directeur de la rédaction du Monde, Bertrand Delanoé, maire de Paris, les écrivains Albert Memmi, Philippe Sollers, Régis Debray, Bertrand Poirot-Delpech, l'essayiste Annie Cohen-Solal ainsi qu'un membre de notre rédaction, Didier Daeninckx.

    Selon Le Monde, H. L. aurait récolté les informations personnelles sur d'éventuelles prochaines cibles de son commando alors qu'il travaillait comme "agent de sécurité" pour le compte des éditions Gallimard auxquelles nombre des personnes listées sont liées.

    F. Robert, dirigeant dissous d'Unité Radicale (U.R.), a admis que L. et la majeure partie de ses troupes appartenaient à U.R. et structuraient un nouveau groupuscule ultra sous la bannière des "Jeunesses Identitaires".

    Nous prenons ces menaces très au sérieux.

    En effet, ce n'est pas la première fois que notre rédaction est la cible de ces milieux dont nous dénonçons la dangerosité depuis de longues années.

    En avril 2001, nous avons déposé une plainte à la suite de "menaces de mort" explicites contre l'un de nos rédacteurs, menaces figurant sur le site officiel de l'écrivain d'extrême droite Marc-Edouard Nabe. En octobre 2001, un groupe de quatre néo-nazis vosgiens s'est livré à une tentative d'intimidation physique contre Didier Daeninckx, lors du Festival de Saint-Dié, et c'est la présence du public qui leur a interdit de passer à l'action (voir aussi "Labo facho dans les Vosges").

    Il ne se déroule pas un mois sans que la presse d'extrême droite ou les sites négationnistes "courageusement" hébergés aux USA comme celui de Serge Thion, n'appellent à des "interventions" pour nous faire taire.

    Notre liberté de ton, le fait qu'amnistia.net ne soit dépendant d'aucun groupe, d'aucun parti, ne milite pour aucune chapelle, ne nous attire hélas pas que la vindicte précise et inquiétante de l'extrême droite et de ses bordures néo-nazies.En 2001, la revue d'extrême droite Eléments de Alain de Benoist et Marianne de Jean-François Kahn: à quelques semaines de distance, les deux publications ont trouvé la même source d'inspiration.

    En Juin 2001, ce n'est pas l'extrême droite qui est passée à l'action directe, frappant trois journalistes d'amnistia.net, à la Bastille. C'est une meute d'ultra-gauche rassemblée en partie par l'écrivain Gérard Delteil. S'appuyant sur une rumeur qu'ils avaient eux-mêmes fabriquée, ils ont interdit la tenue d'un colloque littéraire, chassé les intervenants de la tribune, pris en otage un écrivain et tenté de lui faire subir un procès public filmé en direct par un autre écrivain perdu, Jean-Pierre Bastid (voir "Roman noir et liberté d'expression").

    A l'époque, cette agression d'une rare violence n'avait pas suscité la réprobation du Politis de Bernard Langlois qui dialogue de manière courtoise avec la Nouvelle-Droite d'Alain de Benoist, ou de Jack Dion, qui après une longue carrière marquée par le sectarisme à L'Humanité, exerce aujourd'hui ses mêmes talents à Marianne. Bien au contraire. Avec un bel ensemble ces deux publications s'étaient acharnées sur les victimes (voir "Marianne et Politis: des jumeaux de papier?").

    Depuis trois ans, il ne se passe pas une semaine sans que nous recevions deux ou trois lettres d'insultes, d'injures, d'insinuations malveillantes dont le principal émetteur, l'écrivain Thierry Jonquet, applaudissait au "spectacle" de la Bastille.

     

    Et le 18 octobre 2002, ce n'était pas l'extrême droite qui nous intentait le premier procès dans l'histoire de notre publication. Pour tout dire, nous aurions préféré nous mesurer à nos véritables ennemis. Une fois encore, c'est Gérard Delteil qui était à l'initiative. Grand pourfendeur des "flics" et des "contrôles au faciès", il prétendait défendre son honneur de lauréat gauchiste de prix décernés par le préfet de police et par la direction de la gendarmerie nationale. Un honneur bafoué qu'il estime non à l'euro symbolique comme il est d'usage, mais 100.000 fois plus! Et ce n'est pas sans étonnement que le public de la 17e Chambre correctionnelle a pu entendre son avocat, au cours de sa plaidoirie, défendre ce pauvre Maurice Papon bassement attaqué depuis vingt ans par Didier Daeninckx dans Meurtres pour mémoire et heureusement libéré par mesure humanitaire!  Quelques minutes auparavant Thierry Jonquet, témoin de l'accusation, était venu à la barre pour affirmer sous serment, que Daeninckx était un malade mental qu'il fallait enfermer. Soyons justes: il n'a pas suggéré qu'il fallait le mettre à la place de Papon... Jacques Prévert disait en plaisantant que certains trotskystes étaient des staliniens qui n'avaient pas réussi. Force est de constater qu'il lui arrivait d'avoir raison.

    Un droit de réponse du fondateur d'Unité Radicale le lundi, un procès de l'ultra-gauche déjantée le vendredi, un ciblage très inquiètant de l'extrême-droite néo-nazie la semaine d'après... Décidément, l'indépendance a un prix. La suite nous est venue de Corse, via le Grand-duché du Luxembourg (voir: "L'Investigateur: le Web de la honte!") avec les attaques d'une rare bassesse de L'Investigateur et de Gabriel-Xavier Culioli, le Paul Luciani encagoulé de Corsica (voir "Corse: l'investigateur s'enlise").

    ddnazi4Pour être complet, il est nécessaire de rappeler que d'autres personnes ne sont pas insensibles à notre travail: il y a quelques mois, Le Monde révélait que certains journalistes travaillant sur le dossier corse avaient été mis sous écoutes en application d'une commission rogatoire. Amnistia.net faisait partie du lot. Toujours sur le dossier corse, un membre de notre rédaction avait déjà été convoqué par la gendarmerie, sous commission rogatoire. A une autre occasion, ce sont nos enquêtes sur le négationnisme qui nous ont valu un interrogatoire par les policiers lyonnais. Une partie des informations aurait pu leur être fournie sans efforts inutiles par leurs collègues des Renseignements généraux : on se souvient en effet que l'un des journalistes d'Amnistia.net  figurait en bonne place sur le scandaleux fichier politique des 150 "activistes de gauche à surveiller" constitué lors de la présence de Jean-Pierre Chevénement au ministère de l'Intérieur.

    Cela fait près de quatre années que nous informons gratuitement nos lecteurs, sur le Net, de manière combattive sur des sujets aussi sensibles que le négationnisme, les passerelles rouges-brunes, la situation corse, les menaces de guerre, la mise en condition sécuritaire, les dérives sectaires...

    La multiplicité des attaques auxquelles nous devons faire face nous oblige aujourd'hui à vous demander de vous mobiliser à votre tour. Nous ne pourrons que très difficilement poursuivre ce nécessaire travail d'investigation du réel sans votre soutien. Il peut prendre la forme d'achat d'un de nos dossiers, ou celle plus efficace d'un abonnement à notre journal.

    Vous êtes concernés: il en va de l'avenir de notre publication.

    Voir aussi cette réponse

     

    Article sur Alain Zannini - Madame Figaro - 07 décembre 2002

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    Article sur Alain Zannini - Madame Figaro - 07 décembre 2002

    Article sur Alain Zannini - Madame Figaro - 07 décembre 2002

    Alain Zannini de Marc-Edouard Nabe (roman)

    Edition du Rocher, 811 pages

    On connaît le conseil de Cocteau : " Ce que le public te reproche, cultive-le : c'est toi !" Il n'est pas tombé dans l'oreille d'un sourd. Blâmé pour son nombrilisme flamboyant, son entreprise de diariste fou attelé à la rédaction d'un envahissant journal (quatre tomes publiés, l'encre à peine sèche), Marc-Edouard Nabe semblait venu à résipiscence. Larguant ses attaches parisiennes, débarquant en solitaire à Patmos, clamant qu'il allait voir mourir le XXe siècle sur l'île de l'Evangéliste, histoire d'apocalypter loin du faux monde", il en revient avec un impressionnant pavé. Huit cent pages d'une prose niagaresque, mêlant à l'ordinaire introspection et invectives, réflexions théologiques et scènes de sexe narrées avec la crudité d'un enfant d'"Hara-Kiri". Un roman dont le fil directeur est l'enquête qu'il mène pour retrouver le coffre volé par un improbable pope et renfermant... son Journal inédit des dix dernières années. Il n’est pas interdit de goûter l'ironie de la chose. Roman monstrueux, burlesque, que son auteur - il n'est jamais mieux servi que par lui-même - qualifie à juste titre d'"épico-polyphonico-érotique" ou encore d'autobiographico-mystico-policier". Roman qui confirme surtout que pour ce qui est de la puissance du souffle - et à défaut de figurer dans la course aux prix - Marc-Edouard Nabe, ce marathonien de l'écriture, n'a pas de rival dans le paysage littéraire.

    Bernard Le Saux

     

    Article sur le Goncourt des lycéens 2002 - novembre 2002

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    Article sur le Goncourt des lycéens 2002 - novembre 2002

    Article sur le Goncourt des lycéens 2002 - novembre 2002

    Ça s'est passé

    15e Goncourt des lycéens : le sacre du Roi Tsongor

    Au terme d'une matinée de délibérations menées à huis clos dans la chaleur de la brasserie rennaise La Chope : c'est Laurent Gaudé qui a été sacré le 12 novembre lauréat du Goncourt des lycéens 2002 pour La Mort du Roi Tsongor, publié chez Actes Sud. Les treize jurés - rien que des filles, cette année -, mandatés par mille six cents jeunes de toute la France, ont salué la simplicité, la beauté et l'universalité de cette épopée en terre africaine. Un couronnement sur le fil puisque le lauréat, auteur de cinq pièces de théâtre et d'un précédent roman, a remporté le prix par treize voix - contre douze pour L'Insensé, de Morgan Sportès, la troisième place ayant été décrochée à huit voix par Mon père, d'Eliette Abécassis. Lors de cette quinzième édition du Goncourt des lycéens, le prix a été remis pour la première fois en présence du ministre de la Jeunesse, de l'Education nationale et de la Recherche, Luc Ferry. Une première également marquée par la participation d'anciens lauréats et de candidats moins chanceux mais très fair-play, qui sont venus salués l'heureux élu au cours d'un cocktail organisé le soir même à Paris, au Deux Magots.

     

    Marianne parle de Nabe dans un dossier sur les "fachos" - 25 novembre 2002

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    Marianne parle de Nabe dans un dossier sur les "fachos" - 25 novembre 2002

    Marianne parle de Nabe dans un dossier sur les

    Romanciers... mais fachos

    Du micronazillon à l'antidémocrate brouillon

    Fachos, Nabe, Houellebecq, Dantec ? La rumeur, en tout cas, l'affirme, qui réunit sous cette même étiquette ces trois écrivains n'ayant, en fait que peu de chose en commun. Un mot, d'abord de Marc-Edouard Nabe - littérairement le moins intéressant des trois -, jeune homme qui a cru comprendre que, pour réussir, il faut faire parler de soi. Et, pour faire parler de soi, choquer. D'où une série de sorties antisémites, dans les premiers volumes de son interminable journal, qui lui valurent une réputation de nazillon. Echaudé, Nabe a depuis changé de terrain sans pour autant renoncer à ses vieux procédés, ce qui donna naissance l'année dernière à un livre traitant du 11 septembre finement intitulé Une Lueur d'espoir. Sans commentaire.

    Alexis Liebaert.

     

    Falk van Gaver critique Alain Zannini dans Immédiatement - novembre 2002

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    Falk van Gaver critique Alain Zannini dans Immédiatement - novembre 2002

    Falk van Gaver critique Alain Zannini dans Immédiatement - novembre 2002

    ÇA S'INTITULE ROMAN, ça commence comme un récit de voyage ; le 7 septembre 2000, Marc-Edouard Nabe quitte Paris en catastrophe pour se réfugier quelques mois à Patmos. Bien vite, l'intrigue est lancée : un étrange pope du nom d'Isidore lui vole coffre contenant le manuscrit de son fameux journal intime, des milliers de pages de vies quotidiennes, la sienne, celle des autres et de tout Paris, enfermées dans l'encre figée du passé. Et c'est alors que se lance l'enquête étrange, sous l'égide de Saint Jean l'Aigle, et comme lui, il faudra que Nabe jette aux orties les simulacres du magicien Kynops.

    Tandis que l'inspecteur Alain Zannini, manière de Doppelgänger lunaire, son chien Oedipe (sic) courent après le pope volatile, Nabe entreprend une descente dans la mémoire, pour repêcher son passé volé dans les eaux troubles et reconstituer son trésor, son Journal. Dès lors, passé et présent s'entremêlent, chaque mésaventure engendre un écho une descente aux enfers et fait recroiser les ombres de vies enterrées, les spectres des instants morts. Orphée dans sa remontée infernale ne cesse de regarder en arrière toutes les Eurydices qu'il tente maladivement de ressusciter. Le combat est âpre entre écriture diaristique et écriture romanesque, et prend bien vite le chemin de la reconquête du nom : nom d'usage, nom de baptême, nom de scène, nom de plume, nom de religion, non du père enfin. Car c'est bien au retour de l'enfant prodigue à la maison du Père, que l'on assiste, de lui qui gâcha par son héritage avec les filles faciles et finit par manger avec les porcs. Et l'ont entend déjà maugréer les fils fidèlés... Qu'importe ! On tuera bien le veau gras pour fêter ça.

    Ayez le courage de traverser cette superproduction [800 pages...], "ce roman eschatologiquo-vaudevillesque". On commence par avance lassé, on finit bouleversé. Car c'est l'histoire d'un exorcisme qui nous est contée là : s'exorciser, c'est-à-dire se dépouiller du vieil homme, arracher le vieux vêtement, la tunique de peau, rentrer dans l'homme nouveau, qui n'est pas l'artificiel, mais justement le naturel, l'originel, le nouvel Adam : "Il faut que le Christ grandisse et que moi je diminue", disait l'autre Jean, le Baptiste. Et c'est, en quatre mouvements : Révolution, Révélation, Rédemption Résurrection..., une conversion du journal en roman, de la masturbation à la création, de l'Autopocalypse" à l'Evangile de l'Amour. D'un personnage fictif qui raconte sa vie réelle à un auteur réel qui écrit sa vie fictive, du mensonge diaristique à la vérité romanesque. "De la fiction ! Fiction pure ! Il faut vivre maintenant." Ici l'autodafé revêt son sens premier, profond et mystérieux : l'acte de foi. Adieu journal, bonjour roman. Adieu Marc-Edouard, bonjour Alain. Trop beau pour être vrai ? La suite nous le dira. En attendant, puisqu'"un mort est un être qui s'est caché", entre dans la vie, Alain, laisse les morts enterrer les morts, pas un regard en arrière. Nous, on est heureux, heureux de ce livre, de cette promesse du bonheur qui vient."

    Falk van Gaver

    Marc-Edouard Nabe, Alain Zannini, Le Rocher, 809p, 22€

    Le jugement de Nabe

    J'ai retrouvé là beaucoup d'"amis" venus chercher leur exemplaire, un peu tendus, m'embrassant quand même... Moi, je savais que c'était la dernière fois qu'on se voyait...

    Comment untel allait supporter que je traite sa femme de ce qu'elle était : une pauvre connasse qui le faisait chier ?... De la publication considérée comme un des beaux crimes !

    Toutes les personnes prises dans la toile de mon Journal, consacraient en grimaçant mon jugement : il n'était pourtant pas le dernier ! Contrairement aux apparences, je n'étais pas Dieu ! C'était juste un jugement et pas toujours juste, exprimer par un personnage de plus : moi ou à peu près. Car j'entraînais les autres dans mon martyre : figé dans une image dont j'estimais avoir trop souffert, je faisais souffrir les autres en le figeant dans celle que j'avais eue d'eux, un seul instant, il y a dix ans.

     

    Article sur Alain Zannini - 2002

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    Article sur Alain Zannini - 2002

    Article sur Alain Zannini - 2002

    L'œil écoute

    Il est libre Nabe

    Alain ZANNINI
    Marc-Edouard Nabe
    Edit. du Rocher
    22euros

    Frais. Nabe est frais. Une fraîcheur mentholée. Un Kafka qui aurait la pêche ! Il ne dit pas comme le grand praguois : "Dieu ne veut pas que j'écrive, mais je dois" Il dit : "Dieu veut que j'écrive et moi je sais". Et là il effraie.... Sidérée par une telle liberté de ton, la critique bafouille... Pourquoi ? Son Journal (4 tomes parus) dans lequel ceux qui le croisent se retrouvent sculptés dans le marbre, au pistolet. St Simon c'était posthume, Nabe c'est cash ! On ne lui pardonne pas. On veut sa peau. Passer son temps à éviter de se faire brûler c'est une vie de grand écrivain mais ce n'est pas une vie tout court. Épuisé par tout ça, il gagne la zone libre : Patmos. L'île où St Jean écrivit l'Apocalypse. Nabe y écrit son Apothéose : "Au commencement était la merde..."
    Ça tombe bien car le roman autobiographique était lui aussi si effondré. Nabe lui redonne du punch (c’est son côté Popeye !). 800 pages d'accouchement et d'essorage. Il fallait ça. Trop d'hostilité à dégorger depuis son entrée en littérature avec cassage de gueule dans les studios de télé par les amis de la liberté d'expression, la gauche cafard de la génération Mitterrand. (l'Homme-grenouille)
    "Tais-toi et sors de cet homme !" (St Luc, 4.35. satané Nabe accouche d'Alain Zannini (son vrai nom). La grande rédemption... Qui suis-je ? Pas moi. Lui. Enfin son autre moi qui parlerait vraiment de lui. A toi, lecteur... Tu suis ?
    N'ayons pas peur des mots : c'est un chef d'œuvre réussi. (Je signale à mes lecteurs malveillants que c'est la première fois que j'utilise ce terme dans mes petits travaux).
    Nabe est un drôle de Robinson. Il se fait piquer son trésor (le journal) et part avec son double à la recherche du temps volé (du temps transformé en volumes). C’est le Voyage au bout du jour car le roman est une réussite totale : l'image et le son en même temps. L'Odyssée du héros aux milles ruses stylistiques. Le père, la mère, le fils (pages magnifiques sur son fils hospitalisé). La guerre des Trois... Nabe construit son livre comme Picasso ses tableaux. Il y met tout ce qu'il aime. Tant pis pour les choses. Elles s'arrangent comme elles veulent. Et comme disent les star-académiciens : "ça le fait !"
    Affaire de style : rythme, érudition (ça va de la théologie à la B.D), travail du son. Le roman avance "babéliquement" et fécond l'auteur le plus singulier, le plus inventif, le plus libre enfin, de notre époque. Tension entre l'absolu et le détail minuscule, trouvailles, renversements, fonds, doubles-fonds, triples-fonds. Il y a du Nabokov chez Nabe ! Mais un Nabokov que l'obscénité n'effraie pas. Il n'écrit pas sur la pointe des mots. Il écrit à fond. C'est "au fond du temps", qu'est le swing. (Truc de musicien).
    Certes il y a du prophète rageur chez Nabe mais c'est aussi un grand burlesque qui pousse très loin le paradoxe de l'écrivain : être le plus réaliste possible en fictionnant tout. Très subtil alchimie à effet immédiat : le rire (aux larmes). Exemple ? Les paysages, c'est de la BD littérarisée. Le regard est toujours cocasse. Avant qu'il le peigne, le monde est un peu mort. Nabe va lui mordre les pieds pour voir ce qu'il y a vraiment dedans... Il possède ce que possédait Chaplin : "l'arme secrète du rire mortel". Notre époque plombée a du mal à le digérer ? Tant pis. L'œuvre de Nabe avance. C'est un convoi exceptionnel au milieu de petits livres montés sur roulettes... Sûr de son coup depuis le début, il est libre, Nabe.

    Yves Dolé

     

    Article sur Alain Zannini - Paris Match - 14 novembre 2002

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    Article sur Alain Zannini - Paris Match - 14 novembre 2002

    Article sur Alain Zannini - Paris Match - 14 novembre 2002

    Une fois de plus, Nabe, de son vrai nom Alain Zannini, accouche d'un pavé énorme. D'habitude, c'est un journal, là un roman. Mais rares sont les courageux qui sont parvenus au bout des 809 pages. Pierre Combescot, si. Et il en est ressorti troublé. Pour lui, pas de doute, cette épopée de la rédemption est excitante.

    Marc-Edouard Nabe, moi, je, etc.

    Connaissez-vous Patmos ? C'est un caillou jeté dans la mer Egée par un de ces dieux de la gonflette qui régatent en pagaille dans le coin. Une île, donc, passablement mythologique où les petites chèvres barbues et noiraudes comme les popes se perchent, ici et là, sur des tronçons de colonne afin de mieux chevroter - en hébreu de préférence – quelques anathèmes passablement eschatologiques qu'elles tiennent en héritage d'un fol en Dieu. Celui-là même qui jadis n'y allait pas du dos de la cuiller avec la Bête immonde et quatre cavaliers à dada. Autant dire que Patmos est un endroit favorable pour l'inspiration des grands allumés de l'éructation. Aussi n'est-il pas étonnant d'y retrouver Marc-Edouard Nabe y torchant un pavé de 809 pages, manière d'apocalypse en somme pour servir à l'histoire de notre temps.

     

    Sur Alain Zannini - Elle - 04 novembre 2002

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    Sur Alain Zannini - Elle - 04 novembre 2002

    Sur Alain Zannini - Elle - 04 novembre 2002

    Les livres dE Elle

    On a testé Marc-Edouard Nabe
    Oublié de la rentrée, l'inclassable Nabe et son "Alain Zannini", un pavé de 809 pages qu'on a disséqué pour vous, lecture "in progress".
    Première page, on s'agace : "J'étais seul. Plus honni que jamais. Décidé à fuir les Harpis et les Judas, je partis pour la Grèce, mon bercail après tout" La couverture d'"Alain Zannini disait "roman". Mensonge : ce qu'on va lire là, c'est le tome 5 de son journal intime... encore !
    Page 24, on s'étonne : sur l'île où Saint-Jean écrivit le livre de l'Apocalypse, notre héros plonge dans l'Ecriture sainte et s'interroge sur les mystères de la création. la tâche est ample. Pour quelqu'un qui se détruit (sic), Nabe a de la ressource ; à l'heure des romans minimalistes, il fait preuve de courage.
    Page 49, on se marre
    : la mythologie grecque version Nabe est poétique et cul. Ulysse a le blues, Calypso regimbe, quant à cette coquine de Pénélope... Formidable !
    Page 92 (et suivantes) on s'emballe : l'inspecteur Alain Zannini, qui donne son titre au livre, apparaît. Et, à sa suite, son chien Oedipe. Or Zanini (avec un seul n) est le patronyme civil de Nabe. On commence à comprendre. On s'immerge en pleine autofiction, d'un genre policier, truculent, loufoque, désespéré, ironique et érudit. Où les monastères sont pillés, les popes kleptomanes, les voyantes aveugles, et les femmes pas toujours putains. Un commissaire Ajax apparaît.
    Page 129 à 149, on s'émeut : parce que l'auteur, lui, est sec et bouleversant quand il raconte les premiers mois de son fils Alexandre, enfant malade, plus souvent à l'hôpital que chez lui dans son berceau.
    Page 261, on s'arrête. Une épopée autobiographique, sur la mémoire, les femmes, le père, le fils, les amis, l'écriture, avec dédoublement et substitution, cela demande d'avoir temps et tête libres. Trop gros pour le métro, trop lourd à bout de bras le soir dans son lit, il faudra attendre le week-end prochain pour continuer sa lecture. Une chose est sûre, on finira bientôt de lire "Alain Zannini" dont le début nous murmure : génial !

    Isabelle Lortholary
    Alain Zannini de Marc-Edouard Nabe (Le Rocher, 809p)

     

     
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